Samir: les petits porteurs dans le flou

Les actionnaires minoritaires de la Samir attendent l'issue de la liquidation. Sauf miracle, ils n'en tireront probablement pas un sou.

Flou et attentisme décrivent la liquidation de la Samir, même au sein de son actionnariat, surtout les minoritaires. "Nous sommes dans l'ignorance la plus totale", nous dit ce petit porteur, dépité.

"Le titre Samir est suspendu à la cotation depuis une année". La Bourse de Casablanca "a publié périodiquement une note reconduisant cette suspension, en attente que des informations importantes soient publiées. Quelles sont ses informations? Nous ne l'avons jamais su", poursuit notre interlocuteur.

Après de multiples séances de suspensions, la radiation du titre Samir? La loi (1) prévoit la radiation, à la demande de l'AMMC (2), des valeurs inscrites à la cote de la Bourse des valeurs, lorsque la "personne morale concernée fait l’objet d’une mise en liquidation".

Or, la liquidation de la Samir a été prononcée le 21 mars 2016 ( confirmée le 1er juin en appel), avec toutefois une période transitoire de continuation, trois mois durant lesquels l'activité de la raffinerie devait se poursuivre. Sur demande de Mohamed Krimi, liquidateur judiciaire, le tribunal commercial de Casa a prorogé ce délai de six mois supplémentaires, soit jusqu'au 21 décembre. Puis de nouveau de trois mois, ce lundi 19 décembre.

Théoriquement, la liquidation implique la réalisation de l'actif pour le paiement des créanciers, puis la distribution du "surplus" entre les actionnaires. 

"Surplus", dites-vous? La valeur de l'ensemble des actifs de la Samir ne couvre probablement pas le paiement de tous les créanciers, qui totalisent une quarantaine de milliards de dirhams. "Vendre les actifs de la Samir ne permettra pas de couvrir toute la dette. En tant qu'actionnaire, je n'aurais plus rien", ajoute notre interlocuteur.

Pour les petits porteurs, une solution consisterait "en la reprise de la Samir non pas en tant qu'unité de production, mais en tant que groupe et entité juridique". C'est-à-dire le rachat de la société, actif et passif compris. Cette hypothèse est difficilement envisageable, d'autant que la loi ne parle que de "cession  globale des unités de production composées de tout ou partie de l'actif mobilier ou immobilier" de l'entreprise en liquidation.  

De plus, reprendre la société "nécessiterait du repreneur des efforts de négociation pour obtenir des remises de dettes. Pour les créanciers, cela signifie donc beaucoup de sacrifices, quitte à convertir leur créances en part de capital" dans la société rachetée. Encore une fois, difficile de miser sur ce scénario. 

En gros, "nous nous sommes fait flouer", concède l'actionnaire. Les investisseurs  ont cru en la viabilité du titre Samir, "ils ont pris un risque qu'il doivent aujourd'hui assumer. Mais d'autres parties assument une part de responsabilité", soupèse notre interlocuteur. Premiers responsables,  les commissaires aux comptes, qui ne fournissaient pas "des informations à temps, de manière à prendre une décision".

Le secteur bancaire est également pointé du doigt: plusieurs banques n'ont pas hésité à accorder des crédits, jusqu'à quelques semaines de l'arrêt du raffinage. Chez les porteurs, cela entretenait l'espoir d'un redressement.



[1] DAHIR PORTANT LOI N° 1-93-211 DU 4 REBIA II (21 SEPTEMBRE 1993) RELATIF A LA BOURSE DES VALEURS

[2] Autorité Marocaine du marché des capitaux 

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Flou et attentisme décrivent la liquidation de la Samir, même au sein de son actionnariat, surtout les minoritaires. "Nous sommes dans l'ignorance la plus totale", nous dit ce petit porteur, dépité.

"Le titre Samir est suspendu à la cotation depuis une année". La Bourse de Casablanca "a publié périodiquement une note reconduisant cette suspension, en attente que des informations importantes soient publiées. Quelles sont ses informations? Nous ne l'avons jamais su", poursuit notre interlocuteur.

Après de multiples séances de suspensions, la radiation du titre Samir? La loi (1) prévoit la radiation, à la demande de l'AMMC (2), des valeurs inscrites à la cote de la Bourse des valeurs, lorsque la "personne morale concernée fait l’objet d’une mise en liquidation".

Or, la liquidation de la Samir a été prononcée le 21 mars 2016 ( confirmée le 1er juin en appel), avec toutefois une période transitoire de continuation, trois mois durant lesquels l'activité de la raffinerie devait se poursuivre. Sur demande de Mohamed Krimi, liquidateur judiciaire, le tribunal commercial de Casa a prorogé ce délai de six mois supplémentaires, soit jusqu'au 21 décembre. Puis de nouveau de trois mois, ce lundi 19 décembre.

Théoriquement, la liquidation implique la réalisation de l'actif pour le paiement des créanciers, puis la distribution du "surplus" entre les actionnaires. 

"Surplus", dites-vous? La valeur de l'ensemble des actifs de la Samir ne couvre probablement pas le paiement de tous les créanciers, qui totalisent une quarantaine de milliards de dirhams. "Vendre les actifs de la Samir ne permettra pas de couvrir toute la dette. En tant qu'actionnaire, je n'aurais plus rien", ajoute notre interlocuteur.

Pour les petits porteurs, une solution consisterait "en la reprise de la Samir non pas en tant qu'unité de production, mais en tant que groupe et entité juridique". C'est-à-dire le rachat de la société, actif et passif compris. Cette hypothèse est difficilement envisageable, d'autant que la loi ne parle que de "cession  globale des unités de production composées de tout ou partie de l'actif mobilier ou immobilier" de l'entreprise en liquidation.  

De plus, reprendre la société "nécessiterait du repreneur des efforts de négociation pour obtenir des remises de dettes. Pour les créanciers, cela signifie donc beaucoup de sacrifices, quitte à convertir leur créances en part de capital" dans la société rachetée. Encore une fois, difficile de miser sur ce scénario. 

En gros, "nous nous sommes fait flouer", concède l'actionnaire. Les investisseurs  ont cru en la viabilité du titre Samir, "ils ont pris un risque qu'il doivent aujourd'hui assumer. Mais d'autres parties assument une part de responsabilité", soupèse notre interlocuteur. Premiers responsables,  les commissaires aux comptes, qui ne fournissaient pas "des informations à temps, de manière à prendre une décision".

Le secteur bancaire est également pointé du doigt: plusieurs banques n'ont pas hésité à accorder des crédits, jusqu'à quelques semaines de l'arrêt du raffinage. Chez les porteurs, cela entretenait l'espoir d'un redressement.



[1] DAHIR PORTANT LOI N° 1-93-211 DU 4 REBIA II (21 SEPTEMBRE 1993) RELATIF A LA BOURSE DES VALEURS

[2] Autorité Marocaine du marché des capitaux 

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