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Résultats financiers. Le retour de la VoIP impacte le chiffre d’affaires de Maroc Telecom

Hormis la baisse du chiffre d’affaires de Maroc Telecom, justifiée, entre autres, par le retour de la VoIP au Maroc, les autres agrégats financiers du premier semestre sont dans le vert. 

Résultats financiers. Le retour de la VoIP impacte le chiffre d’affaires de Maroc Telecom
E. M. B.
Le 24 juillet 2017 à 14h06 | Modifié 11 avril 2021 à 2h42

Le chiffre d’affaires de Maroc Telecom sur les six premiers mois de l’année est plombé par le retour de la VoIP. Durant cette période, les résultats enregistrés par l’opérateur, hormis le CA, sont dans le vert. "Les efforts de l’opérateur ont annulé la contre performance du chiffre d'affaires et le RNPG ressort ainsi en progression. Les nouvelles filiales subsahariennes commencent elles aussi à faire remonter des résultats nets positifs après la fin de la phase de restructuration", remarque un analyste de la place à chaud.

La VoIP est l’origine du mal

En tout cas, le chiffre d’affaires de Maroc Telecom a reculé de 2,8% pour afficher 17 milliards de DH (MMDH), contre 17,6 MMDH enregistrés une année auparavant. Une baisse assez étrange, quand on apprend que le parc du groupe a gagné 3,8% sur une année. Ils sont, actuellement, plus de 55 millions de personnes à avoir un contrat avec l'opérateur à travers le continent noir. Au Maroc, le nombre des clients du fixe voix et du haut débit ne cesse de progresser, selon les explications fournies par Maroc Telecom.

Le premier opérateur national justifie ce recul principalement par la libéralisation au Maroc de la téléphonie sur IP (VoIP) depuis novembre 2016. Un changement de discours en comparaison avec les propos du président Abdeslam Ahizoune lors de la conférence de presse qu’il avait tenue en février 2016.

Interpellé sur la question de la VoIP, il avait précisé que son impact sur le chiffre d’affaires était "insignifiant". Cependant, il semblerait qu’avec le temps Abdeslam Ahizoune a changé d’avis. La hausse du parc et la hausse des usages n’ont pas réussi à contrecarrer l’impact, relativement important, de la VoIP que Maroc Telecom avait peut-être sous-estimée.

"A l’époque du blocage de la VoIP, il n’avait assez d’éléments pour en parler. Il s’est un peu précipité sur la question. Ce qui est certain, c’est que désormais, les opérateurs vont prendre la VoIP au sérieux", nous explique cet analyste. En effet, avec ce recul du chiffre d’affaires de plus de 600 millions de DH (MDH), l’on peut confirmer que les Marocains utilisent beaucoup cette technologie pour communiquer, notamment vers l’étranger. La VoIP avait été rétablie mi novembre 2016 à la veille de la COP22.

Autre point important relevé par le communiqué de Maroc Telecom pour justifier la baisse du chiffre d’affaires, c’est le coût de la communication. Que ce soit au Maroc ou dans les autres pays où l’opérateur est présent, les tarifs ont connu une baisse. "Ce sont des baisses continuelles auxquelles l’opérateur devrait normalement se préparer et auxquelles il devrait trouver une solution s'il veut rester en bons termes avec les investisseurs", avance cet analyste.

La satisfaction des filiales 

Par ailleurs, les efforts fournis par le groupe pour la maîtrise et l'optimisation des coûts ont donné des résultats satisfaisants au niveau du reste des agrégats financiers. L’EBITDA (résultat opérationnel avant amortissement) enregistré sur les 6 premiers mois de l’année progresse de 0,4% et s’établit à 8,5 MMDH. Conséquence: la marge d'EBITDA, qui informe sur le niveau de rentabilité du processus d’exploitation de l’entreprise, atteint un niveau assez élevé de 49,9%, en gagnant 1,4 point en une année.

Les investissements du groupe ont eux aussi connu une hausse et ceci se traduit par une hausse de l’endettement. La dette nette de Maroc Telecom à fin juin 2017 frôle les 17 MMDH, soit presque au même niveau que le chiffre d’affaires généré durant le premier semestre. "Cette rubrique avait connu des baisses sur les exercices précédents, mais depuis 2015 avec l’achat du groupe Moov la tendance s’est inversée. Cela dit, ce n’est pas   si dramatique que cela pour une entreprise comme Maroc Telecom qui doit garder un rythme important pour ses investissements", affirme notre analyste.

Cette première moitié de l’année a été marquée par la finalisation du plan de départs volontaires au niveau de la maison mère ainsi que par des réductions d'effectifs dans les filiales. "Le montant total des décaissements liés à ces plans de départ atteint 580 MDH au premier semestre 2017, le reliquat devant intervenir au cours du troisième trimestre 2017", précise la communication financière du groupe.

Le résultat net part du groupe (RNPG) est lui aussi en hausse de 5,7%, et se chiffre à plus de 2,9 MMDH. "Les activités à l'international ont tiré, une fois de plus, le RNPG vers le haut, d’ailleurs le résultat opérationnel des filiales a progressé de 23% sur cette période contrairement au Maroc", explique notre interlocuteur.

Pour le reste de l’exercice, Maroc Telecom a revu ses perspectives à la baisse sur la base des évolutions enregistrées lors de ces six premiers mois. Les investisseurs doivent apprendre que l’opérateur s’attend à une baisse du chiffre d’affaires d’ici la fin de l’année. Cependant, l’EBITDA devrait rester stable.

Par ailleurs, le Conseil de surveillance de Maroc Telecom a coopté Abdelouafi Laftit en remplacement de Mohamed Hassad en qualité de membre du Conseil.
 

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E. M. B.
Le 24 juillet 2017 à 14h06

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