Incendie dans une prison: 1 mort, 26 blessés et la responsabilité de l’Etat en question

La Délégation générale à l’administration pénitentiaire fait état d’un mort et de 26 blessés, suite à un incendie criminel survenu la soirée du dimanche 30 août au centre de réforme et de correction à Salé.

L’incendie serait, selon l’administration, imputable à un groupe de détenus. Mais quid de la responsabilité de l’Etat?

Parmi les 27 victimes, on compte 26 blessés et un mort, Khalil Abdelkader. Celui-ci, précise la délégation contactée par Médias24, purgeait une peine de 6 mois pour vol et menace armée. Souffrant de brûlures graves, il succombera sur son lit d’hôpital le matin du 31 août, soit seulement quelques heures après l’incendie criminel.

Il avait été admis au CHU Ibn Sina Rabat où il avait été transporté d’urgence, ajoute la même source.

Les détenus blessés, quant à eux, souffrent de blessures variables. Certains ont été traités sur place, par les médecins de la Délégation. En revanche, souffrant de brûlures au deuxième degré, 15 autres détenus ont été placés au CHU ibn Sina pour y bénéficier des soins requis.

En attendant les résultats de l’instruction judiciaire, l’administration pénitentiaire fait prévaloir la piste de la mutinerie. Celle-ci serait le fait d’un groupe de détenus, lesquels ont mis feu au centre accueillant des mineurs délinquants.

Déjà, «le samedi 29 août, à 22h30, certains détenus ont tenté de mettre le feu mais ont immédiatement été neutralisés»,  affirme la même source. Dans la foulée, une enquête a été ouverte pour élucider les causes et circonstances de la mutinerie, et ce,rd's"; afin d’identifier les responsables de l’incendie. Ces derniers encourent des poursuites pénales. 

Parallèlement à l’enquête diligentée par la police judiciaire, l’administration pénitenciaire déclare avoir évacué un grand nombre de détenus. Ils seront préventivement placés dans d’autres établissements.

Un fonctionnaire pour quatorze détenus

Les faits sont graves. Selon les dires de l’administration, ils sont l’œuvre d’un groupe de détenus. Ces derniers, si un jugement l’établit et le confirme, engageront leur responsabilité pénale directe et personnelle, avec les conséquences que cela implique.

Certes. Mais qu’en est-il de la responsabilité de l’administration?

Cette responsabilité n’étant pas directe au sens du droit pénal, elle n’en demeure pas moins morale, du moins au sens d’Abdelkader El Kihel, docteur en droit et auteur de la thèse «le traitement répressif au Maroc, étude analytique et critique de la loi régissant les prisons».

Contacté par Médias 24, notre interlocuteur nous confie que le centre de réforme et de correction où s’est produit l’incendie est, en fait, un ancien centre de formation professionnelle. C'est-à-dire, tout bonnement, un établissement impropre à la détention de délinquants, mineurs ou pas.

«Les prisons au Maroc, c’est 1 fonctionnaire pour 14 détenus. Les standards internationaux exigent un gardien pour trois détenus», assène Abdelkader Kihel, ce qui  tranche avec les ambitions affichées lors de la création de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire en 2009: « abaisser le rapport fonctionnaire- détenus à un taux de 1/5», ajoute-t-il.

Cela devait se faire à travers le renforcement tant qualitativement que quantitativement des ressources humaines. 

Sur le plan qualitatif, «nous faisons face à un problème d’encadrement et de spécialisation. Nous avons besoin, surtout en ce qui concerne les centres pénitentiaires pour mineurs,  de personnes pourvues de compétences en matière d’éducation et de communication», précise A. Kihel.

Sur le plan quantitatif, notre interlocuteur déplore un recrutement de plus en plus timoré des fonctionnaires. En effet, selon ses dires, depuis 2009 et jusqu’en 2011, un millier de fonctionnaires rejoignaient l’administration pénitentiaire chaque année.

Un chiffre en régression continue à partir de 2012. Régression qui contraste avec le nombre recrudescent des détenus.

Tout cela engendre une sorte «d’agitation au niveau de la gestion quotidienne des prisons», dénote A.Kihel. Agitation à laquelle s’ajoute l’absence d’équipements et dispositifs anti-incendie, ce qui pourrait en partie expliquer l’incendie mortel du centre de réforme et de correction de Salé.

