Hirak: La défense compte faire appel

Retour sur le verdict à l'encontre des manifestants d'Al Hoceima. Réactions des avocats, lecture des jugements et de la loi.

"Une année et demi pour une manifestation!" Le jugement rendu à l'encontre des 25 manifestants impliqués dans les incidents d'El Hoceima, des avocats de la défense disent qu'ils n'en reviennent pas.

Les condamnations sont tombées le 14 juin, à l'issue d'une troisième audience fleuve. Plus de 18 heures de débats, en présence de la défense et des proches des prévenus qui ont reçu les peines comme un couperet. Des sanctions moins sévères ont été prononcées contre 7 autres membres du Hirak, condamnés à de l'emprisonnement avec sursis.

"Nous ne perdons pas espoir. Nous allons faire appel", annonce Me Ziane. Contactés quelques minutes après l'annonce de la sentence, l'avocat Rachid Belaâli, coordinateur de la défense des détenus du Hirak, confirme la volonté de recourir au deuxième degré de juridiction. Ils ont dix jours pour interjeter appel.

Me Abdessadak Elbouchettaoui, autre membre de la défense, se veut plus radical. Il invite ses confrères "à examiner la possibilité d'un retrait pure et simple du dossier." Pour lui, "s'il renvoie une image de respect des formes, au fond, le procès n'en sert pas moins une approche répressive."

"Les accusés ont tous déclaré ne pas avoir été auditionnés par la police, qui s'est contentée de leur poser des questions sur leur identité, lieu et date de naissance", affirme l'avocat, qui remet en question "la véracité des procès verbaux". "Certains prévenus ont refusé de signer les PV, et ce même s'ils ont été moralement harcelés", avance pour sa part Me Ziane.

Les protestataires avaient été interpellés le 26 mai. Accusés d'avoir pris part à des affrontements avec des agents des forces de l'ordre, ils avaient été poursuivis, entre autres, pour rébellion, insultes et violences à l'égard d'agents de la force publique, dégradation d'objets affectés à l'intérêt général, outrage à agents de la force publique, manifestation sans déclaration préalable sur la voie publique ou encore attroupement armé.

Pour la rébellion, la fourchette prévue par la loi, va de un à trois ans d'emprisonnement lorsque le délit est commis en réunion de plus de deux personnes. 18 mois de prison ferme, la justice a donc opté pour une sanction médiane. L'addition aurait pu être plus légère, ou plus lourde.

Cela étant, une partie de l'opinion publique, y compris sur les réseaux sociaux, a été surprise par des sanctions qu'elle juge trop sévères. Chez les habitants d'Al Hoceima, "la consternation est générale. Nous avons observé des manifestations à l'intérieur de la zone urbaine et dans plusieurs zone de la province rifaine", rapporte Fayçal Oussar, membre de l'antenne locale de l'Association marocaine des droits de l'homme.

"Depuis le début du ramadan, les protestations commençaient après la prière des Tarawih. Ce qui n'a pas été le cas hier. Dans certains quartiers, des attroupements ont eu lieu dès l'annonce du jugement", ajoute notre source, faisant savoir qu'elle n'est pas "en mesure de nous dire s'il y a eu d'autres arrestations."

Fervent défenseur du Hirak, Me Elbouchettaoui craint quant à lui une montée des tensions . "Avec ce jugement et d'autres qui s'annoncent, la colère risque d'aller crescendo. C'est une réalité", prévient-il. 

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Les condamnations sont tombées le 14 juin, à l'issue d'une troisième audience fleuve. Plus de 18 heures de débats, en présence de la défense et des proches des prévenus qui ont reçu les peines comme un couperet. Des sanctions moins sévères ont été prononcées contre 7 autres membres du Hirak, condamnés à de l'emprisonnement avec sursis.

"Nous ne perdons pas espoir. Nous allons faire appel", annonce Me Ziane. Contactés quelques minutes après l'annonce de la sentence, l'avocat Rachid Belaâli, coordinateur de la défense des détenus du Hirak, confirme la volonté de recourir au deuxième degré de juridiction. Ils ont dix jours pour interjeter appel.

Me Abdessadak Elbouchettaoui, autre membre de la défense, se veut plus radical. Il invite ses confrères "à examiner la possibilité d'un retrait pure et simple du dossier." Pour lui, "s'il renvoie une image de respect des formes, au fond, le procès n'en sert pas moins une approche répressive."

"Les accusés ont tous déclaré ne pas avoir été auditionnés par la police, qui s'est contentée de leur poser des questions sur leur identité, lieu et date de naissance", affirme l'avocat, qui remet en question "la véracité des procès verbaux". "Certains prévenus ont refusé de signer les PV, et ce même s'ils ont été moralement harcelés", avance pour sa part Me Ziane.

Les protestataires avaient été interpellés le 26 mai. Accusés d'avoir pris part à des affrontements avec des agents des forces de l'ordre, ils avaient été poursuivis, entre autres, pour rébellion, insultes et violences à l'égard d'agents de la force publique, dégradation d'objets affectés à l'intérêt général, outrage à agents de la force publique, manifestation sans déclaration préalable sur la voie publique ou encore attroupement armé.

Pour la rébellion, la fourchette prévue par la loi, va de un à trois ans d'emprisonnement lorsque le délit est commis en réunion de plus de deux personnes. 18 mois de prison ferme, la justice a donc opté pour une sanction médiane. L'addition aurait pu être plus légère, ou plus lourde.

Cela étant, une partie de l'opinion publique, y compris sur les réseaux sociaux, a été surprise par des sanctions qu'elle juge trop sévères. Chez les habitants d'Al Hoceima, "la consternation est générale. Nous avons observé des manifestations à l'intérieur de la zone urbaine et dans plusieurs zone de la province rifaine", rapporte Fayçal Oussar, membre de l'antenne locale de l'Association marocaine des droits de l'homme.

"Depuis le début du ramadan, les protestations commençaient après la prière des Tarawih. Ce qui n'a pas été le cas hier. Dans certains quartiers, des attroupements ont eu lieu dès l'annonce du jugement", ajoute notre source, faisant savoir qu'elle n'est pas "en mesure de nous dire s'il y a eu d'autres arrestations."

Fervent défenseur du Hirak, Me Elbouchettaoui craint quant à lui une montée des tensions . "Avec ce jugement et d'autres qui s'annoncent, la colère risque d'aller crescendo. C'est une réalité", prévient-il. 

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