Bourse. Les entreprises familiales surperforment le Masi

Différents benchmarks des entreprises familiales par rapport au Masi démontrent que celles-ci affichent une meilleure rentabilité mais également moins de risques, c'est ainsi le constat qui ressort d'une étude élaborée par l'Esca et publiée ce mardi 31 janvier. Les détails.

Les entreprises familiales au Maroc sont plus performantes sur le plan financier que les entreprises à gérance non familiale. d'après une étude conduite par un groupe de chercheurs de la chaire "Entreprises familiales au Maroc" de l'Esca (école de management).

L'étude, publiée dans l'ouvrage "Entreprises familiales: des paradoxes aux opportunités" et présentée ce mardi 31 janvier au siège de l'école, s'est penchée sur l'opportunité d'investissement financier dans les actions de ce type d'entreprises. Prenant comme critères le retour sur investissement ou le risque, l'analyse a porté sur un échantillon de 16 entreprises familiales cotées à la Bourse des valeurs de Casablanca et représentant 21,9% de la capitalisation boursière.

Les valeurs en question sont: Delta Holding, Dari Couspate, Cartier Saada, Auto Nejma, Unimer, Afriquia Gaz, Colorado, Snep, CTM, Afric industrie, Aluminium du Maroc, Alliances, Stroc industrie, Atlanta Assurances, Les Eaux minérales d'Oulmès et la Sothema.

Les statistiques ainsi que les scores de performances pris en compte sont basés sur les cours boursiers journaliers des actions familiales ajustés des dividendes, sur la période s’étalant du 7 octobre 2014 au 2 octobre 2015, soit 246 jours observés.

En utilisant des modèles mathématiques, 16 benchmarks utilisant différentes pondérations des valeurs en question ont été déterminés. Ils ont été à leur tour comparés à l’indice Masi tenant compte des critères du risque et de la rentabilité.

Sur la base de ceux-ci, les résultats démontrent que les benchmarks d’entreprises familiales obtenus surperforment tous et sans exception le Masi: ils affichent ainsi une meilleure rentabilité et des risques inférieurs au principal indice de la BVC.

La mesure du gain d’un dirham investi sur tous les benchmarks en question, fait ressortir qu’un investisseur ayant investi le 7 octobre 2014 un dirham sur le Masi, et ayant vendu ses actifs le 2 octobre 2015, aura perdu approximativement 94 centimes. Alors qu’un investissement d’un dirham sur les indices des entreprises familiales aura rapporté, sur la même période, au minimum 24 DH. Un des benchmarks affiche même un retour sur investissement dépassant, pour un dirham seulement, les 191 DH.

"Un constat qui marque une rupture avec la théorie moderne de la gestion des portefeuilles financiers, où les plus diversifiés entre ceux-ci présentent un risque moins élevé", affirme Amine Mounir, professeur à l'Esca et responsable de l'étude en question. Le Masi compte plus d’actions que les benchmarks d’entreprises familiales élaborés et doit donc théoriquement présenter moins de risques, or les résultats de l’analyse prouvent le contraire.

"Un paradoxe"

De par le monde, plusieurs études suivent la même lignée et démontrent la surperformance des entreprises familiales, avec un retour sur investissement parfois supérieur de 75% à celui des entreprises où les familles ne sont pas impliquées. Un paradoxe car ces entreprises présentent, selon la littérature, un mode de management déconnecté de celui qui sévit dans les entreprises "modernes".

"L'entreprise familiale est maintes fois décrite comme un lieu où le pilotage et les décisions stratégiques sont pris au gré des aspirations du propriétaire: un cadre décisionnel réfutant la compétence des collaborateurs, la réalité du marché, les process et les outils d’aide à la décision", indique M. Mounir

Les hypothèses d’explication de cette surperformance évoquent souvent les éléments suivants: une aversion à la dette et une allocation efficiente des fonds propres, en plus d’un penchant pour les stratégies à long terme qui repose sur un intérêt personnel. "Un propriétaire d’une entreprise serait intéressé par un retour sur investissement à long terme plus qu’à court terme, dans une optique de maximisation de la valeur. Cette hypothèse ne peut être vérifiée dans le cadre d’entreprises contrôlées par des actionnaires non-familiaux, où la priorité est donnée au profit à court terme."

