Depuis décembre dernier, le clash entre le rappeur Don Bigg et ses confrères agite internet ainsi que le landerneau culturel au Maroc. Si on est loin de l'ampleur de ce phénomène prise Outre-Atlantique, il n’empêche que cette guerre fratricide en musique a permis de faire renaitre un genre tombé en désuétude depuis près d’une décennie au Maroc. Paradoxalement et pour la 1ère fois de l’histoire culturelle du pays, la violence verbale entre artistes a insufflé un vrai vent de créativité et suscitera peut-être des vocations.

Contrairement aux apparences, le rap marocain n’est pas mort. Il aura en effet suffi d’une simple vidéo de 5 mn 32’ produite et diffusée par l’artiste Don Bigg sur les réseaux sociaux pour que ce genre musical renaisse de ses cendres.

Dans son morceau intitulé « 170 kg » (peut-être en clin d’œil à son poids sur la scène marocaine), le rappeur tire littéralement au lance-flammes sur ses confrères de la scène locale en les accusant d’avoir mordu la main qui les nourrissait.

Des insultes qui font le bonheur de 15 millions d'internautes

Avec un lexique fleuri à base de piques ultra-crûes, Don Bigg se présente comme le roi du rap marocain lâchement trahi par ses disciples qui aimeraient prendre sa place alors qu’ils n’ont ni son niveau ni son étoffe.

Tout le long du clip, il agonise littéralement d’insultes et de menaces ses cibles à qui il rappelle avoir ouvert les portes du business. Magnanime et grand seigneur, Bigg installé sur un trône se dit cependant prêt, avec beaucoup d'ironie, à pardonner leurs errements à ses ex-obligés. 

Sachant que l'agressivité est un grand classique dans le milieu du rap, son clip-règlement de compte se distingue par le fait d’avoir rencontré un succès fulgurant. Notons en effet, qu'à ce jour, il a comptabilisé 15 millions de vues sur Youtube et pointe depuis 12 jours au top 3 des tendances des vidéos les plus vues.

Les réponses des loups à la bergère cartonnent tout autant

Encensée par ses fans et par beaucoup de personnes qui ne connaissaient rien à ce genre musical, la diffusion de « 170 kg » a été suivie par celles de vidéos de ses ex-protégés attaqués dans le clip qui a ouvert les hostilités.

Ces derniers n’ont en effet pas manqué de dégainer leurs réponses sous forme de clip tout aussi musclé voire guerrier. Certains l’ont fait dès le lendemain et d’autres ont attendu 15 jours pour soigner leur coup.

Au total, les 5 vidéos ont attiré des dizaines de millions de personnes dont beaucoup ne connaissaient même pas Bigg ni ses semblables et qui ne voulaient pas se sentir larguées devant une affaire faisant la tendance.

Dans un langage tout aussi élégant, pour ne pas dire ordurier, où leur colère s’est muée en source d’inspiration, les dénommés Mister Crazy, Hliwa, Komy et Dizzy Dros présentent unanimement celui qui se prétend roi comme un has been artistiquement mort.

Extrêmement violents, leur discours s’inspire des célèbres clashs entre rappeurs qui ont eu lieu aux Etats-Unis et en France. Le plus célèbre a été celui entre les méga-stars Tupac Shakur et Notorious Big qui avait fini en double-meurtre puis ceux plus proches du Maroc comme la confrontation restée au stade des insultes entre Joey Star (NTM) et Booba et enfin celle entre ce denier et Kaaris qui s'étaient affrontés physiquement à l'aéroport d'Orly. 

A l'image de ces précédents, ce dialogue musclé entre le "roi" Bigg revendiquant toujours sa couronne et les quatre rappeurs, animés par un désir de vengeance et lui déniant toute légitimité, a rencontré un énorme succès sur les réseaux sociaux. 

Une confrontation qui libère la parole et génère une créativité artistique

Si au niveau musical, leur héritage restera sans doute très limité, il n’en demeure pas moins que cette bataille à base de punch-line ultra-médiatisée via les réseaux sociaux a libéré une énergie créative qui fait le bonheur des adeptes de rap (ou plutôt gangsta-rap) et permet dans le même temps aux profanes de découvrir ce répertoire. 

Rappelons que le milieu marocain du hip-hop qui avait commencé à se développer au sein du mouvement Nayda, apparu à la fin des années 90, s’était progressivement étiolé.

Paradoxalement, les textes ultra-violents ont permis de commettre des morceaux d’une certaine facture musicale et de montrer des progrès esthétiques au niveau de l’art-work c’est-à-dire de la conception visuelle.

Contacté par Médias24, Hicham Abkari, directeur du théâtre casablancais Mohammed VI et grand fan de rap old school, confirme que ces clashs ne sont pas nouveaux dans l’histoire de la culture en général et de la musique en particulier.

