Afrique : des actions centrées sur le climat nécessaires pour une relance robuste et durable (Rapport)
"Post-Covid-19 Recovery in Africa : Recommendations for Policy Actors" invite les pays africains à intégrer l'action environnementale et climatique dans leurs plans de relance économique. Le rapport formule des recommandations à l'intention des acteurs politiques sur la meilleure façon d'orienter leurs initiatives, en vue d'une reprise post-Covid.
Le rapport s'appuie sur trois études de cas menées en Afrique de l'Est, en Afrique de l'Ouest et en Afrique du Nord. Il examine l'impact de la pandémie de Covid-19 dans chaque région, et propose des actions que les acteurs politiques africains peuvent mener seuls ou en coordination avec les partenaires internationaux du développement.
Ainsi, les pays africains qui incluent des actions contre le changement climatique comme objectif central dans la planification et la mise en œuvre de leurs plans de relance économique post-Covid-19 sont plus susceptibles d'attirer des financements, de relever les défis sociaux et d'atteindre une croissance robuste et durable, selon un nouveau rapport de Power Shift Africa, un think-thank panafricain.
Le document fait observer, entre autres, que le Maroc figure parmi les pays d’Afrique ayant fait de grands pas dans l'investissement dans l'énergie propre, notamment dans l'énergie solaire. De même, il souligne l'ambition du Royaume d'augmenter la part d'énergies renouvelables à 52 % de la production d'électricité en 2030, ce qui devrait créer quelque 50 000 emplois dans ce secteur.
"L'action climatique immédiate et le financement sont des paramètres clés pour une reprise verte, résiliente et inclusive en Afrique à l'approche de la COP26", déclare Fathallah Sijilmassi, co-auteur du rapport et président fondateur de Positive Agenda Advisory. "Il faut agir maintenant et il existe une opportunité en or d'en faire un tournant pour la croissance et le développement accélérés de l'Afrique."
Voici une liste des actions et politiques clés à destination de l'Afrique, et ce, pour une relance verte et durable :
- travailler avec les législatures nationales et locales pour améliorer les cadres législatifs et politiques existants, en soutenant des budgets et une planification financière centrée sur les individus pour promouvoir la qualité de la croissance ;
- utiliser toutes les voies et ressources disponibles pour redresser le fardeau de la dette souveraine et commerciale qui limite les capacités des pays africains à financer la relance post-Covid-19 ;
- intégrer des programmes de soutien innovants robustes pour les PME, entre les agences gouvernementales et les entreprises ;
- engager le Fonds monétaire international (FMI), les créanciers bilatéraux et multilatéraux à offrir un allégement de la dette et le décaissement rapide d'une facilité de crédit ;
- assurer une protection sociale délibérée et une meilleure régulation du marché du travail, de manière à lutter contre les inégalités systémiques et institutionnelles ;
- faire des efforts concertés pour orienter la politique vers des investissements durables ;
- intégrer l'adaptation au changement climatique, le renforcement de la résilience et les investissements verts dans la recommandation post-Covid-19.
"Chaque dollar investi dans la relance verte génère jusqu'à 6 $"
Le rapport avertit également qu'une focalisation étroite sur la reprise économique, en ignorant le changement climatique et les objectifs plus larges de développement durable, coûterait à l'Afrique plus de douleur économique à long terme.
"Certains ont l'impression que de telles interventions de relance verte ont un coût, mais ce n'est pas le cas - surtout après la pandémie", a déclaré le professeur Rym Ayadi, président de l'Euro-Association des économistes de la Méditerranée.
Avant d'ajouter que "chaque dollar investi génère jusqu'à 6 $ en retour. Les investissements dans la reconstruction sont des éléments essentiels à toute reprise et nous pouvons désormais également exploiter une valeur ajoutée environnementale et climatique".
"La pandémie est un moment de réinitialisation et offre une chance de s'éloigner des actifs de combustibles fossiles échoués et d'investir dans l'énergie propre du futur", a déclaré Mohamed Adow, co-auteur du rapport et directeur fondateur de Power Shift Africa.
"L'Afrique est bénie par le vent et le soleil, ce qui en fait le fondement de notre rétablissement. C'est le moyen le plus rapide et le plus durable d'assurer la prospérité de l'Afrique", ajoute-t-il.
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