Pourquoi la SFI a quitté le tour de table de la BCP
Après 5 années de prise de participation, la SFI a cédé ses parts dans le capital de la BCP à deux institutionnels marocains. La filiale de la Banque Mondiale avait pour objectif de "mettre sur rails les ambitions africaines du groupe marocain" et sort avec une plus-value non négligeable.
Le mariage capitalistique entre la SFI, filiale de la Banque Mondiale, et la Banque Centrale Populaire aura duré 5 années. "Les objectifs précisés au début de notre investissement, au sein de la BCP, en termes d'impact social (création d'emplois, accès au financement pour les PME) ont été atteints", nous explique Georges Ghorra, responsable SFI par intérim en charge des opérations au Maghreb.
Ce dernier ajoute aussi que l'expansion des activités du groupe en Afrique Sub-Saharienne fait également partie des objectifs atteints. D’ailleurs, quelques jours seulement après l’accord entre les deux institutions, la banque marocaine officialisait la prise de participation de 50% dans le groupe Banque Atlantique. C’était le point de départ d’une longue série d’opérations de rachat.
Une plus-value importante
La banque présidée par Mohammed Benchaaboun a annoncé le 6 juin dernier que la SFI a cédé ses parts dans le capital de la banque à MAMDA et MCMA. La transaction a été conclue à 2,4 milliards de dirhams, selon la communication du groupe bancaire. La filiale de la Banque Mondiale aura donc dégagé une plus-value de 700 millions de dirhams après 5 ans de prise de participation.
L’entrée dans le capital de la BCP s’est faite au mois d’aout 2012 à travers une augmentation de capital réservée. La filiale de la Banque Mondiale a payé 1,7 milliard de dirhams pour 5 % du capital.
À l’époque, c’était l’investissement le plus important que la SFI avait réalisé dans la région Mena. Au cours de ce partenariat, la SFI estime qu’elle a aussi contribué à renforcer le positionnement de la BCP au niveau du marché des TPME, en leur améliorant l’accès au financement.
Cela dit, la séparation entre les deux institutions n’est pas totale. "La SFI continue de soutenir le Groupe BCP sur d’autres projets. Ainsi au travers d’un prêt signé en 2014, nous soutenons les activités de sa fondation Attawfiq Micro-Finance", précise Georges Ghorra.
150 millions de dollars toujours engagés
Pour la SFI, la durée des investissements varie en fonction de chaque projet. Aucune règle n’est imposée. La filiale de la Banque Mondiale explique qu’elle accompagne les sociétés du secteur privé tant qu’elles ont besoin de ses produits et ses services. Il est évident aussi que les deux partenaires se fixent au début de chaque projet des objectifs clairs.
"Outre les facteurs économiques et financiers, la SFI regarde également l’impact du projet au niveau local comme la création d’emplois, la gouvernance, le soutien au développement des PME, l’environnement", précise notre interlocuteur.
Une fois ces objectifs atteints, la SFI sort du capital, et généralement avec une plus-value importante. C’est ce qui lui permet d’utiliser son capital dans d’autres projets.
La SFI est présente au Royaume depuis 2011, à travers une trentaine de projets et jusqu’à aujourd’hui, plus de 600 millions de dollars ont été investis au Maroc. Le portefeuil d’investissements de la filiale de la Banque Mondiale englobe les secteurs de la banque, de la microfinance, de l’éducation, de l’industrie, des énergies renouvelables et des services.
A ce jour, le montant total des engagements d’IFC au Maroc est de 150 millions de dollars. Le tableau ci-dessous donne une idée sur quelques exemples de projets d’investissement soutenus par la SFI au Maroc:

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