Violences infantiles. Une nouvelle affaire, un fléau répandu

Arrêté pour violences sur son fils mineur, un père âgé de 59 ans fait l'objet d'une enquête judiciaire. Les violences infantiles exercées par les parents sont sévèrement punissables. Les chiffres officiels sont en baisse mais restent alarmants.

Violences infantiles. Une nouvelle affaire, un fléau répandu

Le 6 septembre 2021 à 18h10

Modifié 6 septembre 2021 à 19h28

Arrêté pour violences sur son fils mineur, un père âgé de 59 ans fait l'objet d'une enquête judiciaire. Les violences infantiles exercées par les parents sont sévèrement punissables. Les chiffres officiels sont en baisse mais restent alarmants.

Dans un communiqué du 2 septembre, la DGSN annonce l’arrestation, par la police judiciaire de Marrakech, d’un père âgé de 59 ans pour avoir violenté son fils mineur.

Le prévenu, aux antécédents judiciaires, fait l’objet d’une enquête pour déterminer les réelles circonstances de cet acte criminel qui a été filmé et diffusé sur les réseaux sociaux.

Le petit garçon, âgé de 7 ans a, quant à lui, été transporté à l’hôpital afin de procéder aux examens et bénéficier des soins nécessaires, indique le communiqué.

Cette nouvelle affaire de violence infantile rappelle fortement celle de la petite Malak, de Larache, violentée par sa mère. La scène avait également été filmée et diffusée en ligne au mois de novembre 2020. Mais elle rappelle surtout que la maltraitance des enfants, dans le foyer familial, est un phénomène répandu.

Violences exercées par les ascendants, une circonstance aggravante

Selon Me Malika Khalil, avocate au barreau d’Agadir, le fait que l’auteur de l’infraction soit un ascendant de la victime constitue une circonstance aggravante.

En effet, selon les articles 408 et suivants du Code pénal, les actes de violence commis par les parents sont soumis à une sanction plus sévère.

En matière de coups et blessures volontairement portés à un enfant âgé de moins de quinze ans, ainsi que toutes autres violences ou voies de fait à l’exclusion des violences légères, la loi pénale prévoit un emprisonnement allant d’un an à trois ans.

Cette peine peut être portée à un emprisonnement de deux ans à cinq ans “lorsque le coupable est un ascendant ou toute autre personne ayant une autorité sur l’enfant ou ayant sa garde” (article 411 du Code pénal).

Autres circonstances aggravantes : celles prévues à l’article 409. Il dispose que lorsqu’il résulte des actes visés à l’article 408 “une maladie, une immobilisation ou une incapacité de travail supérieure à vingt jours, ou s’il y a eu préméditation, guet-apens ou usage d’une arme, la peine est l’emprisonnement de deux à cinq ans”. Cette peine est doublée lorsque l’auteur de l’infraction est un ascendant ou toute autre personne ayant autorité sur l’enfant ou ayant sa garde.

Pour Me Malika Khalil, les parents sont censés protéger leurs enfants. Ainsi, lorsqu’ils commettent ces actes abominables, la peine est portée au maximum.

L’avocate estime que lorsqu’un parent exerce des violences contre son enfant, cela nécessite un accompagnement psychologique tant pour la victime que pour le coupable.

Près de 90% des auteurs sont les pères

Selon les derniers chiffres communiqués par la présidence du ministère public dans son rapport annuel de 2020, la violence infantile est en baisse au Maroc. Avec 5.650 affaires constatées en 2019, contre 6.702 en 2018, une baisse de 15.69% a été enregistrée.

Cette diminution du nombre d’affaires de violence infantile est certes positive, mais les chiffres communiqués restent effarants.

En effet, 1.459 des personnes poursuivies en 2019, en matière de violences faites aux enfants, sont membres de la famille des victimes, “sachant que les pères représentent 89.17% et que les mères, au nombre de 95, en représentent 6.51%”. C’est ce qu’indique la présidence du ministère public, qui souligne, par ailleurs, que “les violences faites aux enfants constituent une violation des droits humains et représentent un indicateur de la régression des valeurs sociales au niveau de l’éducation et du développement”.

Sur le plan médical, rappelons que l’unité de pédopsychiatrie de Casablanca, qui a commencé à prendre en charge les enfants victimes de violences en janvier 2021, enregistre une moyenne de 2 hospitalisations par mois d’enfants âgés, en moyenne, de 8 ans. Et ce pour une durée de trois mois.

Lors d’une table ronde organisée en juin dernier par l’Institut des sciences politiques, juridiques et sociales (ISPJS) de l’Université Mundiapolis au sujet de la protection de l’enfance, Dr Houda Hjiej, pédopsychiatre et enseignante universitaire au CHU de Casablanca, a indiqué que sur les 11 enfants accueillis au sein de cette unité entre janvier et mai 2021, 10 sont victimes d’ascendants (un parent ou les deux à la fois) et 6 ont subis des violences physiques et psychologiques associées.

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