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Sucre et obésité: ce que dit le fameux rapport Mckinsey sur le Maroc 

Vendredi 7 décembre 2018 à 10h33
Sucre et obésité: ce que dit le fameux rapport Mckinsey sur le Maroc
 

Le rapport publié en 2014 par McKinsey Global Institute sur l'obésité dans le monde est devenu une référence internationale. Que dit-il exactement sur le Maroc ? Que préconise-t-il comme actions dans le monde pour lutter contre l'obésité ? Dans quelle mesure l'obésité est-elle une menace pour la santé dans le monde ? Voici les réponses ainsi que le texte intégral de ce rapport.

Autour du globe, l’obésité et les affections qui en découlent ont atteint des proportions qui suggèrent une véritable crise sanitaire. Environ 30% de la population mondiale est obèse, soit deux fois et demi le nombre de personnes souffrant de malnutrition ! Responsable de 5% des décès enregistrés annuellement, l’obésité devrait toucher 41% de la population mondiale selon des projections à l’horizon 2030.

Dans son rapport de 2014 sur l’obésité – devenu depuis une référence mondiale, McKinsey Global Institute estime l’impact économique de cette pathologie à 2.000 milliards de dollars. En termes d’importance, c’est presque l’équivalent de l’impact des violences armées (agressions, terrorisme, guerres – incluant les budgets militaires) ou encore le tabagisme, chacun étant estimé à quelque 2.100 milliards de dollars.

Fardeaux sociaux

En se basant sur des données de l’OMS, l’étude de McKinsey dresse un classement des principaux "fardeaux socio-économiques" dans certains pays, dont le Maroc. Ce qui jette un éclairage intéressant sur cette problématique, bien que certains résultats laissent quelque peu perplexe…

Au Maroc, l’obésité est ainsi le 2e plus coûteux fléau social, grevant 2,8% du PIB national (toujours selon les données de l’OMS). Il est curieux de constater que cette pathologie occupe le même classement relatif dans des pays développés tels que la France, les USA ou le Royaume-Uni – malgré un mode de vie et des habitudes de consommation assez différents des nôtres.

A titre indicatif, toujours dans la liste des fardeaux socio-économiques, la 1ère place est curieusement occupée au Maroc par les agressions armées, le terrorisme et la guerre (incluant les budgets militaires) – et ce, à l’instar des USA et du Brésil. La 3e place revient au changement climatique, et la 4e au tabagisme. Un classement très proche, presque similaire, de celui des sociétés industrialisées.

L’analphabétisme – y compris fonctionnel, occupe la 7e place au Maroc en tant que fardeau social, alors qu’il occupe la 2e place au Japon, la 4e place aux USA et au Royaume-Uni et la 5e en France ! Serait-il relativement moins lourd au Maroc ?

Ces réserves étant formulées, revenons au fond de l'étude.

L’étude de McKinsey sur l’obésité a notamment compilé des données issues de plus de 500 recherches internationales. Certaines tendances générales sont facilement identifiables, comme la corrélation entre urbanisation, amélioration du pouvoir d’achat et prévalence de l’obésité et du diabète.

Aucun pays dans le monde n’a pu réduire la prévalence de l’obésité entre 2000 et 2013. Et les régions qui connaîtront une forte croissance économique verront l’accroissement du nombre d’obèses et de diabétiques. Le Maroc a du souci à se faire. En effet, la première place de ce triste podium est occupée par l’Afrique qui passera de 20 millions de diabétiques en 2013 à 42 millions en 2035 (+110%). La 2e place revient à la région Mena, dont l’effectif de diabétiques atteindra 69 millions en 2035 – soit une croissance de 97%.

Ce constat ressort également si l’on tient compte de la perte de productivité liée à l’obésité, ainsi qu’aux maladies qui en découlent.

Pour évaluer donc cette perte de productivité, le rapport McKinsey prend en compte l’unité DALYs qui évalue le nombre d’années perdues (décès) ou économiquement non productives, en raison d’une maladie. Concernant l’obésité, les DALYs des pays développés sont 3 fois supérieurs aux niveaux enregistrés dans les pays émergents.

Toutefois, ce gap se rétrécit. En termes de progression des DALYs, le rythme a nettement ralenti dans les pays développés entre 1990 et 2010 (+17%), alors que dans les pays émergents, cette progression a explosé pour atteindre les 90%.

Quid des solutions ?

L’éducation, ainsi que la responsabilité personnelle des individus, sont souvent invoquées comme facteurs essentiels dans toute stratégie de lutte contre l’obésité.
Le rapport McKinsey va plus loin et estime nécessaire d’implémenter des mesures visant à modifier l’environnement et les normes sociales, et de moins compter sur les choix conscients des individus pour combattre l’obésité.

Ainsi, l’étude préconise un ensemble 74 interventions, dont 44 revêtent un caractère prioritaire en raison de leur fort impact en matière de lutte contre l’obésité.
Prises individuellement, aucune de ces mesures ne produit d’impact suffisant pour freiner l’expansion de l’obésité, d’où la nécessité d’adopter une approche systémique. Parmi ces mesures, les plus efficaces ne sont pas forcément celles que l’on croit:

-Réduction des portions: qu’il s’agisse de boissons, d’aliments conditionnés ou de plats, le rapport McKinsey présente la réduction des portions comme étant la mesure la plus efficace pour lutter contre l’obésité. Et la moins coûteuse pour la collectivité.

Selon une source proche de l’Association marocaine des boissons (AMB), ces producteurs s’engagent à réduire la taille de leurs contenants et emballages, afin de "favoriser une consommation responsable". Les membres de l’AMB affirment également avoir entrepris de réduire la teneur en sucre de leurs produits.

- Régulation des prix: producteurs et commerçants "doivent" s’engager à restreindre les offres promotionnelles de type "2 pour le prix d’un", sur les aliments et boissons à haute teneur calorifique. Sous nos cieux, de telles offres s’affichent sans complexe sur les panneaux publicitaires des grandes villes (1 pizza ou 1 hamburger acheté = 1 offert).

Le rapport préconise également l’interdiction, lors des heures de grande affluence, de spots publicitaires vantant des aliments ou boissons pouvant favoriser l’obésité. Qu'en est-il au Maroc ? Selon une source proche de l'AMB, il y a une volonté de bannir les actions marketing ciblant les enfants de moins de 12 ans. Mais il n'y a pas que les boissons. Qu'en est-il de tout ce qui est sucré ou hypercalorique comme les fast-foods, les confitures, confiseries, biscuiteries, ...?

Augmenter la pression fiscale: C’est l’une des mesures les moins efficaces selon le rapport McKinsey. L’étude recommande toutefois d’instaurer de nouvelles taxes visant à tirer vers le haut le prix de certains aliments et boissons. Parallèlement à la réduction des subventions publiques sur les principaux intrants de ces denrées telles que le maïs, l’huile de palme ou encore le sucre.

- Campagne de santé publique: reléguée en dernier, c’est tout simplement la mesure la moins efficace selon le rapport McKinsey !

 

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