L’histoire ne fait que se répéter

« Le clash ne présente aucune nouveauté car cela se fait dans le monde entier depuis l’apparition de ce phénomène aux Etats-Unis. C’est d’autant plus banal que ces confrontations ne présentent aucun risque pénal sachant que les artistes ont pour habitude de s’interpeller ou de s’écharper par leurs noms de scène.

Si auparavant, ce type de guerre était cantonné au sein de la communauté du rap, aujourd’hui, c'est devenu une tendance nationale mesurable à partir des adresses IP (internet protocole) de chaque pays.

Jusqu'à récemment sur Youtube et Instagram, les vidéos les plus populaires concernaient les « fadayihs » (scandales) ou les crimes comme l’affaire d’Imlil et la décapitation d’une femme à Ifrane … mais depuis le 22 décembre, la publication de la vidéo de Bigg a inversé la tendance en prenant la tête du podium.

La révolution numérique a donc permis de démocratiser ce genre de vidéo et d'atteindre un nombre incroyable de personnes.

Que ce soit au Maroc, dans les pays arabes ou européens, ces vidéos ont fait l’événement et avec la magie du net, l’intérêt a été quantifiable en nombre de vues. La conséquence du clash va bien au-delà de l’anecdote car il a libéré une énorme énergie artistique qui a de plus ressuscité des artistes oubliés.

La génération gap (fossé générationnel) a pu se réveiller et se combler grâce à l’outil Youtube qui a permis à ces artistes de trouver un canal de communication traditionnellement inexistant dans leur milieu (tv spécialisés hip-hop, revue …) pour s’adresser à une jeunesse qui les avait oubliés ou qui ne les connaissait pas.

Un coup médiatique savamment orchestré par Bigg ?

Pour expliquer l’origine du clash, Abkari rappelle que Dizzy Dros a fait sa première apparition publique en se produisant en première partie d’un concert privé de Bigg au théâtre Mohammed VI à Casablanca. Selon lui, Komy a également été produit par Bigg avant que des dissensions financières ne les séparent.

Sachant que dans un post récent, l’initiateur du clash a remercié, ironiquement, Dizzy Dros pour sa vidéo-réponse qu’il considère comme le morceau le plus abouti de sa carrière, des questions sans réponse restent posées.

Médias24 a en effet contacté Bigg pour lui demander, entre autres, s’il n’avait pas soigneusement planifié son clip pour se redonner une visibilité médiatique mais l’artiste s’est dit non disposé à nous répondre.

De nombreux jeunes ont d’ailleurs posté des commentaires sur sa publication où ils avancent que l’artiste a provoqué le clash pour gagner de l’argent grâce aux vues sur YT et relancer sa carrière.

Quelles que soient ses motivations, Abkari affirme à raison que Don Bigg serait stupide de ne pas profiter financièrement du buzz provoqué par sa vidéo.

«Ce clash présente plusieurs vertus car il a permis de libérer la parole, de redémarrer des carrières oubliées mais aussi de remettre dans l’actualité le rap old school en voie de disparition au Maroc.

Clash salvateur ?

«Au niveau musical, les paroles extrêmement crûes voire très vulgaires pour certains, renvoient à l’utilisation de codes et de références reconnaissables uniquement par les fans de chacun des artistes. 

«Il est intéressant de préciser que Dizzy Dros a intitulé son morceau « Moutanabbi » du nom d’un des plus grands poètes arabes, pour à la fois capitaliser sur cette figure de la poésie et surfer sur le fait que Moutanabbi qui était aussi égocentrique que les acteurs de l'industrie du rap avait la dent tout aussi dure contre ses adversaires. 

«Si à l'avenir, on reste dans ce niveau de création, c’est une très bonne chose car ce clash a provoqué une émulation positive mais aussi une rivalité productive qui ne peuvent qu’améliorer l'offre musicale marocaine », conclut notre spécialiste du mouvement rap au Maroc qui regrette toutefois l'utilisation croissante de l'autotune par la nouvelle génération de rappeurs (procédé consistant à robotiser la voix et rendant parfois incompréhensible les paroles d'origine). 

Au final, tant que les chapelles adverses du rap marocain ne règlent pas leurs comptes à coups de feu comme aux USA ou de poings comme en France, il convient d’applaudir à la genèse d’un mouvement qui engendrera peut-être des vocations artistiques.

Pour être honnête, précisons que l’auteur de ces lignes, sans doute poussé par un réflexe pavlovien et snobiste de jazzophile, était réticent à s’intéresser à ce clash qui ne marquera sûrement pas l’histoire de la culture comme celui très célèbre qui avait opposé et séparé définitivement les anciens amis proches qu'étaient Jean Paul Sartre et Albert Camus (1951). 

