Le plésiosaure va être racheté par le Maroc puis rapatrié
Au lendemain de la réunion, le mercredi 1er mars, entre l’ambassadeur du Maroc à Paris et le commissaire-priseur chargé de vendre le squelette du reptile marin et qui a abouti à l’annulation de la vente, Médias24 a interrogé les deux protagonistes pour connaître les termes de l’accord qui permettra de rapatrier ce trésor national dans son pays d’origine.
"Les modalités de restitution du plésiosaure au Royaume du Maroc seront discutées lors d’une réunion ultérieure avec le vendeur italien, la maison de vente aux enchères et la partie demandeuse. L’accord se fera de préférence à l’amiable entre les protagonistes", nous révèle Chakib Benmoussa, ambassadeur du Royaume et chargé par les autorités marocaines de négocier l’annulation de la vente et son retour au Maroc.
Malgré notre insistance auprès de l’ambassadeur, nous n’en saurons pas plus sur le montant financier, ni sur le calendrier de l’accord en cours de négociation. Il semble cependant logique que le squelette du plésiosaure sera payé au moins au prix de départ de l’enchère à savoir 350.000 euros.
Contacté à son tour, Maître Alexandre Giquello confirme qu’une nouvelle réunion aura lieu rapidement pour faire aboutir la transaction entre le vendeur et les autorités marocaines.
"Mon interlocuteur [Chakib Benmoussa, NDLR] m’a fait passer un message important en très bonne intelligence même si nous n’étions pas forcément d’accord au départ. Et dans un souci d’apaisement, le vendeur a décidé d’annuler la vente et de prendre en considération le sentiment des Marocains, exprimé par l'ambassadeur, qui réclament le retour de ce trésor national. J’ai cependant fait remarquer à l’ambassadeur que mon client avait acheté 4 amas de cailloux dont il a sorti un très beau squelette et que cette action coûteuse méritait une indemnisation conséquente. Nous serons donc amenés à nous revoir pour discuter de son montant", précise celui qui est aussi président de l’hôtel Drouot.
Selon lui, aucune somme n’a été avancée par les deux protagonistes car la décision finale appartient au vendeur italien qui n’était pas présent lors de la réunion du 1er mars à l’ambassade du Maroc.
Interrogé sur le prix qui sera demandé par le vendeur (coût de revient ou estimation plancher de l’étude Binoche et Giquello), notre interlocuteur avance qu’il se basera sur les factures (achat des 4 gangues, travail de restauration,…), plus un dédommagement à déterminer.
"Le prix sera fonction de la valeur ajoutée apportée par la longue et coûteuse reconstitution du squelette. Il est donc logique que ce travail mérite une indemnisation", ajoute le commissaire-priseur.
A la question de savoir si le Maroc devrait débourser au moins 350.000 euros (prix public de départ), l’officier ministériel répond par l’affirmative, sachant que cette pièce "aurait facilement pu rapporter 500.000 et pas 1 million comme annoncé faussement".
Ignorant le total des frais engagés par le vendeur pour reconstituer le squelette du plésiosaure, Maître Giquello poursuit que 350.000 euros semble être un prix correct.
"Si le vendeur a accepté cette estimation, c’est qu’il n’était pas perdant. Je tiens cependant à préciser que notre étude ne sera pas commissionnée car nous avons renoncé à tout bénéfice même si nous espérons vendre très cher les autres pièces de l’exposition", révèle-t-il en ajoutant que leur perte financière (photos, catalogue, …) n’est rien par rapport à la mauvaise publicité commerciale.
Le président de Drouot se dit très optimiste sur l’issue de la négociation car "la réunion s’est bien passée et que si les fondements juridiques du dossier avaient été instables, la justice serait intervenue immédiatement", ce qui laisse entendre que le vendeur sera en position de dicter son prix à l’ambassadeur qui représente le Maroc.
Les protagonistes ont décidé de laisser passer l’exposition, puis de se recontacter "très rapidement" pour finaliser la transaction commerciale qui sera le prélude au rapatriement de ce trésor national.
Reste à savoir où sera entreposée cette pièce majeure de la paléontologie sachant que le Maroc ne possède pas de musée d’histoire naturelle….
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