Le juge chargé de l’affaire Ghali refuse d’enquêter sur l’usage de faux documents, le Club des avocats au Maroc réagit

Le juge chargé de l’affaire Ghali refuse d’enquêter sur l’usage de faux documents, le Club des avocats au Maroc réagit

Le 1 juin 2021 à 9h09

Modifié le 1 juin 2021 à 9h28

Le juge Santiago Pedraz, en charge de l'affaire de Brahim Ghali, refuse d'enquêter sur la fausse identité utilisée par ce dernier. Le Club des avocats du Maroc montre au créneau.

Dans un communiqué publié lundi 31 mai dans la soirée, le Club des avocats au Maroc se dit « très surpris par la déclaration du juge Santiago Pedraz en charge de l’affaire de Brahim Ghali près de l’Audience nationale au journal ELconfidential, qui affirme que la cour nationale ne va pas enquêter sur l’affaire de la fausse identité de Brahim Ghali, que la plainte du Club des avocats au Maroc ne pourra pas être admise car les faits reprochés à Brahim Ghali ne ‘font pas partie des crimes attribués à la compétence de cette cour’ et que cette plainte doit être instruite par les tribunaux ordinaires ».

« Cette déclaration est encore plus surprenante puisqu’il est utile de rappeler que le Club des avocats au Maroc a adressé cette plainte/dénonciation à l’attention du procureur de La-Rioja (lieu de la commission de l’infraction pour mener les investigations localement) et que ce dernier a décidé de la renvoyer à l’Audiencia National, ce qui démontre qu’aucun des juges ne veut enquêter sur cette affaire et utilisent les règles de compétence judiciaire pour se débarrasser de cette affaire », poursuit le communiqué.

« Le Club des avocats au Maroc s’interroge également sur le timing de la décision du juge Santiago Pedraz, qui vient la veille de l’audition de Brahim Ghali programmée le 1er juin, ce qui laisse entendre que M. Pedraz veut écarter cette plainte pour ne pas interroger le chef du Polisario sur l’utilisation d’une fausse identité ainsi que par rapport aux éventuels complices qui l’ont aidé à cacher son identité. Il est utile de rappeler que le fait de cacher ou d’aider un fugitif à fuir la justice est sanctionné pénalement en vertu de l’article 451 du code pénal espagnol ».

« M. Pedraz, qui prend la défense de Gali dans le même article, dément l’existence de documents prouvant l’utilisation d’une fausse identité, pourtant les documents publiés par ELconfidential prouvent que Ghali à été admis sous deux fausses identités auprès de l’hôpital San Pedro ».

« M. Pedraz qui a insisté sur la présomption d’innocence de M.Ghali, qui trouve la demande d’arrestation excessive et qui trouve que les actes de torture sont incertains, évite d’enquêter sur la plainte de L’ACAVITE qui concerne des centaines de victimes espagnoles et qui n’est pas frappée de prescription puisqu’il s’agit de crimes contre l’humanité. Cette plainte qui a disparu apparemment, a été retrouvée par l’un des journalistes espagnols après une petite enquête. Elle a été pourtant enregistrée auprès de l’Audience nationale ».

« Le Club des avocats au Maroc a pleine confiance en la justice espagnole et en son indépendance mais a relevé un certain nombre d’éléments qui permettent de dire que le juge Santiago Pedraz est en train de détruire juridiquement toutes les plaintes à l’encontre de Brahim Ghali pour ne prendre aucune mesure judiciaire qui va limiter sa liberté. Aussi, ses différentes déclarations en faveur de Ghali laissent des doutes sur sa partialité« .

« Le Club des avocats dénonce cette partie de tennis judiciaire et requiert que la justice espagnole détermine le tribunal compétent afin de commencer les investigations relatives à l’utilisation de la fausse identité et déterminer les prétendus complices ayant participé à cette opération ».

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