Voici pourquoi les tarawih ne sont pas obligatoires

Pandémie oblige, les tarawih ont été interdites, cette année encore, dans les mosquées marocaines, soulevant des interrogations sur leur caractère « surérogatoire ».

(Archives MAP)

Voici pourquoi les tarawih ne sont pas obligatoires

Le 15 avril 2021 à 15h25

Modifié 15 avril 2021 à 15h46

Pandémie oblige, les tarawih ont été interdites, cette année encore, dans les mosquées marocaines, soulevant des interrogations sur leur caractère « surérogatoire ».

A partir de la veille du Ramadan, les musulmans pratiquent les prières surérogatoires des tarawih, en groupe et à la mosquée, pour perpétuer une tradition, pourtant, délaissée par le prophète lui-même.

Pour comprendre le caractère « non-obligatoire » de ce rite, principal pour certains fidèles durant le mois sacré, Médias24 a sollicité l’avis d’un théologiste.

Dans la langue arabe, le mot Tarawih est dérivé de « Raha » signifiant « repos ». Il est employé dans le sens de pause après 4 raka’at (unités de prière), ensuite, après 4 autres et, enfin, après 3 raka’at.

Dans la pratique musulmane, il désigne les prières nocturnes du mois de Ramadan.

« Ces prières sont surérogatoires, c’est à dire  non obligatoires, selon le rite malékite », nous explique un théologiste.

« Cette prière a, bel et bien, fait partie de la Sunna du prophète Mohammed, qui l’a effectuée, seulement trois nuits du mois sacré. Il y avait accompli 8 raka’at à chaque fois ».

Le calife Omar Ibn El Khattab, a, lui, revivifié cette tradition, en accomplissant 20 raka’at chaque soirée. Les quatre madahib (écoles classiques du droit musulman sunnite) ont, par ailleurs, autorisé la pratique des tarawih, individuellement, à la maison ou à la mosquée, explique notre source.

L’intérêt public prime

En raison de la situation épidémiologique actuelle, liée à la Covid-19, la préservation de la vie et l’intérêt public priment, du point de vue de la Charia, souligne notre source.

La polémique autour des tarawih et de l’ouverture des mosquées n’obéit ni à la religion, ni à la raison. Dans le contexte actuel, il s’agit de faire passer l’intérêt public avant les rites spirituels, conclut notre source.

Durant le Ramadan 2020, première année de la pandémie, le Conseil supérieur des Oulémas avait émis une fatwa, en faveur de la pratique des Nawafil (prières surérogatoires) à la maison.

Cette année encore, les autorités marocaines ont décrété un couvre-feu nocturne durant le mois de Ramadan. Depuis l’annonce, la polémique enfle autour de l’autorisation des tarawih et de l’ouverture des mosquées.

Des images, non authentifiées et dont certaines se sont avérées fake, font le tour du web. Elles montrent des « fidèles effectuant les tarawih dans la rue, malgré le couvre-feu ». Pour le cas de la ville de Fès, par exemple, de vieilles photos ressortent, présentant des fidèles dans la rue, suite à l’encombrement des mosquées, en raison de la grande affluence que connaissent, ces lieux pendant le Ramadan.

Durant la première soirée du mois sacré, les autorités ont renforcé le contrôle, dans différentes villes, pour veiller au respect du couvre-feu qui implique, entre autres, l’interdiction des rassemblements dans les cafés, les rues et les mosquées notamment.

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