Aéroport de Marrakech: Les touristes du

Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux montre un touriste français se plaignant d'avoir passé autant de temps dans l'avion Nice-Marrakech que pour les formalités policières de sortie de l'aéroport de la ville ocre. Pour le vice-président de la CNT, le problème vient de l'insuffisance de ressources humaines aux comptoirs de police.

"Toute la problématique actuelle des longues files d'attentes à l'aéroport de Marrakech s'explique par les comptoirs de police qui ne sont pas tous pourvus.

Malgré un nombre largement suffisant (33) pour traiter le trafic croissant des arrivées, il y a un manque de ressources humaines au niveau des agents de la DGSN".

C'est en ces termes qu'une source proche du dossier, requérant l'anonymat, explique la situation vécue par un touriste niçois qui a perdu 2 heures de ses courtes vacances (48 heures) en faisant la queue à un comptoir chargé de filtrer les arrivées aux postes-frontières.

Rappelons que dans sa vidéo devenue virale, il a mis à nu la lenteur des formalités policières en ajoutant que ce désagrément n'encouragerait pas les touristes à revenir au Maroc. 

Hormis les utilisateurs de réseaux sociaux qui n'ont pas manqué de partager cette vidéo, plusieurs professionnels du tourisme se sont également émus de ce dysfonctionnement majeur dans un des plus importants aéroports du Royaume pouvant occasionner un impact dévastateur pour le tourisme marocain.

Ainsi, Fouzi Zemrani, vice-président de la Confédération nationale du tourisme (CNT), a poussé un "coup de gueule se voulant constructif", dans son blog, pour régler un problème "loin d'être insurmontable". 

Dans une déclaration à Médias24, il a révélé qu'une réunion des membres du CRT (conseil régional du tourisme) de Marrakech avait eu lieu lundi 12 novembre pour trouver une solution à ce problème. 

Au terme de cette réunion, les professionnels ont prévu de rencontrer les autorités en la personne du préfet de police de la ville afin de le sensibiliser sur cette problématique et sur les contraintes posées par l'augmentation du trafic aérien de Marrakech.

Le coup de gueule du vice-président de la CNT

"Notre démarche se veut constructive pour savoir ce qui bloque à leur niveau et comment nous pouvons les aider pour éviter ce genre de situation anormale dans le plus bel aéroport d'Afrique qui hélas, assure également le pire service du continent en termes d'accueil des arrivées. 

"La récente vidéo doit être prise au sérieux car elle montre bien l'impact négatif sur tous les types de tourisme.

Que ce soit pour le segment du city break (tourisme étranger de courte durée) ou pour celui des touristes nationaux qui empruntent des vols point à point. Un Marocain qui vient de Fès a 45 minutes d'avion mais une fois arrivé à Marrakech, il doit patienter au moins une heure, voire plus, pour sortir de l'aérogare. 

"Concernant le tourisme city break sur lequel le Maroc veut se positionner, il est absurde d'avoir un aéroport à 15 minutes du centre-ville alors qu'il faut 2 heures pour en sortir. 

"Si Marrakech est victime de son succès, il n'en demeure pas moins qu'il y a un problème de ressources humaines dont le nombre n'a pas suivi la croissance de l'activité de l'aéroport.

"Ce n'est pas une question de hardware qui est largement suffisant mais plutôt de logistique software. A partir de là, je suis sûr qu'on peut régler cette défaillance, il suffit d'ajouter des agents aux comptoirs et le tour est joué.

"De plus, pour leur faciliter la tâche, nous pensons qu'il faut mettre à jour le système de contrôle au niveau des postes-frontières.

Nécessaire refonte du système de traitement des passagers

"La cellule que nous avons mise en place va faire une enquête à l'aéroport pour présenter des suggestions permettant de fluidifier le trafic des passagers.

"Alors que partout ailleurs dans le monde, un passager est traité en un minimum de temps (1 minute), le système actuel au Maroc s'éternise avec un système manuel dépassé.

"Le traitement des passagers doit évoluer en fonction des populations qui arrivent et se mettre aux normes internationales.

"Ainsi, les vols nationaux qui ne nécessitent pas de contrôle de passeports ou de contrôle approfondi doivent avoir une sortie dédiée. 

