MHE déclare la guerre aux pièces de rechange automobiles frelatées (et à leurs importateurs)
"Je demande aux opérateurs d’être une force de délation pour combattre les importateurs véreux. Travaillons la main dans la main. Et si vous ne voulez pas, je le ferai quand même, avec ou sans vous", lance-t-il aux intervenants du secteur présents dans la salle, ce mercredi 8 novembre, lors de la présentation du label "Salamatouna".
Le débat a été houleux ce mercredi 8 novembre, lors de la présentation du label "Salamatouna" aux opérateurs de la pièce de rechange automobile. Une certification qui sera décernée aux intervenants du secteur dont les produits respectent les normes de sécurité.
Certains importateurs présents dans la salle n’ont pas hésité à interpeller Moulay Hafid Elalamy sur des excès de contrôle qui leur "ont fait perdre beaucoup d’argent, il y a quelques mois".
"Pourquoi c’est à nous de payer le prix ? L’administration nous a bloqué nos marchandises. Cela a lourdement impacté notre business", a lancé une importatrice.
Quelques applaudissements. Des remarques à peine audibles sur les fabricants marocains qui ont profité de ce blocage, puis le ministre de l’Industrie qui réplique : "Madame, je reconnais qu’il y a eu quelques excès que j’assume par ailleurs. L’objectif n’a pas été de bloquer les importateurs au profit des industriels même si j’ai plus d’affection pour ces derniers car ils créent plus d’emplois. Il faut du temps pour trouver le bon dosage au niveau du contrôle. Mais face au fléau de la contrefaçon, il fallait réagir, filtrer, empêcher l’entrée de pièces frelatées sur le marché marocain. Dans la balance, il y avait d’un côté votre business et de l’autre la vie de citoyens marocains, j’ai fait mon choix, quitte à vous faire perdre du fric, quitte à provoquer des faillites s’il le faut. C’est ainsi".
Le ton et les propos de Moulay Hafid Elalamy ont été violents.
Lui-même le reconnaît: "Je suis très violent quand il s’agit de défendre la vie des gens. Je combattrai de toutes mes forces l’importation des pièces de rechange dangereuses et leur mise sur le marché. C’est ma responsabilité. Cela ne plaira pas aux margoulins, j’en suis conscient".
"C’est un secteur que je suis de très près, car la validation de la qualité des importations dépend de mon champ d’intervention. J’ai dû limoger des personnes de mon département sur la base des conclusions affligeantes d’un rapport de l’IGF, où la responsabilité de certains membres de mes équipes a été avérée. Et pour cause : des pièces qui mettent en danger la vie de citoyens ont passé plusieurs filtres sans que cela ne soit relevé. C’est intolérable".
"Vous voulez que je vous montre ce rapport ? Vous tomberiez de votre chaise", ajoute-t-il.
Le ministre n’acceptera pas de nous donner des détails sur les conclusions du rapport de l'IGF.
Un label pour séparer le bon grain de l’ivraie
L’idée de mettre en place une certification est née de ce constat "effarant" de la présence de grandes quantités de pièces non conformes sur le marché marocain. Selon une étude réalisée par le Comité national pour la propriété industrielle et anti-contrefaçon, l’impact économique de la contrefaçon dans le secteur des pièces de rechange au Maroc est estimé à 700 MDH.
"Le citoyen, n’étant pas spécialiste du secteur, est incapable de distinguer le bon produit du mauvais. Il lui arrive parfois, de bonne foi, d’acheter sans le savoir des produits frelatés. Ce label permettra de l’accompagner dans son choix, en le tenant informé des points de ventes certifiés", explique le ministre de l’Industrie.
En plus du site web consacré au label, une application sera également développée.
Pour tout savoir sur le label Salamatouna, les conditions d’éligibilité, les démarches à suivre… cliquez ici.
Les pièces d’occasion sont également concernées
La pièce de rechange automobile dite réutilisée ou recyclée est également éligible à la labellisation. "Je n’ai de problèmes avec personne. Tous les opérateurs sont mes enfants s’ils respectent la sécurité et les règles du jeu. Je ne tuerai aucune filière pour en sauver une autre", a lancé le ministre.
"Même dans l’aéronautique, la ferraille existe. Pourquoi ne pas l’accepter dans l’automobile?", ajoute-t-il.
"Faire de la pièce détachée est un métier noble. Je demande aux opérateurs d’être une force de délation pour combattre les importateurs véreux. Travaillons la main dans la main. Et si vous ne voulez pas, je le ferai quand même, avec ou sans vous", lance-t-il aux importateurs présents dans la salle.
La première vague des magasins labellisés est prévue pour fin 2018, nous confie le ministre.
"Le service de labellisation est payant. Il est symbolique pour les petits, et sous forme de cotisations pour les grands opérateurs. Il ne sera pas dissuasif," s'est contenté de nous expliquer M. Elalamy.
Voici la vidéo de la rencontre retransmise en direct par Médias24.
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