Le lancement de Careem à Fès et Marrakech est “pour très bientôt”
Un mois après avoir opéré un rapprochement avec deux des syndicats de taxis au Maroc, et lancé la réservation de taxis via smartphone dans la ville de Tanger, Careem déclare être dans une situation favorable. Environ 2 000 chauffeurs, et une centaine de taxis ont déjà rejoint son réseau de transport. Contacté par Médias24, Ibrahim Manna, directeur des marchés émergents de Careem fait le point.
Fondée en 2012 à Dubaï, Careem est une entreprise offrant des services de réservation de voitures avec chauffeurs moyennant une application mobile.
Présente au Maroc depuis 2015, la plateforme régionale opère dans plus de 100 villes réparties dans 15 pays en Afrique du Nord, au Proche-Orient et au Pakistan.
Avec une flotte d’environ 850.000 capitaines (chauffeurs), l’application compte plus de 24 millions d’utilisateurs à travers le monde.
Chauffeurs et conditions des véhicules
Careem ne possède aucun véhicule. Le modèle économique de l’entreprise repose uniquement sur la plateforme d’intermédiation (l’application mobile Careem) entre un particulier qui possède un véhicule de tourisme ou un chauffeur de taxi en exercice et un passager souhaitant se déplacer au niveau national.
La différenciation que la société présente par rapport à l’offre de transport déjà existante au Maroc est liée à la proximité, l’instantanéité et la qualité impliquant le chauffeur et le véhicule.
Les voitures répondent à des normes de qualité intransigeantes. Les modèles datant de plus de 5 ans sont catégoriquement refusés, la visite technique est un prérequis et des contrôles supplémentaires de l’état du véhicule sont effectués en aval. Les options de climatisation et de personnalisation multimédia sont obligatoires.
S’agissant des chauffeurs de Careem, appelés capitaines, ils sont détenteurs du statut auto-entrepreneur, et ne sont donc pas employés chez Careem moyennant un contrat de travail classique. Ces derniers doivent obligatoirement justifier d’un casier judiciaire vierge.
"Les capitaines sont formés aux nouvelles technologies et au service clientèle", déclare Ibrahim Manna, directeur des marchés émergents de Careem.
En effet, les capitaines suivent des formations accélérées pour maîtriser l’usage de l’application, et pour assurer un certain niveau de service clientèle.
Après le rapprochement avec les syndicats des taxis à Casablanca
La flotte de Careem au Maroc atteignait déjà les 2.000 capitaines. A présent, une centaine de chauffeurs ont rejoint la flotte après l’accord avec les taxis à Casablanca.
"L’accord est plus qu’un partenariat. Nous avons formé des chauffeurs à l’utilisation de nouvelles technologies et les avons munis d’assurance maladie…", explique M. Manna.
"Malheureusement, les confrontations avec les taxis persistent. On n’arrive toujours pas à comprendre que le positionnement de Careem diffère de celui d’un taxi en formule classique. Careem est un service de proximité, on n’a pas besoin de sortir sur le boulevard pour appeler un taxi, on en commande de chez soi. La qualité du service n’est pas la même non plus", poursuit le directeur.
"(…) Et je peux vous garantir que notre activité est moins rentable que l’activité du taxi", affirme-t-il.
Le management se déclare très satisfait du nouveau partenariat. Si les conflits avec les taxis n’ont pas pris fin, ils se font de plus en plus rares. La société compte en signer davantage avec les autres syndicats.
Il y a un mois, la plateforme de transport a lancé "GoTaxi", un service de commande de taxis en ligne à Tanger. Une nouvelle formule de Careem qui concerne uniquement les chauffeurs de taxis de la ville du Détroit.
"La pénétration du marché tangérois présage d’un futur succès".
L’activité de Careem est-elle légale au Maroc?
Selon les dires de M. Manna, l’activité de Careem est tout à fait légale et l’a toujours été. L’entreprise est à jour en ce qui concerne les déclarations, les cotisations salariales et les impôts.
"La loi marocaine n’a jamais interdit notre activité. Les problèmes que nous rencontrons sont dus à l’attitude des chauffeurs de taxis", affirme notre interlocuteur.
Selon lui, les chauffeurs de taxis exercent une pression sur les autorités ou s’octroient carrément le droit d’intervenir, parfois violemment.
Pour Ibrahim Manna et le management de Careem, la stratégie est simple: davantage de partenariats, de sessions de formation, de qualité de service…
Refusant d’émettre un quelconque commentaire sur le départ d’Uber, ou sur la position de Careem par rapport à la concurrence, M. Manna affirme que la stratégie de Careem a toujours été la même: "nous travaillons selon nos propres agendas, quels que soient les acteurs présents sur le march".
Careem dans le long terme
Après le nouveau partenariat avec l’UNT et la SDT à Casablanca et le lancement de "Go Taxi" à Tanger, le management est ambitieux. Careem vise à étendre sa couverture territoriale. Le lancement du service à Fès et Marrakech est pour très bientôt.
Le management explore également d’autres secteurs d’activités tels que la commande et la livraison de repas, les services bancaires digitaux et le paiement mobile…
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