Trésors cachés du Mont Tropic : Mythe ou réalité ?

Enfouis depuis des centaines de millions d’années dans les fonds marins au sud du Maroc, les ressources minières de ce Mont découvert en 2016 sont potentiellement porteuses de richesses pour le pays. Mais elles peuvent être aussi une source de grands conflits régionaux et une malédiction environnementale pour le Royaume, selon des experts consultés par Médias24. Décryptage d’une énigme, objet de tous les fantasmes.  

Trésors cachés du Mont Tropic : Mythe ou réalité ?

Le 3 octobre 2021 à 18h59

Modifié 4 octobre 2021 à 8h12

Enfouis depuis des centaines de millions d’années dans les fonds marins au sud du Maroc, les ressources minières de ce Mont découvert en 2016 sont potentiellement porteuses de richesses pour le pays. Mais elles peuvent être aussi une source de grands conflits régionaux et une malédiction environnementale pour le Royaume, selon des experts consultés par Médias24. Décryptage d’une énigme, objet de tous les fantasmes.  

Le Mont Tropic, appelé communément « Jabal Tropic », est l’objet depuis quelques mois, de tous les fantasmes.

Sur les réseaux sociaux, des centaines de vidéos de youtubeurs, improvisés en scientifiques et analystes géopolitiques, ainsi que des politologues et experts en relations internationales, ayant pignon sur rue, expliquent tous les événements diplomatiques et géopolitiques des deux dernières années par les trésors cachés de ce fameux Mont, découvert fin 2016, par une mission de recherche britannique dans les fonds marins du sud du Maroc.

Délimitation en 2019 des eaux frontalières marocaines, reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara en 2020, crise diplomatique avec l’Allemagne et l’Espagne, l’affaire Pegasus et la campagne des médias français contre le Maroc… Pour ces experts et apprentis experts, toutes les grandes affaires et évolutions qu’a connues le Royaume, sur la scène internationale ces deux dernières années, sont liées au Mont Tropic, qui recèlerait selon la mission britannique des richesses minières stratégiques.

C’est la thèse avancée également par un scientifique marocain basé en Europe, qui a pris beaucoup de précautions pour nous parler du sujet. Mais à la différence des théories circulant sur les réseaux sociaux, son argumentaire, à lui, est structuré, se basant sur des données scientifiques, dont il extrapole une analyse géopolitique qui lui fait dire qu’aujourd’hui « le Mont Tropic est au cœur de la guerre des terres rares ».

La géopolitique des Terres rares

« Les éléments des terres rares sont un groupe de 17 métaux qui comprend les 15 lanthanides du tableau périodique ainsi que l’yttrium et le scandium, qui possèdent des propriétés chimiques similaires. En tant qu’intrant pour une variété d’industries de pointe, les terres rares jouent un rôle essentiel dans l’économie moderne. Ensemble, ces éléments se retrouvent dans tout, des écrans LED aux systèmes d’armes. Par exemple, l’europium et le terbium sont des composants clés des téléviseurs, tandis que le néodyme et le samarium sont utilisés pour guider les missiles de précision et les bombes intelligentes. Leurs propriétés spéciales de luminescence, magnétiques et optiques font des terres rares un ingrédient essentiel dans une large gamme de produits tels que les avions de combat, les missiles balistiques, les systèmes de guidage, les écrans électroniques, les lasers, les radars, les sonars, les systèmes de communication, le GPS, les satellites, les raffineries de pétrole, l’automobile. L’industrie, les piles à combustible, l’industrie aéronautique, les produits de consommation de haute technologie haut de gamme comme les téléphones portables, les disques durs d’ordinateur, les éoliennes, les moniteurs à écran plat, les fibres optiques, les LED, les panneaux solaires et aussi dans presque toutes les applications d’énergie propre et de technologie verte », explique notre scientifique qui requiert l’anonymat.

Intrant essentiel à toutes ces industries de pointe et du futur, ces terres rares sont toutefois monopolisées dans le marché mondial par la Chine, qui en contrôle l’extraction et la transformation, contrairement aux États-Unis, à l’Australie, à la Russie, au Vietnam ou au Brésil qui disposent de terres rares dans leur sol, mais qui ne maîtrisent pas toute la chaîne de valeur de leur transformation. Selon notre scientifique, sans les terres rares extraites et traitées en Chine, l’Amérique serait incapable de fabriquer du matériel militaire.

