CEDEAO:

La demande d’adhésion du Maroc à l’espace Cedeao acceptée par les Chefs d’Etat de la communauté ouest-africaine inquiète le secteur privé des pays de la région. Le processus semble être au point mort. Quelle est la situation actuelle? Comment relancer la machine et rassurer les pays voisins? Hassan Benabderrazik, président de la commission commerce extérieur et ALE à la CGEM et négociateur marocain des accords de 2003 avec l’UE, nous apporte son éclairage.

Médias24: La demande d’adhésion à l’espace CEDEAO rencontre quelques difficultés. Quelle est votre lecture de la situation?

Hassan Benabderrazik: Il y un faux procès à ce sujet. Il faut remettre les choses en perspective.

Sa Majesté le Roi fait une demande à ses pairs pour adhérer à un espace régional. On ne voit personne d’autre que Sa Majesté pour faire une telle demande. Malgré toute l’estime que l’on a pour eux, on voit mal le Chef du gouvernement ou le ministre des Affaires étrangère prendre une telle initiative.

Le Roi a fait la demande et les Chefs des pays ont dit oui. Ces Chefs d’Etat ont des opposants parmi lesquels il y a naturellement des chefs d’entreprise qui se demandent pourquoi ils n'ont pas été consultés. Ils n’ont pas beaucoup d’expérience dans la négociation des accords de libre-échange. Ils ne savent pas la complexité de la démarche et qu’il faut consulter le plus largement possible.

Nous arrivons maintenant au stade où il faut à mon avis que le Maroc et les pays de la CEDEAO comprennent que la démarche de Sa Majesté est une démarche politique. C’est une démarche partenariale. C’est une démarche de fraternité. Donc, il faut mettre autour de la table les Marocains et les représentants des pays de la CEDEAO pour discuter des conditions de mise en œuvre de cette décision.

-Le 16 décembre lors du 52e sommet de la CEDEAO, les Marocains s’attendaient à la confirmation juridique de cette décision politique. Mais il n’en fut rien. Par quoi expliquez-vous cela?

-Il y a le temps de la diplomatie et puis il y a les négociations commerciales. L’aspect diplomatique est consacré, comme je l’ai dit, par la demande faite par SM le Roi et l’acceptation des Chefs d’Etat.

Mais quand on parle de commerce, il y a plein de questions concrètes auxquelles il faut répondre et on ne peut y répondre tout seul dans son coin. Il y a tout à faire, et les Chefs d’Etat ne discuteront certainement pas à leurs niveaux de l'unification de la nomenclature en douane, de l'harmonisation des positions tarifaires, quelle position garder, laquelle supprimer... 

-On a l’impression que le processus est au point mort. Comment le relancer?

-Il est impératif que la réponse soit commune et partagée avec les pays membres de la CEDEAO.

Nous frappons à leurs portes pour trouver un accord profitable à tous. Cela se fait par un processus de négociation. La CEDEAO a lancé une étude d’analyse d’impact, ils sont en train de la mener. C'est quand ils auront une étude clairement établie qui mettra en exergue des points bien précis qu’il faudra discuter.

Il faut aussi que le Maroc prenne au sérieux les revendications et les craintes des partenaires. Nous ne sommes pas là pour bouffer de l’entreprise ouest-africaine. Nous sommes là dans un projet politique d’adhésion et de co-construction d’un espace ouest-africain. C’est ça le volet auquel il faut désormais s’intéresser.

Si nous avons besoin de dix ans de transition pour intégrer la CEDEAO, nous prendrons dix ans. On ne construit pas des processus de cette taille et de cette importance en dix mois. Les gens chargés de la mise en œuvre de cette décision politique doivent se réunir pour en discuter. On ne peut pas demander de se mettre immédiatement en concurrence contre tous dans le cadre de l’union douanière. Il faut écouter les gens. S’ils ont besoin de temps de transition, il faut le leur donner. Et de toute façon, le Maroc aussi a besoin d’un temps de transition. 

-À votre avis, quelle posture doit prendre le Maroc dans ces négociations?

-Le Maroc doit venir avec une position forte en disant: "Je ne suis pas là pour détruire l’industrie ouest-africaine". Nous ne sommes pas là pour devenir les néo-colons. Nous sommes là dans le cadre d’un projet politique porté par Sa Majesté et nous sommes prêts à écouter les transitions nécessaires pour les différents pays. On est là dans un projet fraternel de co-construction de l’espace ouest-africain".