Ceci dit, au Maroc, les chercheurs de la discipline estiment que le manque d’écrits, de données et statistiques sur les entreprises familiales, découlant d'une opacité du mode de management de ces entreprises, entrave le développement de la contribution intellectuelle, et par conséquent la mise en évidence de l’entreprise familiale marocaine.

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Les entreprises familiales au Maroc sont plus performantes sur le plan financier que les entreprises à gérance non familiale. d'après une étude conduite par un groupe de chercheurs de la chaire "Entreprises familiales au Maroc" de l'Esca (école de management).

L'étude, publiée dans l'ouvrage "Entreprises familiales: des paradoxes aux opportunités" et présentée ce mardi 31 janvier au siège de l'école, s'est penchée sur l'opportunité d'investissement financier dans les actions de ce type d'entreprises. Prenant comme critères le retour sur investissement ou le risque, l'analyse a porté sur un échantillon de 16 entreprises familiales cotées à la Bourse des valeurs de Casablanca et représentant 21,9% de la capitalisation boursière.

Les valeurs en question sont: Delta Holding, Dari Couspate, Cartier Saada, Auto Nejma, Unimer, Afriquia Gaz, Colorado, Snep, CTM, Afric industrie, Aluminium du Maroc, Alliances, Stroc industrie, Atlanta Assurances, Les Eaux minérales d'Oulmès et la Sothema.

Les statistiques ainsi que les scores de performances pris en compte sont basés sur les cours boursiers journaliers des actions familiales ajustés des dividendes, sur la période s’étalant du 7 octobre 2014 au 2 octobre 2015, soit 246 jours observés.

En utilisant des modèles mathématiques, 16 benchmarks utilisant différentes pondérations des valeurs en question ont été déterminés. Ils ont été à leur tour comparés à l’indice Masi tenant compte des critères du risque et de la rentabilité.

Sur la base de ceux-ci, les résultats démontrent que les benchmarks d’entreprises familiales obtenus surperforment tous et sans exception le Masi: ils affichent ainsi une meilleure rentabilité et des risques inférieurs au principal indice de la BVC.

La mesure du gain d’un dirham investi sur tous les benchmarks en question, fait ressortir qu’un investisseur ayant investi le 7 octobre 2014 un dirham sur le Masi, et ayant vendu ses actifs le 2 octobre 2015, aura perdu approximativement 94 centimes. Alors qu’un investissement d’un dirham sur les indices des entreprises familiales aura rapporté, sur la même période, au minimum 24 DH. Un des benchmarks affiche même un retour sur investissement dépassant, pour un dirham seulement, les 191 DH.

"Un constat qui marque une rupture avec la théorie moderne de la gestion des portefeuilles financiers, où les plus diversifiés entre ceux-ci présentent un risque moins élevé", affirme Amine Mounir, professeur à l'Esca et responsable de l'étude en question. Le Masi compte plus d’actions que les benchmarks d’entreprises familiales élaborés et doit donc théoriquement présenter moins de risques, or les résultats de l’analyse prouvent le contraire.

"Un paradoxe"

De par le monde, plusieurs études suivent la même lignée et démontrent la surperformance des entreprises familiales, avec un retour sur investissement parfois supérieur de 75% à celui des entreprises où les familles ne sont pas impliquées. Un paradoxe car ces entreprises présentent, selon la littérature, un mode de management déconnecté de celui qui sévit dans les entreprises "modernes".

"L'entreprise familiale est maintes fois décrite comme un lieu où le pilotage et les décisions stratégiques sont pris au gré des aspirations du propriétaire: un cadre décisionnel réfutant la compétence des collaborateurs, la réalité du marché, les process et les outils d’aide à la décision", indique M. Mounir

Les hypothèses d’explication de cette surperformance évoquent souvent les éléments suivants: une aversion à la dette et une allocation efficiente des fonds propres, en plus d’un penchant pour les stratégies à long terme qui repose sur un intérêt personnel. "Un propriétaire d’une entreprise serait intéressé par un retour sur investissement à long terme plus qu’à court terme, dans une optique de maximisation de la valeur. Cette hypothèse ne peut être vérifiée dans le cadre d’entreprises contrôlées par des actionnaires non-familiaux, où la priorité est donnée au profit à court terme."

Ceci dit, au Maroc, les chercheurs de la discipline estiment que le manque d’écrits, de données et statistiques sur les entreprises familiales, découlant d'une opacité du mode de management de ces entreprises, entrave le développement de la contribution intellectuelle, et par conséquent la mise en évidence de l’entreprise familiale marocaine.

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