« La Chine est le principal acteur à toutes les étapes de la production de terres rares, sa domination augmentant à mesure que la production se déplace vers l’aval. La Chine détient les plus grandes réserves de terres rares au monde, environ 37 % du total mondial. Le Vietnam et le Brésil détiennent chacun environ 18 % des réserves mondiales et les États-Unis 1,17 %. Les entreprises chinoises contrôlent plus de 85 % de l’étape de transformation coûteuse de la chaîne d’approvisionnement et ont produit plus de 70 % de l’approvisionnement mondial en métaux des terres rares en 2018 », souligne notre source.

Pourtant, les Etats-Unis étaient entre les années 1960 et 1980, le premier producteur mondial d’éléments de terres rares, notamment dans la mine Mountain Pass en Californie. Mais ils ont été obligés par la réglementation d’arrêter cette industrie considérée, comme potentiellement dangereuse par les éléments radioactifs qu’elle émet dans l’environnement.

« En 1980, une mauvaise classification des terres rares a eu des conséquences catastrophiques pour l’exploitation minière des terres rares aux États-Unis. La Commission de réglementation nucléaire et l’Agence internationale de réglementation ont placé l’extraction de terres rares sous les mêmes réglementations que l’extraction de thorium, un élément radioactif qui disparaît lors du traitement de minéraux de terres rares lourds comme la monazite. Jusqu’aux années 1980, Mountain Pass en Californie était la principale source mondiale d’éléments de terres rares. En 1974, il représentait 19.900 tonnes, soit 78 % de la production mondiale. La production a plongé jusqu’à un tiers de la production mondiale en 1992 et à 5 % seulement en 2002. La mine de Mountain Pass, exploitée à pleine capacité dans les années 1990, produisait chaque minute 850 gallons de déchets salés contenant des traces de matières radioactives. Des déversements occasionnels de ces déchets dans le désert ont également été signalés. L’État de Californie a ordonné le nettoyage des déchets. En 2002, la « Molycorp » (société qui exploitait la mine, ndlr), déjà en difficulté, a manqué d’espace pour stocker les déchets de Mountain Pass et, par conséquent, la mine a été fermée », rappelle notre source.

Cette fermeture de la mine américaine a ainsi ouvert une autoroute pour la Chine (moins regardante sur les normes écologiques) sur ce marché, dont elle détient depuis un quasi-monopole.

Résultat des courses : entre 2014 et 2017, les Etats-Unis ont importé 80 % de leur approvisionnement de Chine, raconte notre expert. Un changement qui n’était pas une coïncidence mais plutôt la conséquence d’un effort concerté du gouvernement chinois pour inonder le marché mondial des terres rares, selon le département américain de la Défense.

« Le soutien de l’État, associé à des coûts de main-d’œuvre moins élevés et à des normes environnementales moins strictes, a permis l’essor des terres rares en Chine. L’ancien dirigeant chinois Deng Xiaoping a déclaré en 1987 que si « le Moyen-Orient a du pétrole, la Chine a des terres rares« , préfigurant la volonté de la Chine d’utiliser son influence sur la chaîne d’approvisionnement de l’industrie », souligne notre expert.

Mieux (ou pis), la Chine qui possède 37% des réserves de terres rares dans le monde fournit 90 % du marché mondial, car disposant de la chaîne industrielle de terres rares la plus complète au monde. Ce qui signifie, selon notre expert, que pour utiliser pleinement les terres rares extraites dans divers pays, elles doivent venir en Chine pour y être traitées.

En contrôlant cet intrant essentiel dans l’industrie de l’armement et de l’espace, la Chine possède désormais une carte maîtresse dans ses relations internationales. Une carte qu’elle avait déjà utilisée contre le Japon en septembre 2010, en arrêtant ses exportations après un incident entre un navire de la marine japonaise et un bateau de pêche chinois près des îles Senkaku, dont le Japon et la Chine revendiquent tous deux la propriété.

