Usage légal du cannabis : « Il faut faire vite, nous sommes en retard » (Laftit)

Le projet de loi sur l'usage légal du cannabis fait ses premiers pas au Parlement. Ses enjeux environnementaux et socio-économiques dévoilés par le ministre de l'Intérieur. Devant les députés, Laftit plaide l'urgence. Verbatim.

Usage légal du cannabis : « Il faut faire vite, nous sommes en retard » (Laftit)

Le 28 avril 2021 à 22h45

Modifié 29 avril 2021 à 13h33

Le projet de loi sur l'usage légal du cannabis fait ses premiers pas au Parlement. Ses enjeux environnementaux et socio-économiques dévoilés par le ministre de l'Intérieur. Devant les députés, Laftit plaide l'urgence. Verbatim.

A  la chambre des représentants, la commission de l’intérieur a entamé l’examen du projet de loi relatif à l’usage légal du cannabis.  Un texte attendu, stratégique, mais qui divise au sein même de la majorité. Le PJD se montre particulièrement réticent, voire hostile au sujet en dépit de sa dimension socio-économique.

Porté par le ministère de l’Intérieur, le projet n’entend pas dépénaliser l’usage « récréatif ». L’objectif est d’encadrer les activités liées à la culture du cannabis, sa production, sa fabrication, son transport, sa commercialisation ainsi que son export et import à des fins médicales et thérapeutiques.

« Aujourd’hui, le but est d’aller vite car nous sommes en retard », a martelé Abdelouafi Laftit, intervenant ce mercredi 28 avril devant les députés. Une phrase que le ministre de l’Intérieur a réitérée tout au long de son allocution. Manière de rappeler à la fois l’urgence et l’importance du projet face aux appels, notamment du PJD, de sursoir à son adoption.

Investissement, environnement et développement 

« Cette loi arrive tardivement. Le temps ne joue pas en notre faveur. »

« Dans trois ans, même si on voudrait légaliser le cannabis pour des raisons autres que médicales, on ne pourra pas parce qu’il ne servira plus à rien ».

« Il faut sortir la loi au plus vite pour trouver des gens [investisseurs] qui puissent nous accompagner dans ces projets. Le débat actuel nous est préjudiciable. Nous faisons fuir les investisseurs. Il faut faire attention à ce que nous faisons. Toute l’Europe est en train d’ouvrir la porte à ce type d’investissements. Tous les Etats. Allons-nous persister à les observer ? »

« La région [du Rif] connait un drame au niveau environnemental. C’est le statu quo qui en est la cause, pas cette loi. L’ancienne plante consommait peu d’eau et produisait beaucoup. L’apparition d’une nouvelle plante a fait qu’aujourd’hui, pas une seule rivière ne contient de l’eau, sachant que la région est l’une des plus pluvieuses. On reste les bras croisés ? »

« Les natifs de la régions adhèrent à l’opération. Et nous sommes prêts à travailler à leurs cotés. »

 « Nous n’allons pas dépénaliser la drogue »

«Quand j’ai présenté le texte en conseil du gouvernement, un des ministres, par ailleurs membre de l’ancien gouvernement, m’a affirmé qu’ils ont également pensé au sujet. Ma réponse était qu’il devait la sortir car nous aurions pu gagner cinq ans. Chaque année de perdue, on la paye ».

« Pourquoi cette année ? On nous reproche de sortir cette loi l’année de la pandémie. Evidemment qu’on doit la sortir. Notre pays a besoin de développement, par n’importe quel moyen. Le plus dangereux, c’est de ne rien faire. »

« Cette loi poursuit un seul objectif : Traiter le problème différemment. Nous n’allons pas dépénaliser la drogue. Le but est d’ouvrir des horizons aux habitants de la région.  Les gens qui connaissent la région connaissent ses problématiques ».

L’encadrement ou l’approche sécuritaire

« Vous voudriez qu’on applique une approche sécuritaire et qu’on rafle tout le monde ? Bismillah. Mais il faut, dans ce cas, qu’on assume nos responsabilités. Et ce n’est pas le but. Nous avons besoin les uns des autres. Nous avons besoin de développement dans toutes les régions de notre pays. Nous avons besoins de saisir toutes les opportunités, quelle qu’en soit la nature. »

« Il n’y a pas d’autres solutions. Vous voudriez que les gendarmes et policiers continuent à poursuivre les agriculteurs, brûler les plantations, etc. ?»

« Nous avons tous le même objectif, c’est de développer la région. Il ne faut pas faire de l’opposition pour l’opposition. Dites-nous ce qu’il y a à modifier dans cette loi pour la perfectionner. »

Une loi tombée du ciel ?

« Cette loi n’est pas tombée du ciel. Une équipe dédiée travaille dessus depuis trois ans. Nous avons lancé des consultations tous azimuts. Nous n’avons pas produit un texte du jour au lendemain. Une étude a été faite et je ne pense pas qu’il y ait un seul parti qui ne l’ait pas reçue. »

« Nous sommes dans une institution législative. Si vous voulez qu’on vous fasse une présentation des études, on le fait. Il n’y a rien à cacher. Il n’y a jamais eu d’études secrètes. »

« Il n’y a pas de lien entre cette loi et les élections. Quel est le rapport ?  Je vous le dis, il n’y a pas de rapport, ni direct, ni indirect, entre ce texte et les élections. »

« La loi sert l’intérêt du pays, uniquement. Je défie quiconque de prouver le contraire.

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