Maritime. AML augmente son capital et revoie sa stratégie
Africa Morocco Link – filiale de la BMCE et l’une des rares compagnies maritimes à arborer pavillon marocain, a récemment été au cœur d’une ‘’polémique’’ autour du Diagoras. Pourquoi ce navire a-t-il quitté le giron d’AML? Quelles sont les perspectives de développement de la compagnie? Et comment se positionne-t-elle dans l’environnement maritime méditerranéen ? Explications…
Médias 24 a sollicité El Habib Haidar, responsable de la direction Business Développement au sein de la BMCE – en charge d’AML.
> Diagoras
A l’origine, une vidéo tournée sur le navire Diagoras, qui montre le retrait du pavillon marocain et son remplacement par un pavillon grec.
Selon le management d’AML, le Diagoras a été acquis en juin 2016 pour une période de 6 mois. «Dès le premier jour, il était prévu dans le contrat que ce navire soit restitué aux Grecs» précise El Habib Haidar.
Cette période contractuelle de 6 mois a été renouvelée deux fois. La raison? «Les spécificités de chaque ligne dictent le choix d’un navire adapté. Cela dépend de l’architecture du port, des courants marins,… Or c’est un marché très étriqué, où il n’est pas toujours aisé de trouver le navire adéquat. C’est ce qui nous a poussé à prolonger le contrat du Diagoras à deux reprises,» explique notre interlocuteur.
> Flotte actuelle et perspectives
AML possède actuellement un seul navire, le Morocco Star, qui dessert la ligne Tanger Med-Algesiras. Un second navire – probablement affrété, sera actif cet été sur la ligne Nador-Almeria, afin de répondre aux besoins de l’opération Marhaba.
L’acquisition en fonds propres, de même que l’affrètement de nouveaux navires, occupent une bonne place dans les orientations stratégiques d’AML. «Notre intention est de respecter scrupuleusement les termes du cahier des charges nous liant aux autorités marocaines. Cet accord fait état de plusieurs lignes maritimes à exploiter, assorties d’obligations en termes de fréquences. De notre côté, nous suivons aussi l’évolution du marché, qui déterminera si nous devons – dans l’immédiat, acheter des navires ou les affréter» observe Haider.
Ainsi, l’activation de nouvelles lignes maritimes est envisagée par le management d’AML, principalement à destination de l’Espagne, la France et l’Italie.
> Croissance
Sur la ligne Tanger Med-Algesiras, AML est passé de 4 à 36% de parts de marché en 2017. Une ascension que la compagnie maritime a bien l’intention de consolider.
Afin de favoriser son expansion, AML a procédé – fin 2017, à une augmentation de capital "d’approximativement" 200 M DH, pour atteindre actuellement un capital de près de 400 M DH. La répartition est en revanche restée inchangée, la BMCE détenant 51% des parts, contre 49% pour le groupe grec Attica.
> Stratégie et environnement maritime
AML procède actuellement à une refonte de sa stratégie, qui sera finalisée dans quelques semaines. Avec pour objectif principal un recalibrage de ses perspectives de développement, notamment à la lumière de l’évolution de l’environnement maritime méditerranéen.
En effet, le groupe espagnol Armas – basé aux îles Canaries, est en passe d’acquérir Trasmediterranea. Cette dernière est très active sur les lignes Tanger Med- Algesira, Nador-Almeria, Melilia – Almeria, les îles Baléares…
Le closing du deal aura lieu d’ici mars 2018 au plus tard, dès l’aval des autorités espagnoles de la concurrence. «Armas va pratiquement se retrouver en situation de monopole, disposant d’une flotte de 33 navires naviguant entre la Méditerranée et les îles Canaries. Dans ce contexte, il est normal qu’AML revoie sa stratégie et opère un repositionnement, afin de préserver nos parts de marché et assurer notre développement dans un environnement maritime en pleine mutation» souligne El Habib Haider.
> Ressources humaines
On a parfois reproché à AML d’embaucher essentiellement du personnel grec, au détriment des nationaux. Une accusation que Haider rejette. «C’est totalement faux. Nos équipages sont composés aussi bien de Marocains que de Grecs, dans une proportion de 50/50. Les marins marocains sont très bien formés. D’ailleurs un grand nombre de notre personnel provient des anciennes compagnies maritimes marocaines - Comanav, Comarit…, et tous justifient d’une expérience certaine en navigation».
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