Le ministère public saisi pour mettre fin à la vente de médicaments sur internet

Plusieurs réunions ont été tenues, entre la direction de la Pharmacie et du médicament (DMP) et le ministère public, permettant d'enclencher un processus pour mettre fin à la vente illégale des médicaments, sur internet, notamment les réseaux sociaux.

Le ministère public saisi pour mettre fin à la vente de médicaments sur internet

Le 18 avril 2021 à 20h15

Modifié 19 avril 2021 à 13h03

Plusieurs réunions ont été tenues, entre la direction de la Pharmacie et du médicament (DMP) et le ministère public, permettant d'enclencher un processus pour mettre fin à la vente illégale des médicaments, sur internet, notamment les réseaux sociaux.

Le ministère public a été saisi pour sévir contre toute opération de vente illicite de médicaments sur internet, notamment les réseaux sociaux.

Les pharmaciens d’officine mènent, depuis des mois, une lutte acharnée contre la vente des médicaments, en dehors de la pharmacie, notamment sur internet. Les ventes des médicaments sur les réseaux sociaux ou sur des plateformes internet ont, en effet, proliféré.

Le Conseil Régional des pharmaciens d’officine du sud, soutenu par la fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc, ont saisi le ministère de la santé, à travers la direction du médicament et de la pharmacie (DMP).

Le ministère public appelé à la rescousse 

 »La DMP a répondu, favorablement, aux demandes des pharmaciens. Le ministère de la Santé et le ministère public ont tenu plusieurs réunions à ce sujet. Un processus a été enclenché pour mettre fin à toutes ces pratiques illégales », nous confirme une source à la fédération nationale des syndicats des pharmaciens.

« Nous avons commencé un travail de collaboration très interessant avec la DMP et le ministère public qui a abouti à un projet de circulaire qui doit être adressée aux procureurs du royaume concernant le circuit illicite de vente de médicaments et de produits de santé qui sont définis par la loi 17-04. Je tiens, à ce titre, à remercier le ministère public qui porte un très grand intérêt à ce problème », nous précise Saadia Moutaouakkil, présidente du Conseil Régional des pharmaciens d’officine du sud.

L’objectif de cette démarche est de contrer les circuits  illicites de vente des médicaments, des produits de santé et des dispositifs médicaux stériles qui constituent le monopole de la pharmacie d’officine.

En effet, selon l’article 30 de la loi 17-04, portant code du médicament et de la pharmacie, la vente des médicaments, les objets de pansement, produits et articles à usage médical figurant à la pharmacopée, les objets de pansement, produits et articles à usage médical présentés sous une forme stérile, les laits ainsi que les aliments lactés diététiques pour nourrissons et les aliments de régime destinés aux enfants de premier âge, sont réservées exclusivement aux pharmaciens d’officine.

« Je tiens à souligner que la majorité des médicaments en vente sur internet sont des médicaments contrefaits », avertit la présidente du Conseil Régional des pharmaciens d’officine du sud.

Le législateur a fixé un circuit précis pour la distribution et la commercialisation des médicaments et des produits de santé afin d’en assurer la traçabilité et donc la qualité et éviter toute contrefaçon, qui serait dangereuse pour les citoyens.

Plainte déposée contre des publicités filmées de médicaments

Les pharmaciens mènent, également, une bataille contre les actions de publicité illégale de médicaments.

Ces publicités sont diffusés sur les réseaux sociaux par des personnes qui se présentent comme influenceuses, donnant des conseils et astuces à leurs abonnés. Certaines de ces publicités sont filmées à l’intérieur même de pharmacies.

Sur ce registre, le conseil régional des pharmaciens d’officine du sud a saisi directement le ministère public à deux reprises, en février et en mars 2021, pour demander l’ouverture d’enquête judiciaire et prendre les mesures qui s’imposent.

Le conseil « a constaté des vidéos sur des médicaments et des produits pharmaceutiques enregistrées à l’enceinte de certaines pharmacies et diffusées sur des réseaux sociaux (Instagram, Facebook, Tik Tok) et que, souvent, ces vidéos véhiculent de fausses informations et donnent des conseils dangereux qui peuvent nuire à la santé des citoyens, en plus de proposer des utilisations hors AMM de certaines spécialités », lit-on dans le courrier, adressé au ministère public.

« Dans ces vidéos, on voit des vendeurs ou des vendeuses en pharmacie qui font de la publicité à des médicaments. Ils donnent des conseils vraiment dangereux et qui n’ont rien à voir avec l’Autorisation de Mise sur le Marché accordée au médicament. Cela s’apparente à de l’exercice illégal de la pharmacie et de la médecine », nous explique Saadia Moutaouakkil qui précise que le Conseil a également saisi les ministères de la santé et de l’intérieur pour le même sujet. Une inspection a été faite au niveau d’une pharmacie à Temara suite aux écrits du Conseil régional des pharmaciens.

Les vidéos sont également nombreuses sur les réseaux sociaux, vantant les vertus de certains médicaments, pour des usages autres que ceux pour lesquels ils doivent être prescrits.

« Pour les publicités des médicaments sur les réseaux, ce dossier a été transféré par le président du ministère public au procureur. Nous suivons le dossier de près avec notre avocat », précise notre interlocutrice.

La publicité des médicaments est fortement réglementée. Elle est détaillée au niveau de la Section IV de la loi 17-04.  L’article 41 de cette loi dispose : « La publicité, auprès du public, pour un médicament n’est admise qu’à la condition que ce médicament ne soit pas soumis à prescription médicale, qu’il ne soit pas remboursable, par les régimes d’assurance maladie ou que l’autorisation de mise sur le marché ne comporte pas de restrictions, en matière de publicité, auprès du public, en raison d’un risque possible pour la santé publique. Toutefois, les campagnes publicitaires, pour les vaccins et les médicaments relatifs à la planification familiale ou à la lutte contre le tabagisme, peuvent s’adresser au public ».

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