Aéronautique : « Il y aura bientôt de bonnes nouvelles » (Karim Cheikh)

Pour Karim Cheikh, président du Groupement des Industries marocaines aéronautiques et spatiales, l'annonce de la fabrication du PC-12 de Pilatus au Maroc peut présager d'autres bonnes nouvelles, car la plateforme marocaine est "attractive et compétitive".

Aéronautique : « Il y aura bientôt de bonnes nouvelles » (Karim Cheikh)

Le 1 septembre 2021 à 19h39

Modifié 2 septembre 2021 à 8h23

Pour Karim Cheikh, président du Groupement des Industries marocaines aéronautiques et spatiales, l'annonce de la fabrication du PC-12 de Pilatus au Maroc peut présager d'autres bonnes nouvelles, car la plateforme marocaine est "attractive et compétitive".

Le Suisse Pilatus Aircraft a confié à Sabca Maroc le montage à Casablanca de l’aérostructure de son avion d’affaires PC-12. Le contrat a été signé le lundi 30 août 2021. Une bonne nouvelle pour le secteur de l’aéronautique qui traverse une zone de fortes turbulences en raison de l’impact de la pandémie sur le trafic aérien.

Pour Karim Cheikh, président du Groupement des Industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS), « ce projet, qui consiste en le développement d’un nouveau programme au Maroc avec un investissement de 180 millions de DH, est un témoignage de la confiance des industriels dans la plateforme aéronautique marocaine et une preuve qu’elle est reconnue au niveau international ».

Les atouts de la plateforme Maroc

« C’est une annonce importante. Pendant la crise, l’industriel cherche à optimiser ses investissements, il regarde de très près les détails de son projet. Cela prouve donc que la plateforme aéronautique marocaine est crédible et compétitive », explique-t-il à Médias24.

Selon lui, plusieurs paramètres entrent en ligne de compte. « D’abord, nous avons une infrastructure industrielle de standard international. Ensuite, nous disposons d’une ressource humaine hautement qualifiée grâce aux différentes offres de formation, dont celles dispensées au niveau des deux instituts gérés par le GIMAS. »

« Pour le reste, les écosystèmes mis en place dans le cadre du PAI jouent un rôle déterminant dans l’attractivité de la plateforme aéronautique. Le projet Pilatus Aircraft, par exemple, fait partie de l’écosystème Aérostructure. Quand le Maroc a été sollicité, nous avions un écosystème établi. C’est un indicateur qui parle aux industriels, notamment une entreprise qui fait la pièce de moteur d’avion », poursuit notre interlocuteur.

Le Maroc se positionne sur le Best Cost

Début août, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moulay Hafid Elalamy, a effectué une tournée américaine auprès des fournisseurs de Boeing pour essayer de densifier l’écosystème Boeing dans le Royaume. Doit-on s’attendre à d’autres bonnes nouvelles ?

« Les discussions lors des tournées sont toujours très intéressantes et elles montrent que notre plateforme est connue et reconnue. Les personnes qu’on rencontre sont déjà informées de ce qui existe. Le chemin pour l’acte d’investir au Maroc est déjà bien tracé », nous répond le président du GIMAS.

« Ce sont généralement des investissements lourds et sur le long terme, qui ont besoin d’ancrage. Cela dit, il y aura bientôt de bonnes nouvelles« , nous promet-il sans donner plus de détails.

Les discussions pour ce type d’investissement mettent du temps à se concrétiser. Mais une fois l’investissement acté, il est de forte valeur ajoutée, car le Maroc a choisi de se positionner en tant que destination « Best Cost » présentant un bon rapport qualité/prix, et non une base « Low Cost ».

« La compétitivité du secteur aéronautique ne se joue pas sur le prix. Loin de là. Elle se joue sur la qualité de la production et la qualité des ressources humaines. L’industrie aéronautique est une industrie exigeante. Nous avons toujours défendu un positionnement Best Cost pour le Maroc. Ceux qui veulent jouer sur les prix ou veulent avoir des ateliers déportés ne nous intéressent pas », expose Karim Cheikh.

Les opérateurs marocains s’arment pour la reprise

En ce qui concerne les perspectives de reprise, le président du GIMAS souligne que « le secteur aéronautique reste soumis aux aléas de la pandémie ». Sa relance dépendra de la levée des restrictions de voyage partout dans le monde, et donc de la reprise de l’aérien. « Nous espérons que, d’ici la fin de l’année, on sortira avec une reprise plus forte. »

En attendant cette relance, les entreprises travaillent sur leur transformation structurelle. « Il y a plusieurs sujets importants sur lesquels nous travaillons. Il s’agit de la décarbonation de notre industrie par l’accès aux énergies renouvelables. Nous travaillons aussi sur la modernisation de notre industrie par l’industrie 4.0 et la digitalisation », nous explique-t-il.

« Dès que le trafic aérien reprendra son rythme de croisière, nous serons prêts à rebondir », affirme Karim Cheikh.

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