Les 50 ans du groupe ISCAE racontés par ses dirigeants

Le groupe ISCAE a formé de nombreux cadres dirigeants marocains et africains, depuis sa création en 1971. Etablissement public, il se veut accessible à toutes et tous, indépendamment du milieu social et du genre. Nada Biaz, sa directrice générale actuelle, Rachid Mrabet, ancien DG et Ahmed Azirar, professeur d’économie racontent les 50 ans du groupe.

Les 50 ans du groupe ISCAE racontés par ses dirigeants

Le 21 mai 2021 à 16h02

Modifié 21 mai 2021 à 17h37

Le groupe ISCAE a formé de nombreux cadres dirigeants marocains et africains, depuis sa création en 1971. Etablissement public, il se veut accessible à toutes et tous, indépendamment du milieu social et du genre. Nada Biaz, sa directrice générale actuelle, Rachid Mrabet, ancien DG et Ahmed Azirar, professeur d’économie racontent les 50 ans du groupe.

Nada Biaz revient pour Médias24 sur l’origine de la création, par feu Hassan II, de cet institut : « Durant les années 70, l’objectif était d’accompagner le développement économique et social du Maroc, dans un processus de marocanisation, afin que le Maroc puisse former ses propres cadres supérieurs et dirigeants. Ils étaient auparavant formés à l’étranger, notamment en France, et le but était alors qu’ils soient formés dans une école marocaine, africaine, créée pour le Maroc et pour l’Afrique ».

« L’ascenseur social par excellence »

Cet établissement d’enseignement supérieur est public : cela signifie qu’il est accessible « sur la base du travail et du mérite », souligne Nada Biaz. Autrement dit, peu importe le milieu social ou le genre.

La diversité des profils est d’ailleurs la « marque de fabrique » du groupe : « La toute première promotion comprenait déjà des femmes – alors que la Harvard Business School, qui a fêté son centenaire en 2008, est devenue mixte seulement dans les années 60. Toutes les régions ont également été, et sont encore, représentées. Les seuls critères sont le mérite, la motivation et, à l’époque, l’ouverture d’esprit des parents pour qu’ils laissent leurs filles partir étudier à Casablanca. Bien sûr, le milieu social a une influence, notamment en termes de facilité d’expression. Mais l’intelligence des plus brillants, qu’ils soient issus de milieux populaires ou aisés, émerge toujours. A nous de savoir la repérer. »

Nada Biaz se souvient également du tout premier campus de l’ISCAE, « magnifique, avec un très bel internat. Tout le monde n’avait pas les moyens d’aller étudier à l’étranger ; or pour des jeunes originaires de villages reculés ou de petites villes, et qui étaient brillants, c’était un premier pas vers un monde nouveau. L’ascenseur social par excellence ».

« L’accès à l’établissement est ouvert aux bacheliers qui ont une moyenne au baccalauréat relativement élevée, et qui passent un concours relativement sévère », abonde Rachid Mrabet, ancien professeur et ancien directeur général de l’ISCAE.

Et d’ajouter : « N’accèdent à l’établissement que les élèves qui disposent d’un certain niveau académique, indépendamment de leur statut social. Comme l’établissement a toujours eu la réputation de n’être pas accessible par d’autres moyens que le travail et la réussite au concours, et comme l’ensemble des directions qui se sont succédées et leurs professeurs ont toujours tenu à ce que leur établissement soit ouvert à tous les Marocains, cela a permis d’avoir une mixité sociale ; un vivier d’étudiants issus de tous les milieux et de toutes les régions. C’est un élément très positif. »

Pionnier dans la formation continue

A l’époque de sa création, l’ISCAE avait aussi pour but de créer un carrefour d’échanges entre le monde académique et le monde professionnel. « C’est dans ce sens que l’ISCAE a été placé sous la tutelle du ministère du Commerce et de l’Industrie. Ce décloisonnement sur le monde de l’entreprise était véritablement au cœur de l’objectif de sa création », indique Nada Biaz.

« Hassan II avait choisi le libéralisme politique et économique et il estima qu’il fallait nécessairement des ressources en management et des créateurs d’entreprise. Il a donc créé des écoles d’ingénieurs, mais aussi l’ISCAE », complète Ahmed Azirar, professeur d’économie et de commerce international à l’ISCAE Casablanca.

Et Nada Biaz de reprendre : « A l’époque, l’idée même de Business School n’était pas connue au Maroc. On parlait beaucoup des sciences économiques, mais très peu des sciences de gestion dans un mode qui puisse combiner à la fois les volets académique, théorique, pratique et de terrain. C’était véritablement quelque chose de nouveau et de novateur. Même au niveau de l’approche pédagogique, l’ISCAE a été pionnier : les cours étaient sous forme d’exposés, de travaux en groupes, d’études de cas… Il y avait une approche pédagogique extrêmement moderne pour ces années 70, en petits groupes, pour travailler sur ce que l’on appelle aujourd’hui les soft skills. L’objectif était de faire de l’ISCAE un modèle académique et pédagogique avec un fort impact managérial et social. »

Entre 1971 et 2021, nombreux sont les changements qui ont jalonné le développement du groupe.

Nada Biaz nous en confie quelques-uns : « Je me souviens du campus dans lequel l’institut a été installé quelques années après sa création, route de Nouaceur. Il y avait des installations sportives et une piscine… Les locaux étaient ultramodernes pour l’époque. A la fin des années 70, la mise en place du cycle supérieur de gestion (CSG) a permis aux entreprises d’être accompagnées dans la montée en compétences de leur personnel en exercice. Ce cycle permettait également à d’autres profils d’intégrer des formations en cours de route, notamment des pharmaciens ou des ingénieurs qui voulaient bénéficier d’une formation en gestion et ne pouvaient pas repartir de zéro, redémarrer un cursus aux côtés de bacheliers… Aujourd’hui, on parle beaucoup de formation tout au long de la vie. On ne raisonne plus selon le schéma « éducation, travail, retraite », mais plutôt « travail, éducation, formation, reconversion, entrepreunariat, salariat… ». Même la retraite est l’occasion de se refaire une vie. »

Par la suite, au début des années 90, la création du cycle d’expertise comptable, en collaboration avec l’Ordre des experts comptables du Maroc, a marqué un tournant. « Les experts comptables marocains étaient diplômés en France ; ils seraient désormais diplômés au Maroc ! » En 1995, le deuxième campus de l’ISCAE a ouvert ses portes à Rabat.

Enfin, plus récemment, les années 2010 ont été celles de l’ouverture à la recherche. L’ISCAE a en effet créé le Centre d’études doctorales (CEDOC) pour contribuer à la recherche dans différents domaines du management. « Il s’agissait de la première école doctorale rattachée à une école de commerce. L’objectif était d’avoir un impact à 360°, avec formation initiale, formation continue et recherche », précise Nada Biaz.

A l’heure actuelle, le groupe ISCAE rassemble notamment 40 enseignants permanents, 85 intervenants internationaux, plus de 1.000 étudiants dont 10% d’étudiants subsahariens et 191 étudiants en échange à l’étranger. Le groupe reçoit également dans le cadre des échanges des étudiants venus d’Afrique du Nord, d’Afrique subsaharienne, du Moyen-Orient, de France, du Canada, du Mexique ou encore de Chine.

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