Sahara. Alger refuse officiellement le processus des table-rondes, le processus politique bloqué?
A quelques jours de la résolution annuelle du conseil de sécurité sur le Sahara, l'Algérie a saisi le conseil de sécurité pour annoncer son refus d'une reprise des tables rondes. Une décision qui risque de torpiller complètement le processus politique initié par l'ONU.
L'affaire peut être rappelée en quelques phrases:
-depuis plusieurs années, la communauté internationale répète, par la voix du Conseil de sécurité, qu'il est impératif de trouver une solution politique à la question du Sahara.
-Cette solution politique doit être pragmatique, basée sur le compromis, réaliste et durable.
-En décembre 2018 et mars 2019, deux tables rondes ont été tenues à Genève, sous la houlette de Hörst Kohler, envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU.
-Ces tables rondes ont vu la participation du Maroc, de l'Algérie, de la Mauritanie et du polisario. L'Algérie se trouvait autour de la table et a participé au même tire que les autres.
-Les deux premières tables rondes ont permis d'avancer sur la voie tracée par le conseil de sécurité comme jamais auparavant.
-Ce processus a été malheureusement interrompu par la démission de Hörst Kohler. Mais les membres du conseil de sécurité ont considéré en avril 2020 qu'il n'y avait pas d'alternative aux tables rondes.
Seules les tables rondes avec la présence des 4 parties ont permis jusqu'à présent, un progrès notable sur la voie d'une solution. Une absence de l'Algérie signifierait la fin du processus onusien car c'est l'Algérie qui finance, qui arme, qui héberge, qui a évacué les Sahraouis vers Tindouf dans les années 1976; qui organise des camps où sont armées les brigades du polisario; où ont été détenus des militaires marocains. C'est l'Algérie qui a créé ce problème régional. C'est elle qui mobilise sa diplomatie et qui en a fait la priorité absolue de sa politique. C'est elle qui refuse, malgré les demandes internationales, d'identifier et de recenser les habitants des camps de Tindouf.
Les déclarations officielles algériennes
"Le format dit de tables rondes pour la reprise des négociations sur le Sahara Occidental, auquel fait référence le projet de résolution sur la prorogation de la Minurso, est inefficace et contre-productif", a déclaré jeudi la délégation algérienne à New York.
Dans une missive envoyée au président du Conseil de sécurité Martin Kimani, et dont le chef de l’ONU a été rendu destinataire, la mission d’Algérie à New York a réagi au format de négociations dits de +tables rondes+ suggéré dans ledit projet.
" Sur instruction de notre gouvernement, je vous écris pour réitérer la position de mon pays, concernant la référence dans le projet de résolution sur le renouvellement de la Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara occidental (Minusro) aux soi-disant tables rondes", écrit la mission dans cette lettre citée par l’APS.
La missive algérienne occulte la participation pleine et entière de Lamamra aux tables rondes, en tant que partie. Il va sans dire que le Maroc n'acceptera, jamais un retour en arrière, dans le processus politique et exigera une participation algérienne pleine et entière au processus.
Sahara : la 2e table-ronde a examiné les “paramètres d'une solution politique”
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