Nouveau souffle pour les aires protégées au Maroc

Promulguée en 2010, la loi qui régit les aires protégées au Maroc, vient d’être activée. Son premier décret d’application a été adopté, par le gouvernement, ouvrant la voie au renforcement du réseau d’aires protégées dans le Royaume, avec plus de statuts et de catégories.

Nouveau souffle pour les aires protégées au Maroc

Le 21 avril 2021 à 17h13

Modifié 21 avril 2021 à 17h44

Promulguée en 2010, la loi qui régit les aires protégées au Maroc, vient d’être activée. Son premier décret d’application a été adopté, par le gouvernement, ouvrant la voie au renforcement du réseau d’aires protégées dans le Royaume, avec plus de statuts et de catégories.

Depuis 1934, la création des aires protégées au Maroc, a été régie par un dahir qui leur accordait, uniquement, le statut de « parcs nationaux ».

Ces espaces ont pour vocation la conservation, la mise en valeur et la réhabilitation du patrimoine naturel et culturel, la recherche scientifique, la promotion de l’écotourisme et la contribution, au développement économique et social durable.

En 2010, les aires protégées ont vu la promulgation de la loi 22-07, qui permet d’instaurer un nouveau mode de gestion. Son premier décret d’application 2.18.242 vient d’être adopté le 15 avril 2021 en Conseil de gouvernement.

Ce décret définit les mécanismes de création des aires protégées, la procédure d’approbation de leurs plans d’aménagement et de gestion, leur délai et modalités de révision.

Il détermine, également, la procédure pour la délégation de la gestion des aires protégées, à toute personne morale, le modèle de la carte professionnelle des fonctionnaires de l’administration, habilités à constater les infractions, en plus de la procédure de classement des parcs nationaux.

« La loi 22.07 a permis au Maroc de mettre à niveau sa réglementation, par rapport à l’international. Ce premier décret vient, ainsi, concrétiser l’harmonisation avec les catégories d’aires protégées, au niveau international, notamment avec les lignes directrices de l’Union internationale pour la conservation de la nature,», nous explique Zouhair Amhaouch, chef de la Division des parcs et réserves naturelles, au département des Eaux et forêts.

La loi et son décret consacrent, également, une concertation et une participation élargies, des différents acteurs concernés (départements ministériels, collectivités territoriales, organisations de la société civile), dans le processus de création et de gestion des aires protégées, ajoute notre source.

Par ailleurs, ce texte confère une force réglementaire, aux plans d’aménagement et de gestion qui seront, désormais, publiés par décret, permettant de gérer et d’organiser, les différentes activités et usages, de chaque aire protégée. L’objectif étant d’assurer une utilisation rationnelle des ressources naturelles.

 Carte des aires protégées au Maroc

Le Maroc dispose de 29 écosystèmes, riches en biodiversité floristique et faunistique. Afin de les protéger, un plan directeur des aires protégées a été élaboré en 1996, par le département des Eaux et forêts.

Ce plan avait identifié 10 parcs nationaux, sur une superficie globale d’environ 750.000 ha : Toubkal (1942), Tazekka (1950), Souss Massa (1991), Iriqi (1994), Ifrane, Talassamtane, Haut Atlas Oriental et Al Hoceima (2004), Khenifiss (2006), premier parc national saharien du Royaume et le parc national de Khénifra (2008).

En plus de ce réseau naturel qui sert de support, pour un programme de réhabilitation des espèces de faune menacées de disparition et de réintroduction des espèces disparues., le Maroc s’est doté de 4 réserves de biosphères. Il s’agit de la réserve de biosphère Arganeraie (RBA) (1998), la réserve de biosphère des Oasis du Sud du Maroc (RBOSM), déclarée en 2000, la réserve de biosphère intercontinentale de la Méditerranée (RBIM), partagée entre les deux rives marocaine et espagnole (la partie relevant du Maroc est située au niveau de la péninsule Tingitane, provinces de Chefchaouen, Tétouan, Fnideq, Fahs-Anjra et Larache) et la réserve de biosphère du Cèdre de l’Atlas (RBCA), déclarée en mars 2016.

Le plan avait, également, identifié 154 Sites d’intérêt biologique et écologique (SIBE), répartis sur une superficie de 2,5 millions d’ha, ainsi que d’autres aires protégées potentielles qui pourront, désormais, être classées, suite à l’adoption du décret 2.18.242.

(Source: département des Eaux et forêts)

Développer le réseau des aires protégées

Selon une étude, effectuée par le département des Eaux et forêts, le réseau actuel des aires protégées au Maroc n’est pas représentatif de tous les habitats et écosystèmes. D’oû la nécessité de développer un réseau cohérent.

En plus des 10 parcs nationaux existants et qui seront classés dans l’une des catégories d’aires protégées, prévues par la loi 22-07, 30 nouveaux sites seront créées, dans le cadre de la nouvelle stratégie du département de tutelle, affirme M. Amhaouch, qui rappelle la place des aires protégées, dans la stratégie « Forêt du Maroc 2020-2030 », qui prévoit de dynamiser le réseau.

« Le nouveau décret permettra d’activer la création de nouvelles aires protégées et de reclasser les 10 parcs nationaux existants, afin de compléter le réseau existant et assurer son équilibre, du point de vue géographique et écologique », explique Zouhair Amhaouch.

Le nouveau cadre réglementaire permettra ainsi de renforcer le réseau des aires protégées avec 5 autres statuts :

– parc national : espace naturel terrestre ou marin, ayant pour vocation de protéger la diversité biologique, les valeurs paysagères et culturelles ou les formations géologiques présentant un intérêt spécial.
– parc naturel : un espace terrestre ou marin, renfermant un patrimoine naturel et des écosystèmes, représentant un intérêt particulier qu’il convient de protéger et de valoriser, tout en assurant le maintien de ses fonctions écologiques et l’utilisation durable de leurs ressources naturelles.
– réserve biologique : espace terrestre ou marin, situé exclusivement sur un domaine de l’Etat, renfermant des milieux naturels rares ou fragiles, d’intérêt biologique et écologique, ayant pour vocation la conservation des espèces végétales ou animales et de leur habitat, à des fins scientifiques et éducatives.
– réserve naturelle : espace naturel, terrestre ou marin, constitué à des fins de conservation et de maintien, du bon état de la faune sédentaire ou migratrice, de la flore, du sol, des eaux, des fossiles et des formations géologiques et géomorphologiques, présentant un intérêt particulier qu’il convient de préserver ou de reconstituer. Elle est utilisée à des fins de recherche scientifique et d’éducation environnementale, uniquement.
– site naturel : espace contenant un ou plusieurs éléments naturels ou naturels et culturels particuliers, d’importance exceptionnelle ou unique, méritant d’être protégés, du fait de leur rareté, de leur représentativité, de leurs qualités esthétiques ou de leur importance paysagère, historique, scientifique, culturelle ou légendaire dont la conservation ou la préservation revêt un intérêt général.

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