Des séries sur Al Aoula fustigées par les magistrats, avocats et adouls

Des séries diffusées sur Al Aoula, jugées insultantes, par les professions judiciaires. Adouls et avocats se tournent vers la Haca. Le régulateur est, historiquement, en faveur de la liberté de création.

Des séries sur Al Aoula fustigées par les magistrats, avocats et adouls

Le 22 avril 2021 à 22h03

Modifié 23 avril 2021 à 13h34

Des séries diffusées sur Al Aoula, jugées insultantes, par les professions judiciaires. Adouls et avocats se tournent vers la Haca. Le régulateur est, historiquement, en faveur de la liberté de création.

Magistrats, avocats et adouls crient au scandale, contre des fictions diffusées sur la chaîne Al Aoula. Une levée de boucliers qui vise des passages jugés  attentatoires à l’image» de ces professions judiciaires.

Les critiques visent, en particulier, la sitcom «Kahwa ness ness», diffusée le soir sur la chaîne nationale. On y critique, précisément, une partie de l’épisode 3 qui met en scène une avocate, faisant du démarchage, auprès de clients dans un café.

Dans une deuxième série, un autre passage décrié, restitue une audience au tribunal avec, notamment, des avocats et des juges comme personnages. Menée sur un ton satirique, les scènes ont, fortement, déplu au sein des deux professions, avec des réactions, plus ou moins, virulentes.

Au sein de la magistrature, les avis diffèrent. Le président du Club des magistrats, Abdellatif Chentouf juge «regrettables» des «stéréotypes» sous couvert de «travail artistique». En résulte un débat juridique sur la distinction «entre la liberté d’expression» et «l’offense». Un de ses confrères évoque, même, la nécessité d’un recours au juge des référés, ne serait ce que, pour «lancer un avertissement».

En revanche, ce parquetier explique que «la liberté d’expression confère le droit à l’art satirique de décortiquer la réalité d’une profession», affirmant que la magistrature n’est pas «sacrée». Faisant son autocritique, ce membre du ministère public ajoute: «La satire est le cri des citoyens envers  une situation ou des situations qu’il faut revoir».

Quant aux robes noires, les voix se sont élevées, via l’association nationale des jeunes avocats au Maroc. Une lettre a même été adressée à la haute autorité de communication audiovisuelle. Datée du 17 avril, on y fustige des scènes qui «portent, clairement, atteinte à la profession d’avocat, en usant d’idées reçues loin de l’éthique professionnelle».

La Haca est, tout bonnement, appelée à «intervenir d’urgence pour l’arrêt» de l’émission. L’association se réserve, en outre, le droit «d’engager les procédures juridiques» éventuelles.

Les adouls ne sont pas en reste. Affilié à l’UGTM, le syndicat national a saisi la Haca, par une plainte officielle, datée du 7 avril. Une troisième œuvre est visée par cette démarche. Il s’agit de la série «Sla wa slam», précisément son 16e épisode.

Pour ces auxiliaires de la justice, leur institution y est présentée sous une image «insultante et fausse». Les adouls critiquent, également, la diffusion de «données portant atteinte à la dignité et l’honneur» de la profession. Tout en demandant, au président de la Haca, des «mesures adéquates», le syndicat se dit déterminé à notifier la présidence du ministère public de «l’injure», contenue dans cet épisode.

La jurisprudence de la Haca

En 2020, la Haca  a statué sur 80 plaintes en lien, avec des œuvres de fiction, parmi lesquels des feuilletons, des sitcoms et des séries comiques, diffusées sur les chaînes publiques Al-Aoula et 2M TV, durant le mois de Ramadan.

En la matière, la jurisprudence de cette instance constitutionnelle met en avant, «la liberté de création, notamment, quand il s’agit d’œuvres de fiction». Une notion qui «fait partie intégrante de la liberté de la communication audiovisuelle, consacrée par la loi 77-03 relative à la communication audiovisuelle et la loi 11-15, portant réorganisation de la Haute autorité.»

A la liberté, la loi pose comme limite, le «respect de la dignité humaine, le respect de la présomption d’innocence, la non-incitation au racisme, à la haine ou à la violence, la non-discrimination, à l’égard de la femme ou l’atteinte à sa dignité, la protection de l’enfant et du jeune public et sa non-exposition à des contenus, comportant des risques physiques, psychologiques ou mentaux, la non-incitation à des comportements nuisibles à la santé et à la sécurité des personnes, etc.»

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