Développement du secteur privé : une analyse commune inédite de la BAD, la BEI et la BERD

En ces temps de pandémie de Covid-19, le développement du secteur privé au Maroc fait face à plusieurs défis, mais les opportunités ne sont pas absentes. Cette question a fait l'objet d'une analyse par la BAD, la BEI et la BERD qui a été présenté, jeudi 23 septembre 2021. Détails.

Développement du secteur privé : une analyse commune inédite de la BAD, la BEI et la BERD

Le 24 septembre 2021 à 10h40

Modifié 24 septembre 2021 à 13h55

En ces temps de pandémie de Covid-19, le développement du secteur privé au Maroc fait face à plusieurs défis, mais les opportunités ne sont pas absentes. Cette question a fait l'objet d'une analyse par la BAD, la BEI et la BERD qui a été présenté, jeudi 23 septembre 2021. Détails.

Il s’agit de la première analyse commune à trois institutions financières internationales. Ce rapport relève les défis auxquels sont confrontés les entreprises marocaines, dans le contexte actuel de crise sanitaire, économique et sociale. Il expose également les opportunités qui leur sont offertes.

Les trois banques soulignent que la poursuite du développement du secteur privé pourrait favoriser l’inclusion et une hausse de l’emploi. « À court terme, l’augmentation de la dette publique limitera la marge de manœuvre budgétaire et l’investissement public. Il est donc primordial que le pays renforce la dynamique du secteur privé », explique-t-on dans ce rapport.

D’une autre côté, la pandémie a également mis en évidence la dépendance des industries marocaines vis-à-vis d’un nombre limité de produits et de marchés. Une plus grande diversification économique et une participation accrue aux chaînes de valeur mondiales sont ainsi essentielles pour garantir, à l’avenir, une croissance plus inclusive, plus résiliente et tirée par le secteur privé. La lutte contre les disparités régionales jouera un rôle crucial à cet égard.

La stimulation des investissements privés rencontre diverses difficultés. Selon le rapport, la stratégie de développement du secteur privé au Maroc visait surtout à attirer des investissements directs étrangers, principalement par l’intermédiaire d’ »écosystèmes industriels » qui se concentrent sur un petit nombre d’entreprises.

« Alors qu’elles représentent environ 90% des entreprises marocaines, les PME peinent à investir, à accroître la valeur ajoutée, à se développer et à embaucher », expliquent les experts des trois institutions financières.

Améliorer l’administration en ligne

Selon le rapport, les entreprises marocaines dénoncent régulièrement des entraves à leurs activités : des difficultés d’accès aux terrains industriels, un faible niveau de capital social, des obstacles bureaucratiques, un système judiciaire lent et des procédures de marchés publics trop lourdes.

Pour y faire face, la même source explique que l’informatisation des procédures et des processus, notamment sous la forme d’initiatives visant à améliorer l’administration en ligne, peut s’avérer cruciale pour libérer le potentiel de l’investissement privé.

Accélérer la stratégie d’inclusion financière

D’autre part, trop d’entreprises peinent à accéder au financement bancaire, tant pour les fonds de roulement que pour les investissements. « L’intermédiation financière est freinée par la concentration relativement élevée des prêts bancaires, dans quelques grandes entreprises, par des exigences strictes en matière de collatéral et par la disponibilité limitée d’informations sur le crédit », explique le rapport, ajoutant qu’une grande partie de la population « n’a ni compte bancaire, ni relation active avec une institution financière ».

« Il s’avère donc essentiel d’accélérer la mise en œuvre de la stratégie nationale d’inclusion financière, notamment en renforçant le rôle clé des institutions financières non bancaires, telles que les organismes de microcrédit et les sociétés de crédit-bail », recommande le rapport.

Pousser le secteur privé à participer aux chaînes de valeurs mondiales

L’investissement privé peut se développer au Maroc, s’il met à profit les possibilités offertes par une plus grande participation aux chaînes de valeur mondiales et une intégration plus poussée en Afrique subsaharienne.

L’expansion récente de banques marocaines, ainsi que les importants investissements directs étrangers du Maroc, vers l’Afrique subsaharienne témoignent d’une intégration plus poussée avec le reste du continent. Les recommandations stratégiques visant à promouvoir l’intégration dans l’avenir comprennent :

– l’accroissement des investissements directs étrangers, le soutien aux CVM (évolution des chaînes de valeur mondiales) et leur renforcement ;

– l’élimination des obstacles actuels à une intégration plus poussée en Afrique ;

– l’amélioration de l’accès aux financements et la diversification des instruments financiers ;

– la définition de politiques industrielles appropriées.

Voici le lien pour accéder au rapport complet : Rapport Private sector Maroc – Enjeux et perspectives.

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