« Si les présidents de la guerre froide, de Harry Truman à Ronald Reagan, savaient que la défense nationale de la nation reposait sur des technologies provenant de ses adversaires anciens et actuels, ils se retourneraient sûrement dans leur tombe », commente notre expert pour illustrer les gros enjeux qui se trament derrière cette guerre froide des terres rares et qui expliquent l’animosité de l’administration américaine contre la Chine, dès l’ère Obama.

Une animosité qui s’est durcie sous Trump et va encore crescendo sous Biden. À en juger, note notre expert, par un récent décret du président Joe Biden appelant à un examen majeur de 100 jours des chaînes d’approvisionnement stratégiques américaines, y compris les terres rares, afin de stimuler la production nationale. Une démarche qui montre que Washington commence à prendre ce risque plus au sérieux que jamais…

Le Mont Tropic, ou quand le Maroc entre en scène

Et c’est dans ce contexte tendu entre les deux puissances mondiales que le Maroc entre en jeu.

Tout a commencé fin 2016, comme nous le raconte notre expert. « Des scientifiques à bord du navire de recherche britannique James Cook sont arrivés à 500 kilomètres au large des côtes du nord-ouest du Sahara marocain, à la recherche de deux trésors liés par une malédiction. Submergé à 1 kilomètre sous le navire, dans une obscurité permanente et une pression écrasante, se trouvait un volcan mort, le Tropic Seamount. Un trésor fleurissait sur ses flancs : une véritable forêt sous-marine multicolore. Une grande partie de cette vie s’accrochait à la roche recouverte d’une peau noire et bosselée aussi fade que l’asphalte. Cette croûte, d’environ 12 centimètres d’épaisseur, est l’autre trésor, riche en minéraux rares qui aident à stimuler l’économie moderne. Rien que sur le mont Tropic Seamount, il pourrait contenir suffisamment de cobalt pour alimenter 277 millions de voitures électriques, ce qui représenterait actuellement 54 fois la flotte mondiale de ces types de véhicules, et suffisamment de tellure pour construire des panneaux solaires générant plus de la moitié de l’électricité du Royaume-Uni ».

Ce mont sous-marin a commencé comme un volcan, il y a 120 millions d’années. Il se trouve à la queue sud d’une chaîne qui comprend des sommets submergés, ainsi que les îles Canaries au large des côtes du Sahara marocain. Le mont sous-marin s’élève à 3 kilomètres du fond de l’océan et est surmonté d’un plateau de 50 kilomètres de large, à 1 kilomètre sous la surface de la mer. Au-dessus du sol, il se classerait parmi les 100 plus hautes montagnes du monde.

Cette découverte annoncée par la mission britannique n’a pas manqué de mettre ce Mont Tropic sous les radars de la communauté internationale. A commencer par les Espagnols qui ont envoyé, selon notre expert, des expéditions exploratoires, pour à la fois, prospecter la zone du Mont Tropic mais, aussi, pour documenter une demande d’extension de sa Zone Économique Exclusive (ZEE) à l’ONU, en se fondant sur la continuité du plateau continental.

« L’Espagne, dans un soubresaut de vieux conquistador, voulait annexer de cette manière le Mont Tropic, situé à 269 milles marins de la limite méridionale des îles Canaries. Or pour le Maroc et selon cette même convention de Montego Bay, les îles d’un Etat n’ouvrent pas droit à une Zone Économique Exclusive mais, à une mer territoriale de 12 milles (22 km) et que les Canaries sont dans ce cas, puisqu’il ne s’agit pas d’un Etat-archipel. Ce qui revient à dire que le Mont Tropic ne peut être annexé à la ZEE des Îles Canaries », soutient notre expert.

C’est ce qui explique, selon notre source, la réaction rapide du Maroc qui a décidé de fixer, définitivement, ses frontières maritimes en conformité avec le droit maritime international. Une procédure achevée en 2019 par l’adoption (de manière urgente) par le Parlement de deux lois sur les frontières maritimes, fixant jusqu’à 200 milles marins la zone économique exclusive du Royaume face à ses côtes y compris celles de son Sahara.

