Feux de forêt: les détails de la stratégie marocaine qui a permis de limiter les dégâts

Cette année encore, les forêts marocaines n’ont pas été épargnées. Face aux incendies, le pays peut compter sur un dispositif de lutte coordonné par le département des Eaux et forêts et un équipement ad hoc composé d'une flotte d'avions bombardiers Canadair et Turbo Trush, de véhicules de première intervention...

Feux de forêt: les détails de la stratégie marocaine qui a permis de limiter les dégâts

Le 4 septembre 2021 à 11h10

Modifié 4 septembre 2021 à 11h10

Cette année encore, les forêts marocaines n’ont pas été épargnées. Face aux incendies, le pays peut compter sur un dispositif de lutte coordonné par le département des Eaux et forêts et un équipement ad hoc composé d'une flotte d'avions bombardiers Canadair et Turbo Trush, de véhicules de première intervention...

Alors que 2.722 ha de forêts ont été ravagés cette année par les feux au Maroc, le président du Centre national de gestion des risques climatiques forestiers, Fouad Assali, revient pour Médias24 sur le dispositif et la stratégie déployés par le Royaume dans la lutte contre ce fléau.

Du 1er janvier au 31 septembre 2021, 220 feux de forêt se sont déclarés dans le royaume, ravageant une superficie de 2.722 ha. Presque toutes les régions sont touchées, à des degrés divers. La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima concentre 30% des incendies déclarés à l’échelle nationale et représente 55% de la superficie totale incendiée.

En effet, la province de Chefchaouen a été la plus affectée avec 15 incendies enregistrés et près de 1.114 ha de forêts endommagées. Le feu de Dardara-Tanakoub a incendié, à lui seul, 1.100 ha de forêts, dont 60% sont constituées seulement d’essences secondaires.

Plan d’action anticipatif

Le département des Eaux et forêts, en coordination avec l’ensemble des intervenants concernés, à savoir, le ministère de l’Intérieur, la Protection civile, la Gendarmerie royale, les Forces armées royales, les Forces royales air, les Forces auxiliaires et les autorités locales, adopte un plan d’action anticipatif pour la prévention et la lutte contre les incendies de forêt.

Ce plan d’action repose sur quatre principales composantes : la prévention, les prévisions et analyse des risques, la lutte terrestre et aérienne et la réhabilitation.

Mieux vaut prévenir

La prévention englobe toutes les actions qui visent la résorption des conditions favorisant les éclosions des incendies, comme :

– la sensibilisation du grand public,

– l’interdiction des activités qui font usage du feu en forêts (en saison estivale),

– les actions d’aménagement des tranchées pare-feu, de points d’eau, de pistes forestières et de postes de surveillance,

– l’intensification de la sylviculture préventive au niveau des zones à haut et moyen risque pour rendre les forêts moins vulnérables au feu,

– la surveillance, qui comprend le guet terrestre fixe à partir de postes vigies, et mobile avec des unités de patrouilles. La surveillance permet de détecter précocement les feux naissants pour les circonscrire rapidement par le biais de matériels de communication (radios de communications et GSM).

Prévisions et analyse des risques

Cette composante comprend l’élaboration d’outils de prédiction pour évaluer le danger et anticiper le risque par le biais de cartes statique et dynamique d’incendies de forêts. L’objectif de l’analyse des risques d’incendies de forêts est de mettre à la disposition des gestionnaires, un outil cartographique d’aide à la décision pour :

– la définition de priorités en matière d’investissement, notamment pour ce qui concerne les infrastructures, les équipements et les opérations d’aménagement anti-feu en milieu forestier,

– le renforcement du dispositif de surveillance,

– la mobilisation préventive et le pré-positionnement des moyens d’intervention, destinés à favoriser la détection précoce et l’intervention rapide sur les feux naissants, et appuyés par une cartographie des risques.

Lutte terrestre et aérienne

Il s’agit de toutes les actions visant la limitation de la progression du feu. Elle englobe les dispositions prises pour se doter du matériel nécessaire afin de rendre les équipes de lutte opérationnelles, et aussi l’ensemble des procédure mise en place pour partager et définir les rôles et l’ordre de marche de l’ensemble des intervenants, à savoir :

– L’achat de matériel de lutte pour équiper les unités d’intervention,

– L’acquisition de produit retardant pour la lutte aérienne (avions Turbo Trush et Canadair CL415),

– L’équipement des aéroports et des aérodromes stratégiques en infrastructures et matériels adéquats,

– L’équipement des unités de lutte en véhicules de première intervention (VPI).

Signalons que le Maroc s’est doté depuis 2011 de 5 avions bombardiers (Canadair) spécialisés dans la lutte aérienne contre les feux de forêts.

La stratégie d’intervention repose, elle, sur un système gradué à quatre niveaux d’intervention :

– Le premier niveau repose sur une gestion rapide et une prise en charge du départ de feux par les services du département des Eaux et forêts, grâce aux véhicules de première intervention, et aux éléments de la Protection civile avec les camions citernes d’eau.

– Le deuxième niveau est renforcé, en cas de besoin, par le recours aux avions bombardiers (Canadair) d’une capacité de 6 tonnes des Forces royales air et, au niveau terrestre, par les Forces auxiliaires pour protéger les populations, les biens et les équipements sensibles.

– Si le feu est d’importance plus grave, tous les avions de la Gendarmerie royale Turbo Trush interviennent au 3e niveau pour empêcher la progression du feu.

– De plus, il est fait appel, en cas de risque majeur, aux interventions terrestres des Forces armées royales pour permettre la maîtrise définitive des foyers actifs.

Réhabilitation des zones brûlées

La réhabilitation des zones brûlées consiste en une série d’actions conduites sur le court et long terme en fonction de l’analyse de la sévérité de l’incendie, et aussi du diagnostic post-incendie fondé sur des indicateurs de la survie ou de la mort différée de l’arbre.

Juste après le passage du feu, des actions sont envisagées pour pallier les risques nés de l’incendie. Celles-ci visent à protéger le sol de l’érosion et à la mise en défens de la surface brûlée.

A plus long terme, en fonction des conditions naturelles et socio-économiques, la reconstitution du peuplement forestier s’appuiera soit sur la régénération naturelle (par rejets de souches, drageons ou semis), soit sur la régénération artificielle (par plantation de plants élevés en pépinières).

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