Covid-19 : Le variant californien (Epsilon) résistant aux vaccins ARN messager (étude)
Alors que le variant Delta préoccupe scientifiques et autorités dans pas moins de 100 pays, le variant Epsilon commence à faire parler de lui. Selon une étude récente publiée par la revue américaine Science, ce variant, qui est 20% plus contagieux que la souche initiale, est résistant aux vaccins ARN messager du Covid-19, tel que Moderna et Pfizer/BioNtech, utilisés notamment en Europe.
Le variant Epsilon (B.1.427/B.1.429) a été repéré pour la première fois vers début 2021 aux États-Unis, plus précisément en Californie, d'où son surnom de "variant californien".
Le 5 mars 2021, il a été classé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans la catégorie "variant à suivre" (représentant des modifications génétiques qui pourraient affecter les caractéristiques du virus, telles que sa transmissibilité, la gravité de la maladie et causant une transmissibilité communautaire importante), avant qu'il ne soit reclassé, le 6 juillet dernier, comme étant "un variant faisant actuellement l’objet d’une alerte pour une surveillance renforcée".
Au 30 avril 2021, il était détecté dans 34 pays du monde, notamment en France, selon une étude publiée début juillet 2021 par la revue Science, intitulée "SARS-CoV-2 immune evasion by the B.1.427/B.1.429 variant of concern".
20% plus contagieux que la souche initiale
D’après le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), l’organisme américain qui surveille les maladies contagieuses, la transmissibilité du variant Epsilon est 20% plus élevée que celle de la première souche du Sars-Cov-2.
La revue Science explique quant à elle que ce variant est plus contagieux, parce qu’il porte la mutation "L452R" (comme le variant Delta), associée à un échappement immunitaire et à une plus grande transmissibilité.
Un variant plus résistant aux vaccins ARNm
Si le risque de propagation de ce variant reste, selon les premières études, moins élevé que pour la mutation Delta, la souche californienne, "CAL.20C" pour les scientifiques, "est plus résistante aux vaccins ARN messager du Covid", toujours d'après l'étude publiée dans la revue Science.
Pour évaluer l'impact des trois mutations présentes dans ce variant, à savoir la L452R, S13I, et la W15C, sur la neutralisation du virus, les auteurs de cette étude ont utilisé, dans un premier temps, le plasma de quinze individus ayant reçu deux doses du vaccin Moderna et celui de quinze autres individus ayant reçu deux doses du vaccin Pfizer/BioNtech, collecté entre 7 et 27 jours après la vaccination de rappel (2e dose).
Ils en ressort que "le plasma d'individus vaccinés avec un vaccin à base d'ARNm (messager, NDLR) présentait des titres neutralisants réduits de 2 à 3,5 fois contre le variant B.1.427/B.1.429". Cela veut dire que l'efficacité des vaccins à ARN messager est 2 à 3,5 fois moins importante face au variant Epsilon.
Selon les chercheurs, la mutation L452R est derrière la réduction de l'activité neutralisante de 14 des 34 anticorps monoclonaux. Les mutations S13I et W152C ont pour leur part entraîné une perte totale de neutralisation pour 10 anticorps monoclonaux".
Une deuxième phase a été menée ensuite sur 18 personnes, ayant également reçu deux doses du vaccin Pfizer/BioNtech, mais qui avaient auparavant contracté le Covid-19, avec des prélèvements effectués entre le 14 et le 28e jour suivant le rappel. Dans cette catégorie, l'efficacité du vaccin de Pfizer est réduite de 2,9 fois contre le variant Epsilon.
Enfin, une troisième phase a ciblé le plasma de 9 donneurs convalescents, ayant présenté des symptômes du Covid-19 au début de 2020, avec un prélèvement entre 15 à 28 jours après l'apparition des symptômes. Dans ce dernier cas, les vaccins ARNm contre le Covid-19 sont jusqu'à 3,4 fois moins efficace contre le variant Epsilon.
Ainsi, même si l'impact "reste modeste" selon les chercheurs à l'origine de l'étude, les données récoltées indiquent bien une "diminution significative du pouvoir de neutralisation" des vaccins ARNm contre le variant Epsilon, notamment Moderna et Pfizer/BioNtech.
"Ces résultats montrent que les trois mutations présentes dans la glycoprotéine S du variant Epsilon diminuent l'activité neutralisante des anticorps induits par le vaccin et ceux induits par l'infection. Cependant, ces données soulignent également la meilleure qualité des réponses des anticorps induits par la vaccination par rapport à l'infection et leur résistance accrue aux mutations du Sars-Cov-2", conclut l'étude.
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