« Ce qui revient à dire que le Mont Tropic se trouve, désormais, dans la zone maritime marocaine et non plus espagnole. C’est d’ailleurs ce qui a poussé le ministère espagnol des Affaires Étrangères à rappeler à cette époque, que la délimitation des eaux de « pays voisins » devait se faire dans le cadre du respect de la convention sur le Droit de la mer, mais aussi par accord mutuel. Mais le Maroc a été plus rapide et s’est montré intransigeant sur ses domaines maritimes, en conformité, avec le droit international », souligne notre expert.

Une démarche que l’Espagne et les Européens ont mal digéré, surtout après l’alliance maroco-américano-israélienne conclue en décembre 2020 qui a débouché sur la reconnaissance par les États-Unis de la marocanité du Sahara et par la reprise des relations diplomatiques entre Rabat et Tel Aviv.

Un soutien américain, que notre expert lie de manière directe à la découverte du Mont Tropic et à la volonté des États-Unis de sortir de sa dépendance en minerais rares vis-à-vis de la Chine.

Un soutien qui ne s’est pas arrêté là, puisque Washington et son administration actuelle ont fourni au Maroc des armes super sophistiquées.

« En faisant cela, les Américains ont voulu donner au Maroc plus d’assurance et surtout plus de poids dans cette région du globe. Cela veut dire encore que les Américains ont placé leur confiance au Maroc et ont décidé de l’aider à résoudre son problème territorial», précise notre source.

« Les américains n’allaient certainement pas laisser filer une manne en cobalt et en lithium appartenant à un pays ami, avec une réciprocité d’intérêts communs, dériver vers une économie européenne ou peut être du côté du soleil levant, qui risquerait de mettre à nouveau en difficulté le développement de ses secteurs industriels », ajoute notre source.

« Le Mont Tropic n’est pas une terre rare », selon Rachid Yazami

Le récit et l’analyse de notre expert se tiennent jusque-là. Sauf que le Mont Tropic n’est pas considéré comme une terre rare, comme nous le confirme le chimiste marocain Rachid Yazami, une des sommités mondiales du domaine.

« Les terres rares contiennent des minerais très précis que l’on classe dans la famille des lanthanides (samarium, néodyme, praséodyme et dysprosium, terbium, dysprosium, scandium… ndlr). Selon les annonces de la mission britannique, le mont Tropic contient surtout du Cobalt et du Lithium, des minerais qui ne font pas partie de cette famille. Mais qui sont tout aussi stratégiques. Quand on est scientifique, il faut être précis. Terre rare ne veut pas dire minerai stratégique, rare ou qui peut devenir rare. Le Cobalt a toujours été un minerai stratégique par exemple. Il le devient encore plus aujourd’hui avec la transition énergétique qui est en marche », explique celui dont les travaux sur les batteries en lithium ont été couronnés en 2014, par le prix Draper équivalent du Nobel pour les ingénieurs.

Cette importante nuance apportée par le Dr. Yazami replace les choses dans leur contexte : le Maroc est bien entré dans une guerre, mais pas celle des terres rares.

Même s’il ne fait pas partie des terres rares, le cobalt est très stratégique dans le monde actuel. C’est un métal de transition qui est utilisé dans les batteries électriques, les alliages, les aimants… Avec le virage vert que connaît le monde, dans les énergies renouvelables ou dans l’industrie automobile, le marché du cobalt explose. C’est le seul marché qui croît de 25% par année.  Si ces données avancées par la mission britannique s’avèrent vraies, on peut dire que le Maroc est entré dans la cour des grands et sera un des grands acteurs de l’industrie du futur et de la transition écologique, surtout avec le besoin croissant en batterie en lithium », explique Rachid Yazami.

Cela peut-il expliquer la tectonique des plaques qui se jouent dans la région ? « Je ne suis pas un politique. Mais au vu des expériences passées, si ces richesses en cobalt s’avèrent vraies, exploitables économiquement sans gros risques environnementaux, ça peut effectivement alimenter un conflit régional voire une guerre », nous dit le Dr. Yazami, qui reste, toutefois, assez nuancé dans ses propos, du fait de l’absence d’études sérieuses sur le sujet pour le moment.