Il faut que l’économie soit au service de la politique et cela passe par une mise en négociation des conditions. C’est tout. Il ne faut pas perdre de vue que la CEDEAO est un processus de construction qui a commencé dans les années 70. Cela fait plus de 45 ans que ces pays sont engagés dans la construction d’un ensemble régional économique. On ne peut pas venir perturber un tel processus. On doit les écouter et apporter des réponses claires à leurs craintes légitimes.  

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Hassan Benabderrazik: Il y un faux procès à ce sujet. Il faut remettre les choses en perspective.

Sa Majesté le Roi fait une demande à ses pairs pour adhérer à un espace régional. On ne voit personne d’autre que Sa Majesté pour faire une telle demande. Malgré toute l’estime que l’on a pour eux, on voit mal le Chef du gouvernement ou le ministre des Affaires étrangère prendre une telle initiative.

Le Roi a fait la demande et les Chefs des pays ont dit oui. Ces Chefs d’Etat ont des opposants parmi lesquels il y a naturellement des chefs d’entreprise qui se demandent pourquoi ils n'ont pas été consultés. Ils n’ont pas beaucoup d’expérience dans la négociation des accords de libre-échange. Ils ne savent pas la complexité de la démarche et qu’il faut consulter le plus largement possible.

Nous arrivons maintenant au stade où il faut à mon avis que le Maroc et les pays de la CEDEAO comprennent que la démarche de Sa Majesté est une démarche politique. C’est une démarche partenariale. C’est une démarche de fraternité. Donc, il faut mettre autour de la table les Marocains et les représentants des pays de la CEDEAO pour discuter des conditions de mise en œuvre de cette décision.

-Le 16 décembre lors du 52e sommet de la CEDEAO, les Marocains s’attendaient à la confirmation juridique de cette décision politique. Mais il n’en fut rien. Par quoi expliquez-vous cela?

-Il y a le temps de la diplomatie et puis il y a les négociations commerciales. L’aspect diplomatique est consacré, comme je l’ai dit, par la demande faite par SM le Roi et l’acceptation des Chefs d’Etat.

Mais quand on parle de commerce, il y a plein de questions concrètes auxquelles il faut répondre et on ne peut y répondre tout seul dans son coin. Il y a tout à faire, et les Chefs d’Etat ne discuteront certainement pas à leurs niveaux de l'unification de la nomenclature en douane, de l'harmonisation des positions tarifaires, quelle position garder, laquelle supprimer... 

-On a l’impression que le processus est au point mort. Comment le relancer?

-Il est impératif que la réponse soit commune et partagée avec les pays membres de la CEDEAO.

Nous frappons à leurs portes pour trouver un accord profitable à tous. Cela se fait par un processus de négociation. La CEDEAO a lancé une étude d’analyse d’impact, ils sont en train de la mener. C'est quand ils auront une étude clairement établie qui mettra en exergue des points bien précis qu’il faudra discuter.

Il faut aussi que le Maroc prenne au sérieux les revendications et les craintes des partenaires. Nous ne sommes pas là pour bouffer de l’entreprise ouest-africaine. Nous sommes là dans un projet politique d’adhésion et de co-construction d’un espace ouest-africain. C’est ça le volet auquel il faut désormais s’intéresser.

Si nous avons besoin de dix ans de transition pour intégrer la CEDEAO, nous prendrons dix ans. On ne construit pas des processus de cette taille et de cette importance en dix mois. Les gens chargés de la mise en œuvre de cette décision politique doivent se réunir pour en discuter. On ne peut pas demander de se mettre immédiatement en concurrence contre tous dans le cadre de l’union douanière. Il faut écouter les gens. S’ils ont besoin de temps de transition, il faut le leur donner. Et de toute façon, le Maroc aussi a besoin d’un temps de transition. 

-À votre avis, quelle posture doit prendre le Maroc dans ces négociations?

-Le Maroc doit venir avec une position forte en disant: "Je ne suis pas là pour détruire l’industrie ouest-africaine". Nous ne sommes pas là pour devenir les néo-colons. Nous sommes là dans le cadre d’un projet politique porté par Sa Majesté et nous sommes prêts à écouter les transitions nécessaires pour les différents pays. On est là dans un projet fraternel de co-construction de l’espace ouest-africain".

Il faut que l’économie soit au service de la politique et cela passe par une mise en négociation des conditions. C’est tout. Il ne faut pas perdre de vue que la CEDEAO est un processus de construction qui a commencé dans les années 70. Cela fait plus de 45 ans que ces pays sont engagés dans la construction d’un ensemble régional économique. On ne peut pas venir perturber un tel processus. On doit les écouter et apporter des réponses claires à leurs craintes légitimes.  

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