Workshop: L’intrapreneuriat, un modèle pour innover en interne

L’intrapreneuriat amorce le virage vers l'entrepreneuriat. Il s'agit d'un outil de transformation des organisations par le développement de projets innovants en interne et en mode startup. Discuter de ses contours a fait l’objet d’un workshop organisé par Maroc Numeric Cluster et Bank Of Africa.

Ihsane Himmi, directrice générale de MNC.

Workshop: L’intrapreneuriat, un modèle pour innover en interne

Le 16 juin 2021 à 15h52

Modifié 16 juin 2021 à 16h37

L’intrapreneuriat amorce le virage vers l'entrepreneuriat. Il s'agit d'un outil de transformation des organisations par le développement de projets innovants en interne et en mode startup. Discuter de ses contours a fait l’objet d’un workshop organisé par Maroc Numeric Cluster et Bank Of Africa.

L’intrapreneuriat est une démarche entrepreneurial interne à une organisation qui permet aux employés de développer leurs idées de projets dans l’objectif d’apporter une plus-value à l’entreprise. Créé dans les années 1970 aux Etats-Unis, ce concept participe à la libération des énergies créatives et entrepreneuriales internes par la formulation de solutions innovantes qui répondent à des enjeux de l’organisation. Il devient plus populaire depuis que Google permet à ses salariés, en 2004, de dégager 20% de temps de travail et le consacrer à l’innovation. La moitié des produits développés par Google seraient issus de l’intrapreneuriat parmi lesquels Gmail, AdSense ou Google Talk. L’intrapreneuriat est donc un moyen de détecter les talents internes, d’engager et de valoriser les collaborateurs dans le cadre d’une démarche agile et collaborative.

Pour aboutir à une compréhension claire et partagée de l’intrapreneuriat, Maroc Numeric Cluster (MNC) et Bank of Africa ont organisé un workshop le 11 juin autour du thème «Comment améliorer le cadre intrapreneurial au Maroc?». Lydec, OCP, HPS, Outsourcia, DXC Technology, Richbond, Data Protect, Mazars, Dentons, Baker&McKenzie, ADD, Université Mohamed VI Polytechnique et l’UIR ont répondu présents au workshop au Country Club de Bouskoura afin de bâtir des ponts entre les différentes expertises et partager les bonnes pratiques.

Vers un modèle managérial innovant

« Nous avons constaté que de plus en plus d’entreprises s’intéressent aux approches d’intrapreneuriat et veulent se munir d’outils concrets pour structurer ces démarches notamment sur les volets juridiques, réglementaires, RH, financiers et opérationnels», fait constater Ihsane Himmi, directrice générale de MNC, dans un entretien accordé à Médias 24. S’inscrivant dans une évolution des modèles organisationnels, ce workshop entend apporter une solution concrète aux besoins de ces membres par l’édition d’un livre blanc qui compte incarner des réponses aux problématiques légales et réglementaires ainsi que d’apporter une guideline pour la mise en œuvre opérationnelle de dispositifs d’intrapreneuriat. «Portée par nos pôles ‘Innovation For Leadership et Innovation for Reforms’ dont la mission est de mieux outiller le top management et les dirigeants à l’innovation, cette initiative incite à penser un modèle managérial innovant pour créer de nouveaux relais de croissance commerciaux et organisationnels de l’entreprise induit par le dispositif d’intrapreneuriat».

Plusieurs grandes entreprises qui se sont lancées dans cette voie de l’innovation en interne, qui se doit de concilier la logique d’exploration de l’intrapreneur (créativité, test…) et celle de l’exploitation de l’entreprise (profit et rendement), créent des structures internes ou des business unit dédiées, leur permettant d’alimenter en continu leurs démarches d’innovation et d’avoir un tissu fiable d’entreprises partenaires.

Aujourd’hui, de plus en plus de grands groupes développent en interne des programmes d’accompagnement des employés qui portent des idées de projets innovantes, et parient ainsi sur ses ressources internes pour être plus innovantes et plus concurrentielles.

A ce titre, une collaboratrice à l’OCP a affirmé, au cours du workshop, qu’une business unit dédiée à l’intrapreneuriat est en cours de création, qui «se chargera de la création et de la gestion d’un incubateur-accélérateur interne à l’OCP». Elle rappelle que cette initiative émane d’un mouvement d’entrepreneurs innovants internes lancé en 2016, qui a fait émerger la nécessité de structurer l’amorçage et le financement de projets innovants portés par les salariés de l’OCP. Elle cite l’exemple d’un collaborateur qui, aujourd’hui, est DG de sa startup en maintenance préventive à Safi. «En plus de l’aider à s’adresser à d’autres clients que l’OCP, nous sommes en train de soutenir son expansion en Afrique», soutient-elle.

Les fondements de l’intrapreneuriat

Omar Ezziyati, directeur Veille stratégique, innovation et influence de Bank of Africa affirme à Médias 24 que la banque dispose d’un dispositif en intrapreneuriat porté par sa direction «mais qui est géré dans une logique transversale, en mode projet». Depuis quatre ans déjà, «nous avons accompagné en interne plus de 400 projets en interne dont une dizaine actuellement en développement arrivés à un stade de maturation avancé». Omar Ezziyati ne manque pas de souligner qu’un «incubateur interne est en cours d’ouverture qui offre un accompagnement de type startup pendant cinq mois en design thinking, lean startup, business modeling, etc.».

Agilité, pragmatisme et pédagogie constituent ainsi, selon Omar Ezziyati les trois fondamentaux sur lesquels repose l’intrapreneuriat. «L’agilité se traduit par un travail rapide sur des itérations courtes pour tester ce qui marche et ce qui ne marche pas, tout en évitant les effets de silos, le pragmatisme par la nécessité de répondre à une problématique réelle de l’entreprises et la pédagogie par le développement de programmes d’accompagnement qui stimulent les intrapreneurs via des modules de formation et de mentorat menés par des experts internes et externes».

Comme chaque modèle organisationnel a ses propres limites, trois points relatifs à l’intrapreneuriat ont été identifié par une collaboratrice de l’OCP lors du workshop. Premièrement, la promesse initiale donnée aux intrapreneurs, qu’il importe de respecter minutieusement. «Est-ce que nous leur promettons un financement?  Etre à la tête de leur filiale au cas où elle est créée? Il faut être clair depuis le départ», recommande-t-elle. Deuxièmement, la propriété intellectuelle qu’il convient de clarifier pour les différentes parties prenantes. Elle cite d’exemple d’un collaborateur qui portait un projet de drone sous-marin avec caméra thermique. «Un projet tellement complexe que nous avons fait appel à une startup pour co-développer la solution avec l’intrapreneur. La question qui s’est posée est la propriété intellectuelle, à qui devrait-elle revenir dans ce cas?», s’interroge-t-elle. Et troisièmement, la capacité de repérer, capter et favoriser la concrétisation de projets prometteurs qui vont effectivement créer de la valeur.

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