La récolte de riz pourra couvrir 75% de la consommation nationale en 2021-2022
Les producteurs et industriels du riz s’attendent à une bonne récolte cette année. La moisson qui vient de démarrer devrait porter sur une production estimée à près de 71.000 tonnes dans les deux principales zones de production : le Gharb et le Loukkos.
Pour Mohamed El Khalile, président de la Fédération interprofessionnelle du riz (FIR), l’amélioration soutenue des rendements et la dynamique de diversification variétale devraient favoriser à terme la sécurité alimentaire en ce qui concerne cette céréale de base. Entretien.
Médias24 : La récolte du riz vient de démarrer. Quelle est l'estimation de la production ?
Mohammed El Khalile : Avec l’introduction de nouvelles variétés, combinée à l’encadrement des unités industrielles, nous tablons sur un rendement de 8,5 tonnes à l’hectare. Il faut dire également que les conditions climatiques ont été favorables. Au total, la production attendue est estimée à 58.650 tonnes pour la zone du Gharb et à 12.000 tonnes pour celle du Loukkos, soit près de 71.000 tonnes.
A noter que dans le cadre du plan Maroc Vert, une superficie annuelle de 1.600 ha ne doit pas être emblavée en riz en raison du programme de reprise de nivellement des clos rizicoles.
A la fin de ce programme, la production devrait atteindre 106.500 tonnes, ce qui représente la couverture de 100% des besoins nationaux.
- A quel niveau seront couverts les besoins de consommation nationale par l’actuelle campagne ?
- Compte tenu de la production actuelle et des reports de stocks qui ont atteint 6.200 tonnes, soit un total prévu de 76.850 tonnes, la consommation nationale sera couverte à hauteur de 75 %. Mais avec l’achèvement du programme de nivellement l’année prochaine, la totalité de la consommation locale sera couverte par la production nationale.
- Quelles sont les variétés dominantes ?
- Pour le moment, les variétés dites de riz rond (variétés à graines courtes) représentent 80% de la production nationale. Le reste, soit 20%, est constitué de riz medium et de riz long.
- Est-on en phase avec les objectifs du contrat-programme ?
- Pour la filière du riz, tous les objectifs retenus en matière de productivité par unité de surface, de production, de revenus des riziculteurs et de création d’emploi ont été largement dépassés.
- Actuellement, le marché du riz se caractérise par une forte hausse des prix. Quelle explication ?
- Depuis le début de la pandémie de Covid-19 et jusqu’à présent, le prix départ usine varie entre 7,10 DH/kg pour la qualité moyenne et 8 DH/kg pour la qualité supérieure. La différence par rapport au prix observé au niveau du marché est due au circuit de commercialisation, où prédominent les intermédiaires, et principalement au riz importé qui a connu une augmentation importante suite aux perturbations du transport maritime.
- Justement, la concurrence générée par les importations massives s’est-elle estompée ?
- L’importance des reports de stock (soit 6.200 tonnes) est un indicateur révélateur de l’impact des importations massives du riz asiatique sur l’équilibre de la filière ; ces achats ayant atteint 42.000 tonnes en 2018, pour passer à plus de 60.000 tonnes en 2020. Pour cette année et jusqu’au mois de juillet, environ 40.000 tonnes ont été importées, soit un peu plus de 56% des besoins nationaux.
Pour l’interprofession rizicole, si cette situation persiste, l’avenir de la filière sera compromis en dépit des résultats encourageants réalisés.
Il faut aussi souligner le rôle assumé par la filière du riz dans l’approvisionnement continu du marché national, en quantité et à des prix raisonnables, pendant toute la période du confinement au moment où il était quasiment impossible de l’importer.
Pour sauvegarder la filière, plusieurs réunions ont été tenues avec les ministères. Diverses correspondances ont aussi été adressées à ce sujet à ces mêmes ministères, portant sur nos propositions pour résoudre ce problème d’inondation perpétuelle et organisée du marché national par le riz asiatique.
à lire aussi
Article : Coupe du monde 2026. Ismaïl Saibari, une influence tout terrain
Libre comme l’air, l’attaquant a fait preuve d’une générosité incroyable et s’est montré prépondérant dans le succès des Lions de l’Atlas contre l’Écosse, vendredi 19 juin, lors de la 2e journée du groupe C du Mondial 2026. Saibari donne ainsi encore plus de crédit au choix de Mohamed Ouahbi de l’installer en faux numéro neuf.
Article : DOCUMENT. Drones, intégration opérationnelle, sites : le saut stratégique de l'alliance militaire Maroc-USA
Un document américain donne de nouveaux détails sur la feuille de route militaire maroco-américaine 2026-2036. Le Maroc devient la clé stratégique du détroit de Gibraltar et du Sahel.
Article : Trains RER: L'ONCF s'associe à la Corée du Sud pour structurer son futur réseau
Dans l'optique de fluidifier le transport au sein des grandes métropoles régionales d'ici 2030, l'ONCF confie la réalisation et le suivi technique de son futur réseau RER à l'industrie ferroviaire sud-coréenne. Hyundai Rotem assurera l'entretien sur deux décennies tandis que KORAIL encadrera le contrôle qualité de la production et le transfert de compétences vers les équipes marocaines.
Article : Sortie de l'acier, tensions géopolitiques, Mondial 2030... La stratégie d'Aluminium du Maroc expliquée par Abdeslam El Alami
Le groupe industriel installé à Tanger a validé la sortie de son activité acier lors de son conseil d'administration du 12 mai dernier. Son PDG, Abdeslam El Alami, invité du 12/13 de Médias24, explique les raisons de cette décision, revient sur l'impact de la guerre au Moyen-Orient sur ses approvisionnements en billettes d'aluminium, et anticipe la demande du secteur à l'horizon 2030.
Article : Épisode 5. Une nation en mission : quand le football rassemble diplomates, institutions et citoyens dans une même aventure
Les épisodes précédents ont montré comment plusieurs centaines de Marocains ont traversé la planète pour soutenir les Lionceaux de l’Atlas lors de la finale de la Coupe du monde U20 au Chili et comment les joueurs eux-mêmes considéraient ce public comme un acteur de leur réussite. Derrière les joueurs et les supporters se trouvait un ensemble beaucoup plus vaste d’acteurs qui avaient le sentiment de participer à la même mission. Des employés de la Royal Air Maroc aux équipages des avions, des diplomates aux responsables institutionnels, chacun semblait mobilisé autour d’un objectif commun.
Article : Grâce au programme “Nasmaa”, 56 patients opérés pour retrouver le chemin de l'audition
Ils viennent du Maroc, de Palestine ou de plusieurs pays africains. Pour certains, le son n'a jamais fait partie de leur quotidien. Grâce à une nouvelle campagne du programme Nasmaa menée sous l'égide de la Fondation Lalla Asmaa, 56 enfants et jeunes adultes ont franchi une étape décisive vers l'audition.