Le GPBM a rencontré la Banque centrale ce lundi au cours d’un conseil qui a eu lieu à Casablanca. Le flou persiste. Il s’agit bien d’un report “indéterminé“.

C’est mercredi 28 juin en fin de journée que la décision a été prise de surseoir “pour trois ou quatre jours“ à l’entrée en vigueur du processus de flexibilisation des changes.

Jeudi matin en conseil de gouvernement, l’exposé de Mohamed Boussaid, ministre de l’Economie et des Finances, est annulé. Dans la journée, Saâdeddine El Otmani reçoit chez lui Boussaid et Jouahri pour un échange autour de la question et des risques que comporte cet élargissement de la bande de fluctuation du Dirham. El Otmani semble rassuré et le montrera samedi au cours de l’émission de télévision dont il est l’invité, sans toutefois donner le fin mot de l'histoire.

Depuis jeudi, ni la Banque centrale ni le ministère des Finances n’acceptent de communiquer sur cette question. Une source de haut niveau, directement concernée par le dossier, déclare ce jour-là à Médias24 que le report de “quelques jours est provoqué par des réglages de dernière minute, du fine tuning“.

Depuis jeudi également, le dossier semble piloté par El Otmani, selon tous les témoignages que nous avons recueillis. Mais il nous a été impossible de savoir si la décision a été prise par lui ou pas. Sur Al Aoula et 2M, El Otmani évoque sans plus de précision des “commissions qui travaillent sur le dossier“.

Vendredi, changement d’ambiance. Toutes les sources de haut niveau évoquent un projet qui a été “mis en stand by, un report d’une durée indéterminée“.

Auprès de la Banque centrale, c’est le silence. Refus total de toute déclaration.

Ce lundi matin 3 juillet, des dirigeants du GPBM ont rencontré la Banque centrale. Abderrahim Bouazza, DG de la Banque centrale, était annoncé. Au moment où nous mettions en ligne, nous n’avions pu confirmer s’il avait été présent.

Trois banquiers présents, interrogés par Médias24, évoquent une réunion qui les a laissés sur leur faim. “Le flou persiste“, nous déclare l’un d’eux. “Nous n’avons aucune visibilité“, renchérit l’autre. Le troisième: “la décision semble être entre les mains de la primature“.

Othmane Benjelloun, président du GPBM, joint par Médias24, nous déclare “attendre des précisions de la part du ministère des Finances. Nous publierons peut-être un communiqué demain ou dans 48 heures pour calmer les esprits. Nous voulons être constructifs“.

Fausses rumeurs

La décision a-t-elle été prise par excès de prudence? Probablement. Une partie du marché a parié sur une dévaluation, rapidement démentie par Jouahri, sur un ton convaincant, mais cela n'a pas suffi.

Cela n’a pas suffi, car la rumeur s’est propagée au sein du grand public. Et a été relayée sur les réseaux sociaux, de sorte que s’est imposée la fausse équation “flexibilisation=forte baisse du Dirham“. Des écrits ont foisonné, faisant état comme ici, d’une baisse probable de 60% de la valeur du Dirham, non par dévaluation, mais par simple élargissement de la bande de fluctuation. Bien sûr, c’est impossible, car la marge de fluctuation allait être seulement de ±2,5%. Tout comme la mauvaise monnaie chasse la bonne, la fausse rumeur a chassé la vérité.

C’est maintenant ou jamais

Que l’on soit favorable ou non à la décision de changement de régime de change, on doit reconnaître que la période est propice et que la fenêtre d'opportunité est étroite. Et enfin, que le risque est extrêmement limité.

Contrairement à la Turquie ou à l’Egypte, le Maroc allait s’offrir le luxe de changer le régime de change d’une manière volontaire, après avoir réuni les pré-requis.

De plus, lors du second semestre, les besoins en devises sont moins importants. Les cours du pétrole sont à la baisse et la bonne année agricole réduit les besoins en devises.

Pour Jouahri qui a tout préparé dans les moindres détails et déjà reporté le lancement d’un semestre pour bien peaufiner l’opération… Qui a mené une remarquable campagne de communication... Qui a choisi une bande de fluctuation très étroite, pour réduire le risque de dépréciation…. Qui a engagé sa crédibilité personnelle dans l’opération... le coup est rude.

La situation d’incertitude est aggravée par l’absence de communication officielle autour du report.

Plus le temps passera, et plus le coût de ce report sera élevé, en termes de crédibilité des institutions monétaires et de confiance dans la monnaie nationale. Espérons donc une décision finale et rapide. Quelle qu'elle soit.

