Formation et capital humain : voici les interpellations et revendications de la CGEM

La CGEM a réuni, ce mercredi 14 juillet à 15H30 par visioconférence, son Conseil national de l'entreprise (CNE), en présence de Saaid Amzazi, ministre de l'Éducation nationale, pour échanger sur le sujet du capital humain et de la formation professionnelle.

Formation et capital humain : voici les interpellations et revendications de la CGEM

Le 14 juillet 2021 à 18h53

Modifié 15 juillet 2021 à 17h15

La CGEM a réuni, ce mercredi 14 juillet à 15H30 par visioconférence, son Conseil national de l'entreprise (CNE), en présence de Saaid Amzazi, ministre de l'Éducation nationale, pour échanger sur le sujet du capital humain et de la formation professionnelle.

Dans le cadre de cette réunion, Chakib Alj, président de la CGEM, a adressé quelques interpellations au ministre en lien avec la formation professionnelle et le capital humain, notamment à la lumière du Nouveau modèle de développement du Maroc.

« Je souhaite commencer mon intervention par l’enseignement supérieur qui pour nous, malheureusement, avance à deux vitesses et souffre de nombreux problèmes tels que la congestion, l’obsolescence des contenus de formation et un déficit de qualité, ce qui conduit à des taux élevés d’abandon et d’échec » a déclaré Chakib Alj.

Il a ajouté que le rapport sur le nouveau modèle de développement présenté, en mai dernier, constate que la recherche fondamentale ne permet pas aujourd’hui un alignement avec les besoins des entreprises.

Ainsi, afin de promouvoir l’investissement privé dans la recherche scientifique, il faudrait construire des ponts entre l’Université et le monde socio-économique, soit entre la recherche scientifique fondamentale et la R&D appliquée, ce dont l’entreprise a véritablement besoin, a relevé le président de la CGEM.

Concernant la R&D en entreprise, Said Amzazi a rappelé que « le classement du Global Innovation Index de 2020, bien qu’il place le Maroc en 75e position sur 131 pays en matière d’innovation, nous révèle également par ses indicateurs nos points faibles en la matière…et notamment, nous sommes parmi les derniers en matière de collaboration entreprises/universités (117e). Il y a donc là un effort conséquent à faire.. »

D’autre part, la majorité des jeunes qui arrivent sur le marché d’emploi annuellement ne trouvent pas d’emploi. « Cette situation dramatique prévaut au moment où beaucoup d’entreprises se plaignent soit de ne pas pouvoir recruter un grand nombre de profils dont elles ont besoin, soit de devoir prendre en charge la totalité de leur formation, ce qui n’est pas normal » a souligné Chakib Alj avant de préciser que l’instauration d’Instituts à gestion déléguée (IGD) constitue une réponse pertinente à ce déficit de cohérence entre la formation et le marché du travail.

Concernant les IGD, Said Amzazi a affirmé qu’une dizaine d’entre eux sont déjà ouverts, et une quinzaine seront créés et financées par le Fonds « Charaka » mis en place dans le cadre du programme de coopération « Compact II », conclu entre le Maroc et les USA.

Du côté du déploiement de la feuille de route royale relative aux Cités des Métiers et Compétences (CMC) prévues dans les 12 régions, Chakib Alj a souligné qu’il s’agit d’un chantier dans lequel la CGEM doit s’impliquer fortement, à travers la définition des besoins en compétences et la conception des formations dont l’ingénierie de formation.

D’un autre côté, l’offre de formation professionnelle de l’OFPPT et de tous les établissements professionnels privés et publics doit faire l’objet d’un pilotage quantitatif et qualitatif permanent et rigoureux, à l’instar de ce qui est fait au niveau de l’enseignement supérieur » a poursuivi Chakib Alj.

« Ce qui m’amène, M. le Ministre, à passer à une autre question préoccupante pour les entreprises, celle de la formation professionnelle continue qui est, depuis plusieurs décennies, réduite à sa plus simple expression » a-t-il martelé.

Il a rappelé que l’entreprise finance le système de formation professionnelle à travers la TFP qui est d’environ 3 milliards de dirhams par an. 70% servent à financer le dispositif de formation initiale de l’OFPPT et seuls 30% sont dédiés à la formation continue à travers deux mécanismes : le mécanisme GIAC et le mécanisme des Contrats Spéciaux de Formation (CSF).

Dans ce sens, « seules 1.300 entreprises bénéficient aujourd’hui de la formation continue avec un remboursement moyen, sur les 5 dernières années, de l’ordre de 70 millions de DH » souligne Chakib Alj.

A ce titre, le président de la CGEM rappelle les pistes de réforme convenues après de long débats avec les départements concernés. « Externaliser la structure de gestion de la formation continue de l’OFPPT afin de séparer son rôle de stratégie de pilotage du secteur et celui d’opérateur, en la confiant au département de la formation professionnelle« , avance-t-il.

Il énumère d’autres mesures comme « confier le recouvrement de la TFP à la DGI et à la TGR, à travers un compte d’affectation spécial dédié au Ministère de l’Éducation Nationale; digitaliser et simplifier tout le process via une plateforme informatique ; ou encore donner la préférence à la formation groupée par rapport à la formation individuelle ».

Pour conclure son intervention, Chakib Alj a posé une question : l’article 82 de la loi organique des régions consacre parmi les compétences propres de la région, la formation professionnelle. Quand est-ce que ce transfert sera effectif ? Comment s’articulera la coordination avec la tutelle et les parties prenantes ?

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