Business. En partenariat avec le tunisien CHO, Dislog va lancer sa propre marque d’huile d’olive
La quasi-totalité de la production sera destinée à l’exportation. La France, les Etats-Unis et le Canada seront les premiers marchés cibles. Une structure marocaine vient d’être créée à cet effet portant un investissement de 200 MDH. La nouvelle unité de production et de commercialisation sera installée dans la région de Meknès, qui concentre à elle seule 32% de la production nationale.
L'annonce a été faite au cours d'une conférence de presse le lundi 11 septembre au siège de BMCE Capital à Casablanca. Le choix du lieu n’est pas anodin, c’est la banque d’affaires du groupe BMCE Bank qui a mis en relation Dislog et CHO, un opérateur tunisien spécialisé dans la fabrication d’huile d’olive conditionnée.
"Il y a un mois et demi, nous avons exprimé notre intérêt pour le marché marocain en cherchant un partenaire local. BMCE Capital nous a présenté Dislog et les choses ont très vite avancé", raconte Abdelaziz Makhloufi, PDG de CHO Group, présenté comme l’exportateur numéro 1 de l’huile d’olive en Tunisie, avec plus de 50% de parts de marché.
Il opère depuis 1996, soit deux années après la libération du secteur oléicole en Tunisie, sur la totalité de la filière: la culture des oliviers, la trituration, le conditionnement et la vente des huiles d’olives conditionnées sur le marché international sous la marque Terra Delyssa.
"L’objectif de cette alliance est de lancer des marques marocaines fortes exportables sachant que jusqu’ici, le Maroc n’arrive pas à séduire les grands distributeurs en Europe et en Amérique. De nombreux intermédiaires espagnols s’approvisionnent au Maroc en huile d’olive en vrac pour la brander ensuite chez eux. Le Maroc se prive ainsi de la valeur ajoutée née de cette opération. Pourquoi ne pas s’inspirer du modèle tunisien? En 2002-2003, la Tunisie exportait à peine 500 tonnes d’huile d’olive conditionnée. Elle en exporte aujourd’hui plus de 20.000 tonnes", déclare pour sa part Moncef Belkhayat, patron de Dislog Group.
"Le moment est bien choisi étant donné que les pouvoirs publics envisagent de booster la bouteille d’huile d’olive pour qu’elle s’exporte mieux. Cela se fera à travers des subventions envisagées dès 2018 au profit du secteur oléicole", ajoute-t-il.
200 MDH sur quatre ans
La nouvelle structure sera baptisée CHO Maroc, dont le capital -6 MDH- est détenu à hauteur de 51% par Dislog et 49% par son partenaire tunisien. L’investissement prévisionnel est de 200 MDH sur quatre ans. Le point de départ sera une usine de trituration qui permettra de mettre un pied dans l’industrie avec comme objectif de "s’intégrer en amont à travers des plantations qui seront louées ou achetées en fonction de l’offre disponible sur le marché", confie Moncef Belkhayat.
L’intégration en aval se fera à travers les réseaux de distribution déjà ouverts par Terra Delyssa en Europe et aux Etats-Unis. Les pays cibles étant les USA, le Canada et la France dans un premier temps.
Outre la production et la commercialisation de l’huile d’olive à partir du Maroc, une structure Dislog Tunisie sera créée pour commercialiser entre autres les produits de CHO. Le capital sera détenu cette fois-ci à hauteur de 51% par CHO et 49% par Dislog Group. L’investissement prévisionnel est de 30 MDH sur la période 2017-2021.
Une nouvelle orientation stratégique pour Dislog.
Développer des marques propres à Dislog, à condition qu’elles ne soient pas concurrentes à des marques déjà lancées par le distributeur en est le point nodal. "Du point de vue profitabilité, le fait de lancer nos marques est plus intéressant que d’en distribuer d’autres", explique M.Belkhayat.
Rappelons qu’il ne s’agit pas de la première expérience industrielle de Dislog Group, qui a lancé deux nouvelles marques de thé Miyaz et Selman il y a six mois à travers sa filiale Selman Tea. Cette dernière revendique déjà 4% de parts de marché.
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