"Comme dans le monde entier, les nationaux en provenance de l'étranger doivent également bénéficier d'une file particulière. Sachant qu'ils ne nécessitent pas de numéro d'entrée, ils présentent leur passeport et sont admis à moins de faire l'objet d'une signalisation fiscale ou pénale.

"Il y a ensuite les étrangers qui n'ont pas besoin de visa pour entrer au Maroc, puis ceux qui doivent en présenter un. Sachant que ces derniers nécessitent un traitement plus long, il y aura peut-être un léger encombrement pour la file des visiteurs avec visa, mais le reste sera fluide.

"Aujourd'hui, dans le monde entier, les agents ont des lecteurs de passeports biométriques qui leur facilitent le travail. Chez nous, c'est toujours la fiche de police en carton à remplir manuellement qui est nécessaire. Tout cela conduit à une perte de temps pour les agents des 33 comptoirs qui, de plus, ne sont pas tous exploités.

Prévenir le rush avec des effectifs suffisants

"Sachant que les équipes d'agents travaillent presque 24 heures d'affilée, ne serait-il pas judicieux de les faire travailler huit heures pour améliorer leur rendement qui s'essouffle avec la fatigue occasionnée par la charge de travail ? Des roulements de quatre heures seraient préférables pour coller aux tranches horaires qui sont les plus fréquentées.

"Au niveau des départs et des arrivées, le rush commence à 9 heures du matin sachant que l'aéroport fonctionne 24 heures sur 24.

"En dehors des avions qui y passent la nuit (RAM et Ryanair ont une base sur place), les autres arrivent le matin pour repartir quelques heures après.

"Entre minuit et 3 heures du matin, il y a un seul avion en provenance de Casablanca dont le traitement passagers ne pose aucun problème. De 3 à 6 heures, c'est le calme et de 6 à 9 heures, il y a les premiers départs des vols nationaux qui ont passé la nuit sur place et quelques avions qui viennent de l'étranger. 

"Là où les problèmes de traitement de flux commencent, c'est à partir de 9 heures du matin (vol toutes les 10 minutes qui atterrit ou décolle) et plus particulièrement les week-ends qui connaissent une grande affluence avec les visiteurs city break", conclut Zemrani qui espère que la réunion avec le préfet de police permettra de régler ce dysfonctionnement qui ne donne pas envie à cette catégorie de touristes de revenir à Marrakech et in fine au Maroc.

Ci-après, la vidéo du touriste niçois:

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"Toute la problématique actuelle des longues files d'attentes à l'aéroport de Marrakech s'explique par les comptoirs de police qui ne sont pas tous pourvus.

Malgré un nombre largement suffisant (33) pour traiter le trafic croissant des arrivées, il y a un manque de ressources humaines au niveau des agents de la DGSN".

C'est en ces termes qu'une source proche du dossier, requérant l'anonymat, explique la situation vécue par un touriste niçois qui a perdu 2 heures de ses courtes vacances (48 heures) en faisant la queue à un comptoir chargé de filtrer les arrivées aux postes-frontières.

Rappelons que dans sa vidéo devenue virale, il a mis à nu la lenteur des formalités policières en ajoutant que ce désagrément n'encouragerait pas les touristes à revenir au Maroc. 

Hormis les utilisateurs de réseaux sociaux qui n'ont pas manqué de partager cette vidéo, plusieurs professionnels du tourisme se sont également émus de ce dysfonctionnement majeur dans un des plus importants aéroports du Royaume pouvant occasionner un impact dévastateur pour le tourisme marocain.

Ainsi, Fouzi Zemrani, vice-président de la Confédération nationale du tourisme (CNT), a poussé un "coup de gueule se voulant constructif", dans son blog, pour régler un problème "loin d'être insurmontable". 

Dans une déclaration à Médias24, il a révélé qu'une réunion des membres du CRT (conseil régional du tourisme) de Marrakech avait eu lieu lundi 12 novembre pour trouver une solution à ce problème. 

Au terme de cette réunion, les professionnels ont prévu de rencontrer les autorités en la personne du préfet de police de la ville afin de le sensibiliser sur cette problématique et sur les contraintes posées par l'augmentation du trafic aérien de Marrakech.

Le coup de gueule du vice-président de la CNT

"Notre démarche se veut constructive pour savoir ce qui bloque à leur niveau et comment nous pouvons les aider pour éviter ce genre de situation anormale dans le plus bel aéroport d'Afrique qui hélas, assure également le pire service du continent en termes d'accueil des arrivées. 

