Taux de croissance, déficit budgétaire, investissements: comment le ministre des Finances voit 2021
Le ministre de l'Economie et des finances, Mohamed Benchaâboun, a présenté un exposé sur le bilan de la mise en œuvre de la loi de finances 2021 et les perspectives d’élaboration de celle de 2022, au cours d'un conseil de gouvernement réuni ce mardi 27 juillet.
Voici une synthèse que nous avons réalisée à partir de l'exposé fait devant le conseil de gouvernement d'une part, et d'un échange de Médias24 avec M. Mohamed Benchaâboun, ministre de l’Économie et des Finances d'autre part:
>L'évolution de la situation économique du Maroc:
Au vu des évolutions positives de l'économie au cours du premier semestre de l'année, le taux de croissance de l'économie nationale devrait se situer entre 5,5% et 5,8% au cours de l'année 2021, compte tenu d'une campagne agricole exceptionnelle et d'une maîtrise continue du taux d'inflation, qui ne dépassera pas 1%. Cependant, les perspectives de croissance au cours du second semestre de cette année resteront menacées par l"accélération de l'incidence du Covid-19, l'émergence du variant Delta et les risques pouvant découler de la récente ouverture des frontières.
"La croissance sera donc à un niveau qui nous permet de récupérer une partie importante de la récession enregistrée en 2020 qui était de 6,3%. Nous estimons que l’essentiel du tissu productif retrouva son dynamisme d’avant crise, à part les secteurs du tourisme et du transport aérien qui prendront un peu plus de temps pour se rétablir", estime M. Benchaâboun..
>Le bilan d'exécution de la loi de Finances jusqu'à juin 2021:
Les recettes ont enregistré une amélioration de 10,8 milliards de DH (ou 10%) par rapport au premier semestre 2020, résultant d'une augmentation des recettes fiscales de 8,3 milliards de DH et des recettes non fiscales de 1,5 MMDH.
Les dépenses courantes ont augmenté d'environ 6,6 milliards de DH (ou 5,4%), alors que les émissions au titre des dépenses d'investissement se sont stabilisées à 32,8 MMDH soit un taux de réalisation de 46,7%.
La hausse des dépenses ordinaires est attribuable essentiellement aux dépenses de personnel sous l’effet, notamment, de la régularisation des rappels et de la 3ème tranche de l’augmentation des salaires décidée dans le cadre du dialogue social de 2019. De même, la charge de la compensation a augmenté de 22% en liaison, notamment, avec la hausse des cours du gaz butane.
Au cours du 1er semestre, le taux de réalisation des recettes fiscales s'est élevé à 55,2%. Cette amélioration a concerné toutes les catégories d’impôts et taxes, à l’exception de l’IS qui a enregistré un recul de 11,8% en relation, notamment, avec la baisse de l’activité en 2020.
Ainsi, compte tenu des résultats enregistrés et des évolutions attendues au cours des mois restants de l'année, le déficit budgétaire devrait atteindre 77,8 milliards de DH, soit 6,7% du PIB, dépassant les prévisions de la loi de Finances pour l'année 2021, d'environ 6,7 MMDH, soit 0,5% du PIB, mais en amélioration par rapport à 2020 (7,6%).
>Les défis liés à la préparation du projet de la loi de finances pour l'année 2022:
Il s'agit principalement du coût de la généralisation de l'Assurance maladie de base obligatoire au profit des catégories nécessiteuses soumises actuellement au régime Ramed, avec tout ce que ce chantier implique en matière de réforme progressive de la Caisse de compensation conformément aux exigences de la loi-cadre relative à la protection sociale.
>Les priorités du projet de la loi de Finances pour l'année 2022:
- Consolider les bases de la relance de l'économie nationale ;
- Renforcer les mécanismes d'intégration et de généralisation de la protection sociale,
- Renforcement du capital humain,
- Réformer le secteur public et renforcer les mécanismes de gouvernance.
>Le cadre macroéconomique pour les trois prochaines années 2022-2024:
Les perspectives de croissance devraient s'améliorer au cours de 2022 pour atteindre 3,2%, en se rapprochant progressivement du niveau à moyen terme au cours des années 2023 et 2024, avec des taux de 3,8 % et 4%, respectivement, compte tenu de l'hypothèse d'une campagne agricole moyenne avec un rendement compris entre 70 et 74 millions de quintaux.
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