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C’est mercredi 28 juin en fin de journée que la décision a été prise de surseoir “pour trois ou quatre jours“ à l’entrée en vigueur du processus de flexibilisation des changes.

Jeudi matin en conseil de gouvernement, l’exposé de Mohamed Boussaid, ministre de l’Economie et des Finances, est annulé. Dans la journée, Saâdeddine El Otmani reçoit chez lui Boussaid et Jouahri pour un échange autour de la question et des risques que comporte cet élargissement de la bande de fluctuation du Dirham. El Otmani semble rassuré et le montrera samedi au cours de l’émission de télévision dont il est l’invité, sans toutefois donner le fin mot de l'histoire.

Depuis jeudi, ni la Banque centrale ni le ministère des Finances n’acceptent de communiquer sur cette question. Une source de haut niveau, directement concernée par le dossier, déclare ce jour-là à Médias24 que le report de “quelques jours est provoqué par des réglages de dernière minute, du fine tuning“.

Depuis jeudi également, le dossier semble piloté par El Otmani, selon tous les témoignages que nous avons recueillis. Mais il nous a été impossible de savoir si la décision a été prise par lui ou pas. Sur Al Aoula et 2M, El Otmani évoque sans plus de précision des “commissions qui travaillent sur le dossier“.

Vendredi, changement d’ambiance. Toutes les sources de haut niveau évoquent un projet qui a été “mis en stand by, un report d’une durée indéterminée“.

Auprès de la Banque centrale, c’est le silence. Refus total de toute déclaration.

Ce lundi matin 3 juillet, des dirigeants du GPBM ont rencontré la Banque centrale. Abderrahim Bouazza, DG de la Banque centrale, était annoncé. Au moment où nous mettions en ligne, nous n’avions pu confirmer s’il avait été présent.

Trois banquiers présents, interrogés par Médias24, évoquent une réunion qui les a laissés sur leur faim. “Le flou persiste“, nous déclare l’un d’eux. “Nous n’avons aucune visibilité“, renchérit l’autre. Le troisième: “la décision semble être entre les mains de la primature“.

Othmane Benjelloun, président du GPBM, joint par Médias24, nous déclare “attendre des précisions de la part du ministère des Finances. Nous publierons peut-être un communiqué demain ou dans 48 heures pour calmer les esprits. Nous voulons être constructifs“.

Fausses rumeurs

La décision a-t-elle été prise par excès de prudence? Probablement. Une partie du marché a parié sur une dévaluation, rapidement démentie par Jouahri, sur un ton convaincant, mais cela n'a pas suffi.

Cela n’a pas suffi, car la rumeur s’est propagée au sein du grand public. Et a été relayée sur les réseaux sociaux, de sorte que s’est imposée la fausse équation “flexibilisation=forte baisse du Dirham“. Des écrits ont foisonné, faisant état comme ici, d’une baisse probable de 60% de la valeur du Dirham, non par dévaluation, mais par simple élargissement de la bande de fluctuation. Bien sûr, c’est impossible, car la marge de fluctuation allait être seulement de ±2,5%. Tout comme la mauvaise monnaie chasse la bonne, la fausse rumeur a chassé la vérité.

C’est maintenant ou jamais

Que l’on soit favorable ou non à la décision de changement de régime de change, on doit reconnaître que la période est propice et que la fenêtre d'opportunité est étroite. Et enfin, que le risque est extrêmement limité.

Contrairement à la Turquie ou à l’Egypte, le Maroc allait s’offrir le luxe de changer le régime de change d’une manière volontaire, après avoir réuni les pré-requis.

De plus, lors du second semestre, les besoins en devises sont moins importants. Les cours du pétrole sont à la baisse et la bonne année agricole réduit les besoins en devises.

Pour Jouahri qui a tout préparé dans les moindres détails et déjà reporté le lancement d’un semestre pour bien peaufiner l’opération… Qui a mené une remarquable campagne de communication... Qui a choisi une bande de fluctuation très étroite, pour réduire le risque de dépréciation…. Qui a engagé sa crédibilité personnelle dans l’opération... le coup est rude.

La situation d’incertitude est aggravée par l’absence de communication officielle autour du report.

Plus le temps passera, et plus le coût de ce report sera élevé, en termes de crédibilité des institutions monétaires et de confiance dans la monnaie nationale. Espérons donc une décision finale et rapide. Quelle qu'elle soit.

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