La Samir : L'étendue du patrimoine immobilier de Baamer au Maroc, mis en vente judiciaire
Des villas à Fès et Rabat, des magasins à Marrakech et grand appartement à Agadir... Délaissé au Maroc, le patrimoine immobilier de l'ancien DG de la Samir est en vente judiciaire.
La liquidation des biens de Jamal Baamer, dirigeant déchu de la Samir, fait discrètement son chemin au tribunal de commerce. Certains de ses actifs ont été récemment présentés à la vente, révélant, au passage, un important patrimoine immobilier réparti sur plusieurs villes du Royaume.
Les dernières adjudications ont eu lieu le 14 avril 2021. Selon nos sources, elles n’ont pas été concluantes et seront, à ce titre, relancées dans les prochaines semaines. La vente devait concerner plusieurs biens éparpillés entre Agadir, Fès et Marrakech. Ce qui ne constitue, pour l’heure, que la part repérée par le syndic Abdelkbir Safadi, chargé de la procédure.
A Agadir, l’ancien gérant dispose d’un appartement de 152 m2 situé à la Marina. Le tribunal fixe la mise à prix à 1.915.000 DH.
A Fès, l’ancien DG dispose de plusieurs villas, toutes situées dans la résidence Saiss Garden :
- Une villa de 156 m2 pour un prix de départ de 1.092.000 DH
- Une villa de 156 m2 pour un prix de départ de 1.092.000 DH
- Une villa de 164 m2 pour un prix de départ de 1.148.000 DH
- Une villa de 158 m2 pour un prix de départ de 1.106.000 DH
- Une villa de 158 m2 pour un prix de départ de 1.106.000 DH
- Une villa de 151 m2 pour un prix de départ de 1.057.000 DH
A Marrakech, les biens de Baamer sont essentiellement composés de commerces situés au boulevard Abdelkirm Al Khattabi :
- Magasin de 17 m2 pour un prix de départ de 298.000 DH
- Magasin et parking de 138 m2 pour un prix de départ de 1.642.000 DH
- Magasin de 322 m2 pour un prix de départ de 3.832.000 DH
- Magasin de 46 m2 pour un prix de départ de 298.000 DH
- Magasin de 47 m2 pour un prix de départ de 599.000 DH
Localisée à Rabat, une villa de 2.005 m2 ne faisait pas partie du lot exposé en avril. Sa vente se fait de manière indépendante bien que couverte par la même procédure. Proposée une première fois pour 16 millions de dirhams, son prix initial a été finalement revu à la baisse (12,7 MDH).
Généralement, les mises à prix sont délibérément minorées pour attirer les enchérisseurs. Avant leur mise en vente, ces actifs ont été évalués par l’experte Mina Ettaki, désignée à cette fin par le juge-commissaire Abderrafii Bouhamria.
>>Lire aussi La Samir et Baamer condamnés: 37 milliards de DH en appel
Ancien Directeur général de la Samir, Jamal Baamer a quitté le Royaume quelques semaines avant la mise en liquidation du raffineur (mars 2016). Une procédure qui a été plus tard étendue à ses biens personnels, conséquence de ses « faute de gestion ». En quittant le Maroc, l’intéressé a délaissé un copieux patrimoine. Lequel, aujourd’hui, révèle peu à peu son étendue.
Depuis 3 ans, les biens de M. Baamer sont inlassablement pistés par le tribunal. Ceux listés ne sont pas qu’immobiliers. L’intéressé détient également des actions dans une dizaine de sociétés commerciales. Des participations souvent en cascade, ce qui les rend difficilement traçables.
M. Baamer est, notamment, présent dans le capital d’Hôtelière Samir, société qui détient l’hôtel 4 étoiles Avanti, basé à Mohammedia. Cette entité est également sous le coup de la liquidation, justifiée par une confusion de patrimoine avec la Samir. En cause, des flux financiers douteux entre l’hôtelière Samir, Corral Hotêls Resorts et le raffineur. Des opérations où on retrouve, encore, Jamal Baamer à la baguette.
Sous l’ère Baamer, ces micmacs semblent avoir été érigés en mode de gestion. Un exemple : « L’hôtel Avanti avait été rénové simultanément et avec les moyens alloués à la construction de la nouvelle usine de la Samir. Le même camion transportait du sable vers l’usine puis vers l’hôtel », se souvient un fin connaisseur du dossier, mi amusé mi amer.
Avanti est aujourd’hui en vente pour un prix initial fixé à 165 MDH. L’opération cale en raison du contexte de pandémie, particulièrement rude pour le secteur touristique.
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