"La récente vidéo doit être prise au sérieux car elle montre bien l'impact négatif sur tous les types de tourisme.

Que ce soit pour le segment du city break (tourisme étranger de courte durée) ou pour celui des touristes nationaux qui empruntent des vols point à point. Un Marocain qui vient de Fès a 45 minutes d'avion mais une fois arrivé à Marrakech, il doit patienter au moins une heure, voire plus, pour sortir de l'aérogare. 

"Concernant le tourisme city break sur lequel le Maroc veut se positionner, il est absurde d'avoir un aéroport à 15 minutes du centre-ville alors qu'il faut 2 heures pour en sortir. 

"Si Marrakech est victime de son succès, il n'en demeure pas moins qu'il y a un problème de ressources humaines dont le nombre n'a pas suivi la croissance de l'activité de l'aéroport.

"Ce n'est pas une question de hardware qui est largement suffisant mais plutôt de logistique software. A partir de là, je suis sûr qu'on peut régler cette défaillance, il suffit d'ajouter des agents aux comptoirs et le tour est joué.

"De plus, pour leur faciliter la tâche, nous pensons qu'il faut mettre à jour le système de contrôle au niveau des postes-frontières.

Nécessaire refonte du système de traitement des passagers

"La cellule que nous avons mise en place va faire une enquête à l'aéroport pour présenter des suggestions permettant de fluidifier le trafic des passagers.

"Alors que partout ailleurs dans le monde, un passager est traité en un minimum de temps (1 minute), le système actuel au Maroc s'éternise avec un système manuel dépassé.

"Le traitement des passagers doit évoluer en fonction des populations qui arrivent et se mettre aux normes internationales.

"Ainsi, les vols nationaux qui ne nécessitent pas de contrôle de passeports ou de contrôle approfondi doivent avoir une sortie dédiée. 

"Comme dans le monde entier, les nationaux en provenance de l'étranger doivent également bénéficier d'une file particulière. Sachant qu'ils ne nécessitent pas de numéro d'entrée, ils présentent leur passeport et sont admis à moins de faire l'objet d'une signalisation fiscale ou pénale.

"Il y a ensuite les étrangers qui n'ont pas besoin de visa pour entrer au Maroc, puis ceux qui doivent en présenter un. Sachant que ces derniers nécessitent un traitement plus long, il y aura peut-être un léger encombrement pour la file des visiteurs avec visa, mais le reste sera fluide.

"Aujourd'hui, dans le monde entier, les agents ont des lecteurs de passeports biométriques qui leur facilitent le travail. Chez nous, c'est toujours la fiche de police en carton à remplir manuellement qui est nécessaire. Tout cela conduit à une perte de temps pour les agents des 33 comptoirs qui, de plus, ne sont pas tous exploités.

Prévenir le rush avec des effectifs suffisants

"Sachant que les équipes d'agents travaillent presque 24 heures d'affilée, ne serait-il pas judicieux de les faire travailler huit heures pour améliorer leur rendement qui s'essouffle avec la fatigue occasionnée par la charge de travail ? Des roulements de quatre heures seraient préférables pour coller aux tranches horaires qui sont les plus fréquentées.

"Au niveau des départs et des arrivées, le rush commence à 9 heures du matin sachant que l'aéroport fonctionne 24 heures sur 24.

"En dehors des avions qui y passent la nuit (RAM et Ryanair ont une base sur place), les autres arrivent le matin pour repartir quelques heures après.

"Entre minuit et 3 heures du matin, il y a un seul avion en provenance de Casablanca dont le traitement passagers ne pose aucun problème. De 3 à 6 heures, c'est le calme et de 6 à 9 heures, il y a les premiers départs des vols nationaux qui ont passé la nuit sur place et quelques avions qui viennent de l'étranger. 

"Là où les problèmes de traitement de flux commencent, c'est à partir de 9 heures du matin (vol toutes les 10 minutes qui atterrit ou décolle) et plus particulièrement les week-ends qui connaissent une grande affluence avec les visiteurs city break", conclut Zemrani qui espère que la réunion avec le préfet de police permettra de régler ce dysfonctionnement qui ne donne pas envie à cette catégorie de touristes de revenir à Marrakech et in fine au Maroc.

Ci-après, la vidéo du touriste niçois:

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