Crise Maroc-Espagne : Nouvelles précisions de Nasser Bourita

"La tentative du gouvernement espagnol d’européaniser la crise bilatérale avec le Maroc n’est qu’une fuite en avant". "La résolution de cette crise est du ressort de ceux qui l’ont créée car ce n’est pas le Maroc qui est à son origine". Voici les déclarations de Nasser Bourita sur la crise Maroc-Espagne, prononcées lors d'une conférence de presse tenue ce mercredi 9 juin.

Crise Maroc-Espagne : Nouvelles précisions de Nasser Bourita

Le 9 juin 2021 à 17h59

Modifié 9 juin 2021 à 19h31

"La tentative du gouvernement espagnol d’européaniser la crise bilatérale avec le Maroc n’est qu’une fuite en avant". "La résolution de cette crise est du ressort de ceux qui l’ont créée car ce n’est pas le Maroc qui est à son origine". Voici les déclarations de Nasser Bourita sur la crise Maroc-Espagne, prononcées lors d'une conférence de presse tenue ce mercredi 9 juin.

La conférence de presse a été tenue à l’occasion de la signature d’une dizaine de conventions maroco-hongroises par le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjarto et son homologue Nasser Bourita. Ce dernier a répondu aux questions d’actualité de deux journalistes, notamment sur la crise Maroc-Espagne. Verbatim.

« Le départ d’Espagne de Brahim Ghali ne signe pas la fin de l’histoire »

Interrogé par un confrère espagnol sur le silence de son département ministériel après le départ d’Espagne du chef du polisario, Brahim Ghali et sur l’européanisation de la crise entre les deux pays voisins, Nasser Bourita a déclaré que la position du Maroc n’avait pas changé depuis sa dernière sortie.

« En effet, nous avons publié une déclaration le 31 mai dernier qui précisait de manière claire et en quatre points la position du Maroc, par rapport à l’évolution de cette crise bilatérale.

La crise n’a pas commencé avec l’arrivée en Espagne et ne se terminera pas avec le départ de cette personne. Cela s’explique par le fait qu’elle découle d’une confiance rompue liée à des actes et une attitude que le Maroc a considéré comme étant contraire à l’esprit de partenariat.

« Le Maroc refuse le séparatisme à deux vitesses »

Deuxio, la déclaration rappelait également le manque de cohérence entre les actes et les paroles de l’Espagne sur une question fondamentale du séparatisme à laquelle nos deux pays font face.

« Ainsi, on ne peut pas combattre le séparatisme dans son propre pays et dans le même temps l’encourager chez son proche voisin.

« Notre crise strictement bilatérale avec l’Espagne n’a pas lieu d’être européanisée »

En troisième lieu, le Maroc a été très clair sur le fait que la crise politique actuelle est bilatérale.

« Cette crise est avec l’Espagne qui a essayé de l’européaniser et de détourner ses causes, connues de tous, liées à une gestion peu transparente et contraire aux valeurs de bon voisinage et de partenariat.

« Pas de leçon à recevoir de l’Espagne sur la question migratoire »

« Enfin, sur le registre de la migration, le Maroc n’a pas de leçon à recevoir sachant qu’il a toujours agi en partenaire et c’est donc à ceux qui veulent détourner le débat de répondre à votre question.

« Dès le début, la position marocaine a été claire et je vous renvoie à la déclaration du 31 mai qui précisait que l’audition judiciaire du 1er juin de cet individu et son départ d’Espagne ne changerait rien », a expliqué le ministre marocain à son interlocuteur journaliste.

« Les causes de la crise bilatérale sont toujours là »

L’occasion pour Medias24 de rebondir sur la question de ce dernier en interrogeant le chef de la diplomatie marocaine sur un éventuel agenda de sortie de crise entre le Maroc et l’Espagne.

« Si la crise est encore là, c’est simplement parce que ses causes profondes n’ont pas disparu.

« Une éventuelle résolution est du seul ressort de l’Espagne »

« En effet, la tentative de l’européaniser n’est qu’une fuite en avant, une manière de contourner la réalité de cette crise liée avant toute chose à des actes et à une attitude inamicale voire hostiles.

« Sa résolution est donc du ressort de ceux qui l’ont créée car ce n’est pas le Maroc qui est à son origine.

« L’Europe soutient l’action migratoire du Maroc »

« Notre pays est satisfait de sa relation avec l’Union européenne avec qui il a développé durant les dernières années une coopération multiforme très efficace.

« Heureusement que cette réalité est reconnue mutuellement et je vous renvoie à plusieurs déclarations en ce sens comme celle du commissaire au voisinage Oliver Varhelyi qui vient de saluer l’action du Maroc dans le domaine de la migration en considérant que notre pays est un acteur clé dans ce domaine.

« A ce propos, une déclaration datant d’hier, mardi 8 juin, émanant du service extérieur de l’UE a d’ailleurs réitéré le fait que le Maroc est un partenaire essentiel pour le voisinage sud et que l’Europe se réjouit de sa coopération avec notre pays dans ce domaine.

La fin de la crise n’est pas pour demain ?

« A partir de là, l’excitation actuelle pour centrer la crise sur des questions migratoires est selon moi contre productif et ne permettra pas d’avancer sur une sortie de crise dont les causes, la genèse et les responsabilités sont bien connues », a conclu Bourita, en laissant entendre que la réconciliation maroco-espagnole n’est pas pour demain.

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