Pénurie des semi-conducteurs : le secteur automobile marocain moins impacté que d'autres ?
La crise internationale des semi-conducteurs crée des ruptures dans les chaînes de production des constructeurs automobiles, dans le monde entier. Le Maroc ne fait pas exception, mais semble moins impacté que d'autres pays. Explications.
Les usines automobiles dans le monde sont actuellement contraintes à des arrêts de production. En cause, la pénurie des semi-conducteurs, des puces électroniques largement utilisées dans plusieurs industries, y compris celle de l'automobile. Une voiture peut ainsi nécessiter, selon les modèles, jusqu'à 6.000 semi-conducteurs.
Ces puces font aujourd'hui défaut sur le marché mondial, en raison de la crise sanitaire. En effet, au début de la pandémie, plusieurs fabricants de semi-conducteurs avaient dû cesser leur production ; mais à leur réouverture, les usines ont dû faire face à une importante demande, liée essentiellement à l'explosion de celle des équipements informatiques (télétravail, confinement...). Or la part du marché automobile dans la demande de semi-conducteurs reste minime. C'est pourquoi les producteurs servent les autres secteurs en priorité.
En France, la presse évoque des arrêts de production dans les usines de Stellantis, de Renault et de Toyota.
A l'annonce de ses résultats à fin juillet, Renault Group a estimé sa perte de production pour le premier semestre 2021 à environ 220.000 unités.
"L'évolution de la situation Covid en Asie du Sud-Est, au cours de l'été, a entraîné une détérioration de la situation de l'approvisionnement en semi-conducteurs. Nous manquons de visibilité sur les mois à venir et maintenons une cellule de crise quotidienne sur le sujet, pour gérer au mieux l'évolution de la situation", a expliqué le Groupe.
Les usines marocaines connaissent des perturbations
Qu'en est-il alors du Maroc qui abrite deux importantes plateformes de production des groupes Renault et Stellantis ? Le pays est incontestablement affecté également.
Selon Renault Group Maroc, contacté par Médias24, "plusieurs jours d’arrêt d’activité ont été enregistrés, depuis le début de la crise des composants".
"Nous continuons à nous adapter, grâce à la flexibilité de notre outil industriel, aux contraintes d’approvisionnement, tout en sécurisant au maximum les lancements de nouveaux véhicules", nous explique-t-on.
"Nous n'avons pas de visibilité pour le moment, nous ajustons la production en fonction de l’évolution", poursuit Renault Group Maroc.
De son côté, Stellantis n'a pas donné suite à nos questions sur le sujet.
Le Maroc "relativement" moins touché
Une source qui suit ce dossier de près nous apprend "que le Maroc est, relativement; moins touché que d'autres pays par cette pénurie". Cela s'explique par le fait que les constructeurs privilégient la logique de parts de marché à préserver, dans la gestion de leur stock de semi-conducteurs.
En clair, avec un calendrier d'approvisionnement incertain et un stock limité, les constructeurs automobiles font tourner les usines qui fabriquent les modèles les plus demandés, dans une logique de positionnement et de préservation de parts de marché.
"Il se trouve que les voitures fabriquées au Maroc sont fortement demandées", nous révèle-t-on. Cela n'empêche pas que des arrêts de la chaîne de production soient bel et bien enregistrés.
D'ailleurs, il y a même une crainte que les chiffres à l'export soient affectés d'ici la fin de l'année 2021.
A fin juillet 2021, le Maroc a exporté 18,9 milliards de DH sur le segment construction automobile (donc hors câblages et intérieurs-sièges), en hausse de 41% par rapport à la même période de 2020, où la crise sanitaire battait son plein.
Cette performance est donc à relativiser, car les exportations automobiles en 2021 sont encore en deçà des réalisations de 2019, où à fin juillet le Maroc avait exporté l'équivalent de 19,8 milliards de DH.
Avec cette crise des semi-conducteurs, la situation risque de s'aggraver.
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