Délais de paiement: 70% des entreprises supportent plus de 90 jours !

L'allongement des délais de paiement détruit chaque année des milliers d’entreprises, des TPE et PME, à cause de clients qui font fi d’une loi jugée inapplicable. Lors d’une rencontre organisée par Attijariwafa bank le 3 avril, officiels, patronat et secteur financier étaient unanimes: trouver une solution devient urgent!

Le Maroc est l’un des champions du monde en matière de défaillances d’entreprises: 8.000 cessations de paiement en 2017, dont 40% sont causées par des retards de paiement. Si la loi fixe les délais à 60 et 90 jours, la pratique révèle un constat effarant: "Seules 11% des entreprises respectent les délais de paiement règlementaires", souligne amèrement Mohamed Kettani, PDG d’Attijariwafa bank.

Selon les statistiques de la banque, 70% des entreprises supportent des délais de paiement supérieurs à 90 jours. Cet allongement abusif des délais de paiement fait augmenter de manière automatique les défaillances d’entreprises: +8% par an, selon Inforisk.

Pire, les secteurs majeurs de l’économie nationale enregistrent les plus longs délais de paiement.

Ils sont de 264 jours dans le BTP, de 275 jours dans l’énergie, de 172 jours dans l’industrie et de 132 jours dans l’agriculture. Le secteur le plus "clément" envers ses créanciers est le tourisme – avec 107 jours, tandis que le bonnet d’âne revient au secteur de la communication avec 286 jours de délais de règlement!

"C’est une situation qui favorise le basculement vers l’informel. Ou tout au moins qui fait fuir les opérateurs vers d’autres secteurs. Ces derniers deviennent vite saturés. D’où la question: quelle est la pertinence des stratégies sectorielles devant cette réalité?", s’interroge l’expert-fiscaliste Abdelkader Boukhriss.

L’Etat et les grandes entreprises au ban des accusés

Une position que semble partager le ministre du Commerce et de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy. "Cette épidémie dure depuis des années. Avec des conséquences comme le crédit TVA qui a empoisonné l’économie nationale et anéanti de nombreuses entreprises’’.

En fin connaisseur de l’économie marocaine, MHE va même plus loin: "De grandes entreprises et des institutions étatiques se financent sur le dos des petites entreprises. Induisant un effet pervers qui pousse de nombreuses PME à anticiper en amont ce retard de paiement en gonflant leurs coûts, ce qui biaise toute compétitivité".

Miriem Bensalah-Chaqroun, présidente sortante de la CGEM, rajoute de l’eau à son moulin: "Les décrets et dahirs de la loi sur les délais de paiement sont incomplets et difficilement applicables. Or c’est à l’Etat d’y veiller. Il faut aussi clarifier un point: lorsque l’Etat avance des délais de paiement de 55 jours au maximum, cela concerne les administrations et non pas les entreprises publiques !".

Pointés du doigt par plusieurs intervenants, les grandes entreprises ne joueraient pas le jeu. En se faisant de la trésorerie sur le dos de leurs créanciers, elles détiendraient même une grande part de responsabilité dans les défaillances des PME.

Sur ce dernier point, la responsabilité de l’Etat est claire, et ce en dépit de tous les discours officiels en faveur des PME. Sous d’autres cieux, les petites et moyennes entreprises bénéficient de délais de règlement préférentiels en comparaison aux grandes entreprises. L’objectif étant bien sûr d’améliorer leur trésorerie tout en préservant des structures économiques créatrices d’emplois.

Cette différenciation positive est totalement inversée au Maroc ! Le délai moyen étant de 121 jours en faveur des grandes entreprises, 168 jours pour les PME et... 270 jours pour les TPE !

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Le Maroc est l’un des champions du monde en matière de défaillances d’entreprises: 8.000 cessations de paiement en 2017, dont 40% sont causées par des retards de paiement. Si la loi fixe les délais à 60 et 90 jours, la pratique révèle un constat effarant: "Seules 11% des entreprises respectent les délais de paiement règlementaires", souligne amèrement Mohamed Kettani, PDG d’Attijariwafa bank.

Selon les statistiques de la banque, 70% des entreprises supportent des délais de paiement supérieurs à 90 jours. Cet allongement abusif des délais de paiement fait augmenter de manière automatique les défaillances d’entreprises: +8% par an, selon Inforisk.

Pire, les secteurs majeurs de l’économie nationale enregistrent les plus longs délais de paiement.

Ils sont de 264 jours dans le BTP, de 275 jours dans l’énergie, de 172 jours dans l’industrie et de 132 jours dans l’agriculture. Le secteur le plus "clément" envers ses créanciers est le tourisme – avec 107 jours, tandis que le bonnet d’âne revient au secteur de la communication avec 286 jours de délais de règlement!

"C’est une situation qui favorise le basculement vers l’informel. Ou tout au moins qui fait fuir les opérateurs vers d’autres secteurs. Ces derniers deviennent vite saturés. D’où la question: quelle est la pertinence des stratégies sectorielles devant cette réalité?", s’interroge l’expert-fiscaliste Abdelkader Boukhriss.

L’Etat et les grandes entreprises au ban des accusés

Une position que semble partager le ministre du Commerce et de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy. "Cette épidémie dure depuis des années. Avec des conséquences comme le crédit TVA qui a empoisonné l’économie nationale et anéanti de nombreuses entreprises’’.

En fin connaisseur de l’économie marocaine, MHE va même plus loin: "De grandes entreprises et des institutions étatiques se financent sur le dos des petites entreprises. Induisant un effet pervers qui pousse de nombreuses PME à anticiper en amont ce retard de paiement en gonflant leurs coûts, ce qui biaise toute compétitivité".

Miriem Bensalah-Chaqroun, présidente sortante de la CGEM, rajoute de l’eau à son moulin: "Les décrets et dahirs de la loi sur les délais de paiement sont incomplets et difficilement applicables. Or c’est à l’Etat d’y veiller. Il faut aussi clarifier un point: lorsque l’Etat avance des délais de paiement de 55 jours au maximum, cela concerne les administrations et non pas les entreprises publiques !".

Pointés du doigt par plusieurs intervenants, les grandes entreprises ne joueraient pas le jeu. En se faisant de la trésorerie sur le dos de leurs créanciers, elles détiendraient même une grande part de responsabilité dans les défaillances des PME.

Sur ce dernier point, la responsabilité de l’Etat est claire, et ce en dépit de tous les discours officiels en faveur des PME. Sous d’autres cieux, les petites et moyennes entreprises bénéficient de délais de règlement préférentiels en comparaison aux grandes entreprises. L’objectif étant bien sûr d’améliorer leur trésorerie tout en préservant des structures économiques créatrices d’emplois.

Cette différenciation positive est totalement inversée au Maroc ! Le délai moyen étant de 121 jours en faveur des grandes entreprises, 168 jours pour les PME et... 270 jours pour les TPE !

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