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Incendie dans une prison: 1 mort, 26 blessés et la responsabilité de l’Etat en question

La Délégation générale à l’administration pénitentiaire fait état d’un mort et de 26 blessés, suite à un incendie criminel survenu la soirée du dimanche 30 août au centre de réforme et de correction à Salé.

 

L’incendie serait, selon l’administration, imputable à un groupe de détenus. Mais quid de la responsabilité de l’Etat?

Parmi les 27 victimes, on compte 26 blessés et un mort, Khalil Abdelkader. Celui-ci, précise la délégation contactée par Médias24, purgeait une peine de 6 mois pour vol et menace armée. Souffrant de brûlures graves, il succombera sur son lit d’hôpital le matin du 31 août, soit seulement quelques heures après l’incendie criminel.

Il avait été admis au CHU Ibn Sina Rabat où il avait été transporté d’urgence, ajoute la même source.

Les détenus blessés, quant à eux, souffrent de blessures variables. Certains ont été traités sur place, par les médecins de la Délégation. En revanche, souffrant de brûlures au deuxième degré, 15 autres détenus ont été placés au CHU ibn Sina pour y bénéficier des soins requis.

En attendant les résultats de l’instruction judiciaire, l’administration pénitentiaire fait prévaloir la piste de la mutinerie. Celle-ci serait le fait d’un groupe de détenus, lesquels ont mis feu au centre accueillant des mineurs délinquants.

Déjà, «le samedi 29 août, à 22h30, certains détenus ont tenté de mettre le feu mais ont immédiatement été neutralisés»,  affirme la même source. Dans la foulée, une enquête a été ouverte pour élucider les causes et circonstances de la mutinerie, et ce,rd's"; afin d’identifier les responsables de l’incendie. Ces derniers encourent des poursuites pénales. 

Parallèlement à l’enquête diligentée par la police judiciaire, l’administration pénitenciaire déclare avoir évacué un grand nombre de détenus. Ils seront préventivement placés dans d’autres établissements.

Un fonctionnaire pour quatorze détenus

Les faits sont graves. Selon les dires de l’administration, ils sont l’œuvre d’un groupe de détenus. Ces derniers, si un jugement l’établit et le confirme, engageront leur responsabilité pénale directe et personnelle, avec les conséquences que cela implique.

Certes. Mais qu’en est-il de la responsabilité de l’administration?

Cette responsabilité n’étant pas directe au sens du droit pénal, elle n’en demeure pas moins morale, du moins au sens d’Abdelkader El Kihel, docteur en droit et auteur de la thèse «le traitement répressif au Maroc, étude analytique et critique de la loi régissant les prisons».

Contacté par Médias 24, notre interlocuteur nous confie que le centre de réforme et de correction où s’est produit l’incendie est, en fait, un ancien centre de formation professionnelle. C'est-à-dire, tout bonnement, un établissement impropre à la détention de délinquants, mineurs ou pas.

«Les prisons au Maroc, c’est 1 fonctionnaire pour 14 détenus. Les standards internationaux exigent un gardien pour trois détenus», assène Abdelkader Kihel, ce qui  tranche avec les ambitions affichées lors de la création de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire en 2009: « abaisser le rapport fonctionnaire- détenus à un taux de 1/5», ajoute-t-il.

Cela devait se faire à travers le renforcement tant qualitativement que quantitativement des ressources humaines. 

Sur le plan qualitatif, «nous faisons face à un problème d’encadrement et de spécialisation. Nous avons besoin, surtout en ce qui concerne les centres pénitentiaires pour mineurs,  de personnes pourvues de compétences en matière d’éducation et de communication», précise A. Kihel.

Sur le plan quantitatif, notre interlocuteur déplore un recrutement de plus en plus timoré des fonctionnaires. En effet, selon ses dires, depuis 2009 et jusqu’en 2011, un millier de fonctionnaires rejoignaient l’administration pénitentiaire chaque année.

Un chiffre en régression continue à partir de 2012. Régression qui contraste avec le nombre recrudescent des détenus.

Tout cela engendre une sorte «d’agitation au niveau de la gestion quotidienne des prisons», dénote A.Kihel. Agitation à laquelle s’ajoute l’absence d’équipements et dispositifs anti-incendie, ce qui pourrait en partie expliquer l’incendie mortel du centre de réforme et de correction de Salé.

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