Dans la région de Marrakech-Safi, la crise impose la diversification

Dans son effort pour la relance, la région ambitionne de réinventer son modèle économique. Principaux défis à relever : la diversification des activités et l'offre de foncier industriel. Retour sur l'étape de Marrakech des régionales de l'investissement.

Dans la région de Marrakech-Safi, la crise impose la diversification

Le 30 juin 2021 à 18h41

Modifié 12 août 2021 à 9h57

Dans son effort pour la relance, la région ambitionne de réinventer son modèle économique. Principaux défis à relever : la diversification des activités et l'offre de foncier industriel. Retour sur l'étape de Marrakech des régionales de l'investissement.

Selon Ahmed Akhchichen, président de la région Marrakech-Safi, la crise sanitaire et ses effets économiques, ont permis un changement de paradigme. « La diversification pour la région est devenue un impératif, il faut aller sur de nouveaux et de nouvelles façons de faire ».

A cause de la crise qui a durement frappé le tourisme, la région Marrakech-Safi a perdu 9,60% de valeur ajoutée entre 2019 et 2020.

Dans la même optique, le directeur du CRI, Yassine Mseffer, explique que la région a identifié 4 secteurs principaux, sur lesquels elle veut se développer. Ce sont, premièrement l’agro-industrie dont la valorisation des produits de l’agriculture et des produits de la mer, puis le voyage et l’hospitalité, ensuite la culture et la créativité et enfin l’innovation et la durabilité en capitalisant sur l’élan qu’ont apporté l’UM6P et la ville verte de Benguerir.

Hassan Debbagh, vice-président de la CGEM, assure quant à lui que la plupart des secteurs reviennent à des niveaux d’avant-crise. Dans l’esprit de la diversification, il tient à rassurer : « nous enregistrons des investissements dans de nouveaux secteurs tels que l’éolien, l’industrie pharmaceutique et la cosmétique ». « Mais il y a encore des opportunités à prendre dans l’économie bleue, dans les plantes aromatiques et médicinales, dans la pharmacie et la cosmétique, dans l’aquaculture et dans l’économie verte », poursuit-il. Il explique enfin que la nouvelle mouture CRI a aidé à ce que la confiance s’installe chez les investisseurs.

Yassine Mseffer rappelle que le CRI travaille à dématérialiser et à unifier les procédures, mais aussi plus en amont à préparer les conditions d’accueil, notamment par rapport au foncier.  Le rôle du CRI pour lui, n’est pas juste d’accueillir les investisseurs, c’est aussi la création de valeurs et d’emplois. La division d’accompagnement des investisseurs, quant à elle, s’occupe de ceux qui sont déjà en activité afin de les pérenniser.  Il a par ailleurs annoncé le lancement par le CRI du portail marrakechinvest.ma qui met à disposition toute l’information et les données nécessaires aux investisseurs en ligne.

« Nous avons appris que pour avoir de la résilience, il faut être préparé, il faut avoir une boîte à outils », affirme Akhchichen. Il explique qu’avec la nouvelle génération des CRI, l’accès au financement et l’accompagnement, il y a tout ce qu’il faut pour réussir.

Banque de projets

D’autre part, Mohamed Fadlam, président de la CCIS (chambre de commerce, d’industrie et des services), annonce que la région est classée quatrième au niveau national, avec 40 projets validés sur 54 soumis dans le cadre de la banque de projets, les 14 restants étant encore en phase d’étude. Ce qui permettra de générer un chiffre d’affaires de 4 milliards de dirhams et jusqu’à 2837 emplois directs, avec un investissement total de 1,4 milliard de dirhams. Les porteurs de projets sont accompagnés soit dans le cadre de la FDI (fond de développement industriel), soit dans le cadre de Maroc PME. L’agroalimentaire est le secteur le plus représenté, suivi du textile et de la plasturgie

Il s’agit bien entendu de la banque de projets du ministère du commerce et de l’industrie, tendant à substituer de la production locale aux importations.

Foncier, un problème en cours de résolution

 Toutefois, Akhchichen regrette que « plusieurs investissements bloquent encore sur le foncier ». Même son de cloche chez Mohamed Fadlam, pour qui « la région est lésée en termes d’infrastructures d’accueil ».

La solution pour le président du conseil régional, est que ce soient les institutions élues qui prennent des initiatives pour acquérir le foncier et que ce soient elles qui en déterminent les conditions d’utilisation. Pour les prochaines zones d’activité prévues, il explique qu’ « elles seront intégrées, pour permettre aux opérateurs de se concentrer sur ce qu’ils savent faire… les lots ne seront attribués que si les entreprises remplissent les conditions, notamment en termes de type d’activité ».

« Il faut voir le verre à moitié plein, il y a beaucoup de choses qui vont être faites, notamment le fonds d’investissement régional, qui va accompagner l’acquisition et l’accès au foncier. Il y a 5 plateformes industrielles d’accueil en cours à Safi, Marrakech et Kalaat Sraghna, entre autres. Nous avons aussi 5 plateformes logistiques prévues dans le cadre du schéma-directeur de l’agence de développement de la logistique », ajoute Yassine Mseffer.

« Pour le tourisme aussi, nous préparons des plateformes d’accueil, par exemple nous avons développé l’éco-village de Sidi Kaouki, où nous avons lancé un appel à manifestation d’intérêt pour 54 lots afin de structurer l’offre », poursuit-il.

Donnant l’exemple des efforts qui ont été faits pour mettre à disposition du foncier pour les industriels, il évoque le cas de la zone industrielle Sidi Bouatmane : « C’est une zone industrielle à 30 km de Marrakech où l’État a beaucoup investi. Quand on est arrivés au CRI, on a trouvé que 95% des lots étaient déjà vendus ou réservés, mais à peine 10% étaient valorisés. Donc l’offre est là, mais elle n’a pas été valorisée par des personnes qui ont de vrais projets industriels. Avec les autorités locales, nous avons mis en place une politique de déchéance de lots pour les personnes qui ne les ont pas valorisés et nous les avons remis sur le marché. Ainsi nous avons eu plus de 30 lots qui ont été réattribués, après avoir été détenus par des gens qui n’avaient aucune intention d’investir… Aujourd’hui à Sidi Bouatmane, on a des lots disponibles qui vont jusqu’à 5.000 m² ». « Le nouveau plan d’aménagement de Harbil, qui permettra à très court terme de mettre à disposition des surfaces beaucoup plus grandes jusqu’à 25 ha », ajoute-t-il.

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