Au Maroc, AirBnB devient une source de revenus pour 16.500 hébergeurs
La plateforme AirBnB est devenue depuis quelques années une source de revenu non négligeable pour un bon nombre de marocains. L’application qui regroupe plus de 16.500 hébergeurs à travers le Maroc, leur génère chacun jusqu’à 10.000 dirhams par mois.
Depuis quelques années, un grand nombre de particuliers se sont lancés dans une activité hôtelière bien particulière et bien lucrative, grâce à AirBnB. Cette plateforme californienne fondée en 2008, permet à des particuliers de louer tout ou une partie de leur propre habitation comme logement d'appoint.
Sur cette application, on peut donc trouver des chambres, des appartements et même des villas avec piscine à des prix très variables et avec une facilité attrayante. En 2016, et grâce aux offres publiées sur la plateforme californienne, plus de 210.000 touristes se sont rendus au Maroc en provenance de 140 pays.
"Tout se passe sur le site internet, c’est une sorte d’Uber pour l’hébergement. Dans mon cas, j’ai une chambre vide dans mon appartement et elle me permet, en la mettant sur AirBnB, d’arrondir mes fin de mois", nous explique Kamal, un trentenaire qui habite dans le quartier Palmiers à Casablanca. Autrement dit, il suffit d’avoir une chambre disponible, même si l'on est soi-même locataire, et d’avoir envie d’accueillir des gens chez soi pour devenir "hôtelier" et gagner de l’argent.
Le bon filon
Le jour où nous avons rencontré Kamal, un couple asiatique venait de quitter son appartement. Ils sont restés un peu plus d’une semaine, 9 jours exactement, contre un peu moins de 3.000 dirhams que Kamal partagera avec AirBnB. "Le site nous prélève 3% comme frais de service une fois la réservation confirmée. C’est peu par rapport à ce qu’on peut gagner", se réjouit notre interlocuteur.
Le nombre de nuitées est généralement plus court, ce qui permet à l’hébergeur de recevoir plusieurs personnes par mois. Selon la direction de AirBnB, la durée moyenne des séjours pour le Maroc en 2016 a été de 3,6 nuits. La moyenne des prix appliqués par les hébergeurs marocains tourne aux alentours de 85$. Autrement dit, si Kamal loue sa chambre à 320 DH, nous avons pu constater que des villas sont mises sur le site à 2.000 DH par jour.
Si Kamal arrive à générer entre 2.500 dirhams et 5.000 dirhams par mois, d’autres en ont fait une activité à part entière. "Un ami qui vit au Sud du Maroc dans une petite villa en bord de mer ne travaille plus, AirBnB est devenue sa seule source de revenus", raconte notre interlocuteur. Selon lui, les quatre chambres de la villa de son ami génèrent plus 10.000 dirhams par mois.
Des maisons d’hôtes ou encore des petites auberges ont quitté les plateformes dédiées aux hôtels pour proposer leurs offres sur AirBnB. En cherchant sur le site, les offres sont éparpillées sur tout le territoire marocain. Les villes qui proposent le plus de logements sont Marrakech, puis Casablanca, Essaouira et Agadir.
La simplicité
AirBnB est une forme de location qui s’est avérée très lucrative, sans tracas, et en toute logique, les Marocains n’ont pas hésité à mettre en ligne leurs offres. Ils sont actuellement plus de 16.500 à avoir essayé en mettant une annonce sur le site, selon les dernières statistiques d'AirBnB.
Un chiffre qui ne cesse de progresser, selon la direction du site en France. Entre 2013 et aujourd’hui, l’offre s’est multiplié par 7, et le Maroc est actuellement le 2ème pays d'Afrique en termes d’offre, derrière l'Afrique du Sud.
Et si ça marche et qu’il y a autant d’engouement, c’est que le mode opératoire est très simple. En quelques clics, un particulier peut publier gratuitement une annonce, et le site s’occupe de la traduire en 25 langues. C’est l’hôte qui décide des disponibilités, des tarifs et même des conditions d’annulation.
Pour les novices, AirBnB promet de l’aide gratuitement. Les équipes du site peuvent aider l’hôte à décider de la tarification à appliquer et peuvent même lui envoyer un photographe professionnel pour mettre en valeur sa demeure. "Ils nous envoient aussi beaucoup de conseils pour bien accueillir les voyageurs et fournissent une aide technique très riche", raconte Kamal.
Ensuite, la vérification de la qualité des offres sur le site se fait d’une manière interne. C’est à dire que les voyageurs s’occupent de la notation des hôtes à la fin de chaque séjour. La communauté est ainsi autogérée. "Les voyageurs sont très regardants sur la notation et les anciens commentaires, c’est l’élément le plus important après les photos", explique Kamal.
Après avoir passé en revue quelques offres, il s’avère que les hôtes marocains sont très professionnels et la grande majorité des voyageurs sont satisfaits du séjour au Maroc.
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