« Scientifiquement, il n’y pas d’études sérieuses sur le sujet. Moi, je ne crois que ce que je vois. Il y a des rapports certainement, mais qui doivent être secrets. Mais je n’en n’ai consulté aucun pour l’instant. L’Académie du Maroc dont je fais partie doit lancer d’ailleurs une étude, c’est dans ses prérogatives, mais je crois que le sujet est devenu tellement politique que les scientifiques ne veulent pas y toucher », signale le chercheur.

Terre rare ou non, le seul soupçon de présence de Cobalt en masse dans le Mont Tropic est suffisant pour créer des tensions, aiguiser des appétits et alimenter des conflits régionaux.

Le Mont Tropic, une malédiction marocaine ?

« Le géant américain Tesla est actuellement leader mondial en construction de voitures 100% électriques. Il est bien en avance en termes technologiques par rapport aux firmes européennes. Mais pour préserver son leadership, il a besoin de cobalt, de beaucoup de cobalt, s’il veut multiplier sa production et développer ses ventes à l’international. Le mont Tropic s’avère donc non plus un simple souhait pour les industriels américains mais une vraie nécessité. Et devant des intérêts aussi importants, l’oncle Sam est connu pour ne pas y aller par le dos de la cuillère. Il a certainement conseillé le Maroc sur les décisions à prendre et les démarches à entreprendre en temps opportun. Et les manœuvres navales et aériennes conjointes entre le Maroc et les États-Unis de 2019, 2020 et 2021, au large des côtes sud du Maroc comprenant les territoires maritimes marocains nouvellement introduit, dans sa zone économique, en disent long sur le rôle américain (Operation Sea Breeze de l’African Lion). Les avions militaires avaient même survolé les Îles Canaries sans aucune réaction de l’Espagne. Comme quoi, devant les grands, les petits se taisent… ou comme disait Mussolini, la Société des Nations est très efficace quand les moineaux crient, mais plus du tout quand les aigles attaquent », souligne notre expert marocain basé en Europe, qui contrairement à Rachid Yazami, veut rester loin du sujet, en s’exprimant de manière anonyme.

Et c’est, selon lui, encore le Cobalt du Mont Tropic sur lequel les Américains ont pris une sérieuse option, qui explique en partie la réaction de l’Allemagne qui voyait ces richesses très chères à ses usines de voitures, filer entre les mains d’un pays européen allié pour aller vers une puissance concurrente dans le domaine de l’industrie automobile.

Idem pour le conflit diplomatique avec l’Espagne, qui a fait une coalition selon notre source avec l’Algérie, pour prendre à tout prix au Maroc ses territoires au sud dans le but d’avoir un accès sur L’océan Atlantique et pouvoir réclamer le droit sur ses richesses maritimes quitte à héberger un criminel de guerre avec un faux passeport diplomatique algérien.

« Tout cela peut expliquer pourquoi les Américains et les Anglais en mode Brexit, font l’avocat de notre pays face à une Europe concurrente et vieillissante, à reconnaître la marocanité du Sahara pour pouvoir bénéficier ultérieurement du Mont Tropic de manière tout à fait légale et incontestable », insiste notre source, qui semble sûre de son analyse.

Reste un problème que soulève le Dr. Yazami et que reconnaît aussi notre expert anonyme : l’exploitation des minerais du Mont Tropic.

« Découvrir des minerais dans les fonds sous-marins est une chose, les exploiter en est une autre. Cette montagne se trouve à 1.000 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui rend difficile les opérations d’extraction.  Et cette extraction minière comporte de gros risques environnementaux. Et il n’est pas sûr qu’elle soit compétitive économiquement. Rien n’est encore gagné », estime Rachid Yazami.

Un point de vue que partage notre autre expert qui nous dit que « l’exploitation minière des monts sous-marins n’est pour l’instant qu’un concept ». Mais de nombreux chercheurs pensent, selon lui, que ce n’est qu’une question de temps, avant qu’elle ne devienne une réalité. Il reconnaît toutefois que cette découverte peut se transformer en « malédiction » : « s’attaquer à ces minéraux pourrait signifier détruire les richesses biologiques qui se trouvent au-dessus d’eux », signale-t-il.

Des risques que le Maroc qui se présente comme un champion du climat doit certainement prendre en considération, avant d’entamer toute exploitation de ces trésors cachés du Jabal Tropic.

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