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Depuis décembre dernier, le clash entre le rappeur Don Bigg et ses confrères agite internet ainsi que le landerneau culturel au Maroc. Si on est loin de l'ampleur de ce phénomène prise Outre-Atlantique, il n’empêche que cette guerre fratricide en musique a permis de faire renaitre un genre tombé en désuétude depuis près d’une décennie au Maroc. Paradoxalement et pour la 1ère fois de l’histoire culturelle du pays, la violence verbale entre artistes a insufflé un vrai vent de créativité et suscitera peut-être des vocations.

 

Contrairement aux apparences, le rap marocain n’est pas mort. Il aura en effet suffi d’une simple vidéo de 5 mn 32’ produite et diffusée par l’artiste Don Bigg sur les réseaux sociaux pour que ce genre musical renaisse de ses cendres.

Dans son morceau intitulé « 170 kg » (peut-être en clin d’œil à son poids sur la scène marocaine), le rappeur tire littéralement au lance-flammes sur ses confrères de la scène locale en les accusant d’avoir mordu la main qui les nourrissait.

Des insultes qui font le bonheur de 15 millions d'internautes

Avec un lexique fleuri à base de piques ultra-crûes, Don Bigg se présente comme le roi du rap marocain lâchement trahi par ses disciples qui aimeraient prendre sa place alors qu’ils n’ont ni son niveau ni son étoffe.

Tout le long du clip, il agonise littéralement d’insultes et de menaces ses cibles à qui il rappelle avoir ouvert les portes du business. Magnanime et grand seigneur, Bigg installé sur un trône se dit cependant prêt, avec beaucoup d'ironie, à pardonner leurs errements à ses ex-obligés. 

Sachant que l'agressivité est un grand classique dans le milieu du rap, son clip-règlement de compte se distingue par le fait d’avoir rencontré un succès fulgurant. Notons en effet, qu'à ce jour, il a comptabilisé 15 millions de vues sur Youtube et pointe depuis 12 jours au top 3 des tendances des vidéos les plus vues.

Les réponses des loups à la bergère cartonnent tout autant

Encensée par ses fans et par beaucoup de personnes qui ne connaissaient rien à ce genre musical, la diffusion de « 170 kg » a été suivie par celles de vidéos de ses ex-protégés attaqués dans le clip qui a ouvert les hostilités.

Ces derniers n’ont en effet pas manqué de dégainer leurs réponses sous forme de clip tout aussi musclé voire guerrier. Certains l’ont fait dès le lendemain et d’autres ont attendu 15 jours pour soigner leur coup.

Au total, les 5 vidéos ont attiré des dizaines de millions de personnes dont beaucoup ne connaissaient même pas Bigg ni ses semblables et qui ne voulaient pas se sentir larguées devant une affaire faisant la tendance.

Dans un langage tout aussi élégant, pour ne pas dire ordurier, où leur colère s’est muée en source d’inspiration, les dénommés Mister Crazy, Hliwa, Komy et Dizzy Dros présentent unanimement celui qui se prétend roi comme un has been artistiquement mort.

Extrêmement violents, leur discours s’inspire des célèbres clashs entre rappeurs qui ont eu lieu aux Etats-Unis et en France. Le plus célèbre a été celui entre les méga-stars Tupac Shakur et Notorious Big qui avait fini en double-meurtre puis ceux plus proches du Maroc comme la confrontation restée au stade des insultes entre Joey Star (NTM) et Booba et enfin celle entre ce denier et Kaaris qui s'étaient affrontés physiquement à l'aéroport d'Orly. 

A l'image de ces précédents, ce dialogue musclé entre le "roi" Bigg revendiquant toujours sa couronne et les quatre rappeurs, animés par un désir de vengeance et lui déniant toute légitimité, a rencontré un énorme succès sur les réseaux sociaux. 

Une confrontation qui libère la parole et génère une créativité artistique

Si au niveau musical, leur héritage restera sans doute très limité, il n’en demeure pas moins que cette bataille à base de punch-line ultra-médiatisée via les réseaux sociaux a libéré une énergie créative qui fait le bonheur des adeptes de rap (ou plutôt gangsta-rap) et permet dans le même temps aux profanes de découvrir ce répertoire. 

Rappelons que le milieu marocain du hip-hop qui avait commencé à se développer au sein du mouvement Nayda, apparu à la fin des années 90, s’était progressivement étiolé.

Paradoxalement, les textes ultra-violents ont permis de commettre des morceaux d’une certaine facture musicale et de montrer des progrès esthétiques au niveau de l’art-work c’est-à-dire de la conception visuelle.

Contacté par Médias24, Hicham Abkari, directeur du théâtre casablancais Mohammed VI et grand fan de rap old school, confirme que ces clashs ne sont pas nouveaux dans l’histoire de la culture en général et de la musique en particulier.

