Environnement: De Mdiq à Fnideq, une poubelle à ciel ouvert
En pleine saison estivale, l’état des plages marocaines publiques illustre bien le laisser-aller des autorités locales censées contribuer à l’attractivité touristique du pays. De Mdiq à Fnideq, l’ensemble de la côte méditerranéenne et les plages attenantes sont jonchées de déchets ménagers voire industriels sans que personne ne s’en émeuve.
Chaque année, le ministère de l’énergie, des mines et du développement durable présente une cartographie des plages du littoral listant notamment celles où il fait bon se baigner sans risque microbiologique pour la santé ou la sécurité des estivants.
Selon les analyses des stations de prélèvements localisées dans chaque région côtière du Maroc, les 500 kilomètres de la zone méditerranéenne offrent des eaux de baignade répondant aux normes internationales de qualité. On peut le vérifier en cliquant ici.
Sur le terrain, ces conclusions idylliques sont contredites par une réalité désolante entre les côtes de Mdiq et de Fnideq: Excréments flottants à la surface de l'eau, plastiques et bouteilles de toutes sortes, morceaux de bois et de ferraille, mousse à la couleur peu rassurante, ordures ménagères, morceaux de pneus et de vêtements usagés …
En dehors des ordures charriées par le flux de la marée sur le rivage, les plages de la "French Riviera" offrent un aperçu édifiant sur la gestion des déchets par les autorités et les élus concernés.
Alors que plusieurs poubelles sont prévues pour accueillir les déchets des baigneurs, le sable pollué devient un élément menaçant pour les familles désirant planter un parasol pour bronzer et se détendre.
Le contraste est saisissant entre les plages publiques et celles fréquentées par les clients des hôtels de luxe. Ainsi, celle de Mdiq est une véritable poubelle à ciel ouvert alors que les plages des hôtels Sofitel ou Kabila sont nettoyées chaque jour par une équipe d'agents dédiés à cette tâche.
Un an après le lancement de l’opération "Zéro Mika", force est de constater que cette région échappe complètement à l’interdiction d'utiliser des plastiques d’emballage qui jonchent les eaux de baignade et les plages. Pour s'en convaincre, il suffit de se rendre dans n'importe quel commerce de la région pour voir ses achats (poissons et viandes, légumes, fruits, vêtements ...) systématiquement emballés dans les très polluants sacs en plastique.
Interrogés par Médias24, des habitants affirment que cette pollution est due à la mauvaise gestion des élus qui ne s’emparent du problème que quand le Roi arrive dans la région pour y passer ses vacances d’été.
"C’est à la fois catastrophique pour les touristes marocains et internationaux qui gardent une image de saleté et de laisser-aller total des autorités en charge du nettoyage", se désole un vacancier qui ajoute n’avoir jamais assisté à une telle indifférence des autorités en 40 années de villégiature dans le nord.
Entre des eaux au contenu peu rassurant et des plages de sable blanc devenu noir à force de mélange improbable avec diverses ordures, la côte, de Kabila à Restinga, naguère très prisée par les vacanciers marocains et espagnols offre tous les ingrédients pour faire fuir les nouveaux marchés émetteurs étrangers que le Maroc aimerait tant séduire.
Si la responsabilité de cette situation incombe clairement à l’incurie des autorités municipales, il faut souligner qu'elle est aussi imputable au manque de civisme des habitants de la région et des bateaux qui voguent à proximité des côtes.
"En voyant l’efficacité des agents de nettoyage de Sebta, distante de quelques kilomètres, on se dit que le tourisme dans le nord n’est pas du tout une priorité de l’administration locale et régionale. Il faut cependant ajouter que les populations ne sont pas sensibilisées à la sauvegarde de leur environnement car elles participent activement à cette pollution. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir les poubelles désespérément vides dans des plages jonchées de restes de repas de ftours et les tonnes de déchets de toutes sortes jetées par les marins de leur embarcation que ramène le ressac", conclut notre interlocuteur en condamnant l'incivisme des citoyens.
Voir ci-après, les photos de la plage de M'diq pendant les derniers jours du ramadan:




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