Le juge-commissaire réclame des garanties aux candidats. Ces derniers exigent des garanties au gouvernement. Le gouvernement fait la sourde oreille. Voilà où en est le dossier de la Samir.

Le juge-commissaire, le syndic et les contrôleurs chargés du dossier de la Samir se sont réunis ce lundi 17 septembre au tribunal de commerce, lors d'une séance dédiée à la cession du raffineur. Une énième réunion et un constat unique: Le dossier semble sans issue. En liquidation depuis mars 2016 et en vente depuis janvier 2017, l’ex-fleuron de l’industrie marocaine est dans l’impasse. Et aucun indice ne semble présager qu’il en sortira un jour.

Ce lundi, le juge-commissaire Mohamed Bouhamria a adressé «un avertissement» au nouveau syndic Mohamed Safadi, auquel il est demandé «de prouver qu’il a réellement contacté les candidats au rachat pour leur réclamer leurs offres définitives».

Cette mission lui avait été dévolue dès sa désignation en mai dernier en remplacement de Mohamed El Krimi. L’idée étant de relancer les négociations avec les acheteurs potentiels. Or, c’est le deuxième avertissement du genre que reçoit M. Safadi, ce dernier ayant déjà reçu un premier le 16 juillet.

Où se situe le blocage?

Du côté du tribunal, le discours n’a pas changé: «On attend toujours des offres sérieuses assorties de garanties», explique une source judiciaire. Une exigence qui relève du bon sens, mais qui a surtout un fondement légal. Même si le juge-commissaire se montre souple quant à la nature des garanties (cautions, une première tranche de l’offre globale, une sûreté personnelle etc.). Seulement, aucun des candidats ne les a fournies.

De leur part, les candidats ne se bousculent plus devant le bureau de M. Bouhamria. «Le temps perdu ici, nous pourrions l’exploiter ailleurs», confie l’un d’eux à Médias24, fustigeant la lenteur du processus.

Mais le problème pourrait se situer ailleurs: «Au moins trois candidats maintiennent leur intérêt pour la Samir, mais attendent une garantie du gouvernement pour convertir cet intérêt en offre définitive», explique une source informée. Car comme pour la partie vendeuse, il est également question de garanties pour les acheteurs potentiels, dont les demandes vont dans le sens de «l’exploitation paisible de leur investissement futur».

En ce sens, l’un des candidats voudrait «obtenir de l’Etat l’engagement que sur le site de Mohammedia, l’activité industrielle du raffinage du pétrole reste maintenue pour au moins 15 ans suivant la cession», rapporte notre source.

C’est aussi à l’intervention de l’Etat qu’en appellent les salariés de la Samir. Depuis le 20 juillet 2018, ceux-ci composent, avec d’autres organes partisans, syndicaux et associatifs, ce que l’on appelle «Le Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine de pétrole».  Dans une réunion tenue le 15 septembre, ce dernier appelle l’exécutif  à activer «toutes les options réalistes» pour redémarrer l’activité de la raffinerie.

En dehors de la «cession» dont le processus est aujourd’hui en cours, le front avance des suggestions telles que «la gérance libre», «la conversion des dettes en participation au capital», «la nationalisation» ou encore «le transfert à une société mixte composée d’un opérateur industriel, de l’Etat, des distributeurs pétroliers, des banques marocaines créancières, des investisseurs institutionnels et des salariés». Soit à peu près les mêmes options proposées depuis le début de la crise, et qui n’ont jamais trouvé écho auprès des parties concernées.

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Le juge-commissaire réclame des garanties aux candidats. Ces derniers exigent des garanties au gouvernement. Le gouvernement fait la sourde oreille. Voilà où en est le dossier de la Samir. 

 

Le juge-commissaire, le syndic et les contrôleurs chargés du dossier de la Samir se sont réunis ce lundi 17 septembre au tribunal de commerce, lors d'une séance dédiée à la cession du raffineur. Une énième réunion et un constat unique: Le dossier semble sans issue. En liquidation depuis mars 2016 et en vente depuis janvier 2017, l’ex-fleuron de l’industrie marocaine est dans l’impasse. Et aucun indice ne semble présager qu’il en sortira un jour.

Ce lundi, le juge-commissaire Mohamed Bouhamria a adressé «un avertissement» au nouveau syndic Mohamed Safadi, auquel il est demandé «de prouver qu’il a réellement contacté les candidats au rachat pour leur réclamer leurs offres définitives».

Cette mission lui avait été dévolue dès sa désignation en mai dernier en remplacement de Mohamed El Krimi. L’idée étant de relancer les négociations avec les acheteurs potentiels. Or, c’est le deuxième avertissement du genre que reçoit M. Safadi, ce dernier ayant déjà reçu un premier le 16 juillet.

Où se situe le blocage?

Du côté du tribunal, le discours n’a pas changé: «On attend toujours des offres sérieuses assorties de garanties», explique une source judiciaire. Une exigence qui relève du bon sens, mais qui a surtout un fondement légal. Même si le juge-commissaire se montre souple quant à la nature des garanties (cautions, une première tranche de l’offre globale, une sûreté personnelle etc.). Seulement, aucun des candidats ne les a fournies.

De leur part, les candidats ne se bousculent plus devant le bureau de M. Bouhamria. «Le temps perdu ici, nous pourrions l’exploiter ailleurs», confie l’un d’eux à Médias24, fustigeant la lenteur du processus.

Mais le problème pourrait se situer ailleurs: «Au moins trois candidats maintiennent leur intérêt pour la Samir, mais attendent une garantie du gouvernement pour convertir cet intérêt en offre définitive», explique une source informée. Car comme pour la partie vendeuse, il est également question de garanties pour les acheteurs potentiels, dont les demandes vont dans le sens de «l’exploitation paisible de leur investissement futur».

En ce sens, l’un des candidats voudrait «obtenir de l’Etat l’engagement que sur le site de Mohammedia, l’activité industrielle du raffinage du pétrole reste maintenue pour au moins 15 ans suivant la cession», rapporte notre source.

C’est aussi à l’intervention de l’Etat qu’en appellent les salariés de la Samir. Depuis le 20 juillet 2018, ceux-ci composent, avec d’autres organes partisans, syndicaux et associatifs, ce que l’on appelle «Le Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine de pétrole».  Dans une réunion tenue le 15 septembre, ce dernier appelle l’exécutif  à activer «toutes les options réalistes» pour redémarrer l’activité de la raffinerie.

En dehors de la «cession» dont le processus est aujourd’hui en cours, le front avance des suggestions telles que «la gérance libre», «la conversion des dettes en participation au capital», «la nationalisation» ou encore «le transfert à une société mixte composée d’un opérateur industriel, de l’Etat, des distributeurs pétroliers, des banques marocaines créancières, des investisseurs institutionnels et des salariés». Soit à peu près les mêmes options proposées depuis le début de la crise, et qui n’ont jamais trouvé écho auprès des parties concernées.

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