Voici les graves accusations auxquelles fait face Brahim Ghali en Espagne

Objet de poursuites en Espagne, Brahim Ghali fait face à des accusations de torture, d'enlèvements et d'assassinats, notamment dans le cadre d'attaques terroristes perpétrées dans les années 70 et 80 ayant fait des centaines de victimes de nationalité espagnole. L'utilisation d'une fausse identité en 2021 n'a pas encore fait l'objet de poursuites.

Voici les graves accusations auxquelles fait face Brahim Ghali en Espagne

Le 26 mai 2021 à 18h52

Modifié 27 mai 2021 à 12h25

Objet de poursuites en Espagne, Brahim Ghali fait face à des accusations de torture, d'enlèvements et d'assassinats, notamment dans le cadre d'attaques terroristes perpétrées dans les années 70 et 80 ayant fait des centaines de victimes de nationalité espagnole. L'utilisation d'une fausse identité en 2021 n'a pas encore fait l'objet de poursuites.

Appelé à comparaître devant la Haute cour nationale espagnole le 1er juin 2021, Brahim Ghali fait l’objet de graves accusations de “torture, d’enlèvements et de soupçons de crimes de guerre” perpétrés contre des victimes de nationalité espagnole.

S’il a été contraint de cacher son identité en Espagne, c’est parce que le chef du polisario “y est poursuivi dans le cadre de deux importantes plaintes”, nous explique Me Mourad Elâjoutti, avocat au barreau de Casablanca.

Ce dernier, qui suit de près cette affaire, a adressé, en sa qualité de président du Club des avocats marocains, une lettre au procureur principal espagnol au sujet de Brahim Ghali, dans laquelle il rappelle les faits reprochés au chef du polisario, hospitalisé sous une fausse identité depuis le 21 avril dans un hôpital de Logroño, non loin de Saragosse.

La plus récente de ces plaintes est celle de Fadel Breika. Elle a été admise par la justice espagnole en avril dernier. M. Breika accuse le chef du polisario d’être le responsable de son enlèvement durant la période allant du 18 juin au 10 nombre 2019, pendant laquelle il déclare avoir été torturé.

La seconde est celle de l’Association Canarienne des victimes du terrorisme (ACAVITE) qui accuse Brahim Ghali d’être “l’auteur intellectuel et matériel présumé et celui qui a ordonné le mitraillage, les assassinats, les enlèvements collectifs, blessures très graves et disparitions d’équipages en haute mer de marins canariens entre 1973 et fin 1986”.

Cette association est présidée par Lucia Jiménez, dont le père, Francisco Jiménez est devenu aveugle et sourd, victime d’une attaque menée par les membres du polisario en 1976.

Selon le journal juridique Confilegal, le statut de victime de M. Jiménez, ainsi que le statut de l’ACAVITE en tant que représentant des victimes canariennes et de leurs parents directs, ont été reconnus par le gouvernement espagnol en 2006.

Attaques du polisario: 300 victimes canariennes entre 1973 et 1986

“La plainte initiée par l’ACAVITE est la plus importante, puisque l’association comptabilise 289 attaques terroristes perpétrés par le front polisario entre 1973 et 1986, ayant fait plus de 300 victimes de fusillades, d’enlèvements, etc.”, explique Me Elâjoutti.

Il y a près d’un mois, l’ACAVITE a réagi à l’arrivée de Ghali en Espagne via un communiqué dans lequel elle indique que sa présence constitue “une humiliation” et un “mépris” qu’ils “ne peuvent laisser passer sous silence”.

Par ailleurs, “13 associations de victimes de terrorisme ont demandé, via communiqué, à ce que Ghali ne quitte pas le territoire espagnol”, martèle l’avocat.

La ferme réaction de la société civile espagnole s’explique par la violence des attaques imputées au front polisario dans les années 70 et 80, ayant mené à l’expulsion de tous ses membres du territoire espagnol.

Selon le journal juridique Confilegal, l’attaque du 22 septembre 1985 a été “la goutte de trop”. Elle a été menée, par le polisario, « contre le navire de pêche canarien El Junquito, alors qu’il pêchait au large des côtes du Sahara ».

El Junquito a été mitraillé depuis le sol. Ils ont tué le maître d’équipage, Guillermo Batista Figueroa, 63 ans, marié et père de 3 enfants. Et ils ont coulé le navire”, rapporte Confilegal.

“Le même jour, ils ont également tué le caporal de la frégate Tagomago Navy, José Manuel Castro Rodriguez, le navire qui était venu sauver El Junquito de son naufrage”, poursuit la même source qui indique, par ailleurs, que cette attaque a été “la dernière goutte pour le gouvernement espagnol”.

S’en est suivi une expulsion, ordonnée en 1986, par le président du gouvernement espagnol, Felipe Gonzalez, de tous les membres du polisario.

Utilisation d’une fausse identité: Des poursuites contre Ghali ?

“Selon les médias espagnols, le juge de la 5e chambre d’instruction ne compte pas enquêter sur la fausse identité utilisée par Brahim Ghali. En réalité, après avoir contacté le parquet espagnol, nous avons appris que ce dernier n’a pas encore pris de décision à ce sujet”, déclare Me Elâjoutti.

Il nous explique que le flou persiste encore autour de la fausse identité utilisée par Brahim Ghali puisque “les autorités espagnoles affirment qu’il est entré sur leur territoire avec un passeport valide. Or les médias rapportent que son passeport n’a pas été vérifié”.

“Autre confusion”, selon l’avocat, celle relative à l’hospitalisation sous une fausse identité.

“L’admission aux urgences ne nécessite pas la présentation d’une pièce d’identité. Par contre, elle est exigée pour établir un rapport médical. Il s’agit du protocole hospitalier. Pourtant, deux rapports médicaux sur son état de santé ont été publiés sous deux fausses identités, cela ne laisse place qu’à deux possibilités; soit Brahim Ghali a effectivement présenté une fausse identité, ce qui est punissable par la loi espagnole, soit des instructions gouvernementales ont été données pour enfreindre le protocole hospitalier. Dans ce cas, il faut déterminer de qui il s’agit”, ajoute l’avocat.

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