L’histoire ne fait que se répéter

« Le clash ne présente aucune nouveauté car cela se fait dans le monde entier depuis l’apparition de ce phénomène aux Etats-Unis. C’est d’autant plus banal que ces confrontations ne présentent aucun risque pénal sachant que les artistes ont pour habitude de s’interpeller ou de s’écharper par leurs noms de scène.

Si auparavant, ce type de guerre était cantonné au sein de la communauté du rap, aujourd’hui, c'est devenu une tendance nationale mesurable à partir des adresses IP (internet protocole) de chaque pays.

Jusqu'à récemment sur Youtube et Instagram, les vidéos les plus populaires concernaient les « fadayihs » (scandales) ou les crimes comme l’affaire d’Imlil et la décapitation d’une femme à Ifrane … mais depuis le 22 décembre, la publication de la vidéo de Bigg a inversé la tendance en prenant la tête du podium.

La révolution numérique a donc permis de démocratiser ce genre de vidéo et d'atteindre un nombre incroyable de personnes.

Que ce soit au Maroc, dans les pays arabes ou européens, ces vidéos ont fait l’événement et avec la magie du net, l’intérêt a été quantifiable en nombre de vues. La conséquence du clash va bien au-delà de l’anecdote car il a libéré une énorme énergie artistique qui a de plus ressuscité des artistes oubliés.

La génération gap (fossé générationnel) a pu se réveiller et se combler grâce à l’outil Youtube qui a permis à ces artistes de trouver un canal de communication traditionnellement inexistant dans leur milieu (tv spécialisés hip-hop, revue …) pour s’adresser à une jeunesse qui les avait oubliés ou qui ne les connaissait pas.

Un coup médiatique savamment orchestré par Bigg ?

Pour expliquer l’origine du clash, Abkari rappelle que Dizzy Dros a fait sa première apparition publique en se produisant en première partie d’un concert privé de Bigg au théâtre Mohammed VI à Casablanca. Selon lui, Komy a également été produit par Bigg avant que des dissensions financières ne les séparent.

Sachant que dans un post récent, l’initiateur du clash a remercié, ironiquement, Dizzy Dros pour sa vidéo-réponse qu’il considère comme le morceau le plus abouti de sa carrière, des questions sans réponse restent posées.

Médias24 a en effet contacté Bigg pour lui demander, entre autres, s’il n’avait pas soigneusement planifié son clip pour se redonner une visibilité médiatique mais l’artiste s’est dit non disposé à nous répondre.

De nombreux jeunes ont d’ailleurs posté des commentaires sur sa publication où ils avancent que l’artiste a provoqué le clash pour gagner de l’argent grâce aux vues sur YT et relancer sa carrière.

Quelles que soient ses motivations, Abkari affirme à raison que Don Bigg serait stupide de ne pas profiter financièrement du buzz provoqué par sa vidéo.

«Ce clash présente plusieurs vertus car il a permis de libérer la parole, de redémarrer des carrières oubliées mais aussi de remettre dans l’actualité le rap old school en voie de disparition au Maroc.

Clash salvateur ?

«Au niveau musical, les paroles extrêmement crûes voire très vulgaires pour certains, renvoient à l’utilisation de codes et de références reconnaissables uniquement par les fans de chacun des artistes. 

«Il est intéressant de préciser que Dizzy Dros a intitulé son morceau « Moutanabbi » du nom d’un des plus grands poètes arabes, pour à la fois capitaliser sur cette figure de la poésie et surfer sur le fait que Moutanabbi qui était aussi égocentrique que les acteurs de l'industrie du rap avait la dent tout aussi dure contre ses adversaires. 

«Si à l'avenir, on reste dans ce niveau de création, c’est une très bonne chose car ce clash a provoqué une émulation positive mais aussi une rivalité productive qui ne peuvent qu’améliorer l'offre musicale marocaine », conclut notre spécialiste du mouvement rap au Maroc qui regrette toutefois l'utilisation croissante de l'autotune par la nouvelle génération de rappeurs (procédé consistant à robotiser la voix et rendant parfois incompréhensible les paroles d'origine). 

Au final, tant que les chapelles adverses du rap marocain ne règlent pas leurs comptes à coups de feu comme aux USA ou de poings comme en France, il convient d’applaudir à la genèse d’un mouvement qui engendrera peut-être des vocations artistiques.

Pour être honnête, précisons que l’auteur de ces lignes, sans doute poussé par un réflexe pavlovien et snobiste de jazzophile, était réticent à s’intéresser à ce clash qui ne marquera sûrement pas l’histoire de la culture comme celui très célèbre qui avait opposé et séparé définitivement les anciens amis proches qu'étaient Jean Paul Sartre et Albert Camus (1951). 

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