Flexibilité. L'Office des changes adresse un rappel aux banques
L’Office des changes vient d’adresser aux banques des clarifications concernant l’usage des couvertures contre le risque de change. Ces clarifications font référence à l’instruction des changes actuellement en vigueur et qui date du 31 décembre 2013.
La précision principale qui est apportée est la suivante: les produits de couverture sont autorisés à condition d’être adossés à une opération commerciale réelle.
Une clarification qui est en réalité un rappel et qui a été rendue nécessaire par les dépassements enregistrés au cours du mois de juin. Dans la perspective d’un passage jugé imminent au régime progressif de flexibilité, il y a eu au départ deux types de demandes:
-des importateurs qui avaient l’habitude de réaliser des opérations de couverture pour leurs achats à terme.
-des importateurs qui ont décidé de le faire dans la crainte d’une correction à la baisse de la valeur du Dirham.
Ces deux opérations sont parfaitement normales et légitimes. C’est pour elles que les produits de couverture ont été mis en place.
Prenons un exemple simple et réel: un importateur engage 100 MDH d’achats à l’étranger. En cas de correction à la baisse de 2,5% après le changement de régime de change, il perdrait 2,5 MDH.
En plus de ces deux types de demandes, est apparue une troisième catégorie. Celle d’opérateurs qui vont ou pas réaliser des importations dans des délais plus ou moins courts et qui vont demander à leur banque de leur servir immédiatement des devises.
Quelle que soit leur intention à la base, certains d’entre eux vont placer ces montants sur le marché et attendre un jackpot en cas de dévaluation. Ce sont des demandes de devises non adossées à des opérations d’importation immédiates de la part d’opérateurs qui n’ont pas un historique de couvertures contre le risque de change. Ces opérations portent un nom: la spéculation.
L’Office des changes mène depuis une quinzaine de jours des inspections auprès de quelques banques, car toutes les banques ne sont pas concernées. Mais ces inspections sont complexes et la preuve de la spéculation difficile à apporter rapidement.
La clarification apportée par l’Office des changes au secteur bancaire a eu pour mérite de généraliser la rigueur dans le traitement des opérations.
Mais elle fait plusieurs victimes: les entreprises, notamment des multinationales, qui avaient l’habitude de réaliser des couvertures bien avant que la flexibilisation ne soit annoncée, et qui se trouvent empêchées de le faire tant que les opérations commerciales correspondantes ne sont pas lancées. Ces sociétés faisaient des couvertures sur des périodes assez longues, 6 ou 9 mois, puis les utilisaient selon un planning annuel, pour des opérations commerciales réelles.


Réserves de change nettes: 5 mois et 22 jours
Au 22 juin, les réserves de change étaient tombées à 210 milliards de DH, l’équivalent de 5 mois et 22 jours d’importation. Elles ont baissé de 8,3% en trois semaines (par rapport au 31 mai 2017) et de 15,7% par rapport au 31 décembre 2016.
Une partie non négligeable de la baisse provient d’opérations non liées à la ruée vers les couvertures: transferts de dividendes ou dénouement du rachat de la Barclays Bank. Mais cela n’explique pas tout, loin de là.
Jusqu’à la mi-mai, les réserves continuaient de croître mais de plus en plus lentement. Le point d’inflexion a été atteint mi-mai, et les réserves ont commencé à baisser. Au 30 décembre 2016, les réserves étaient de 251,9 milliards de DH.
à lire aussi
Article : Le militant de base d'un parti, une richesse que l'argent n'achète pas
CHRONIQUE ÉLECTIONS. Dans les semaines qui viennent, les meetings afficheront complet et les caravanes sillonneront le pays. Mais la vraie profondeur d'un parti ne se mesure pas au spectacle de campagne : elle se lit dans un capital lent à bâtir et impossible à décréter, le militant de base. Celui qui colle les affiches un dimanche matin sans contrepartie et défend son parti même dans la tourmente. Voici une grille en six indices pour repérer cette culture militante, et comprendre pourquoi les partis les plus enracinés ne sont pas toujours ceux qui gagnent. Et vice versa.
Article : Inondations : comment le Maroc veut éviter les prochaines catastrophes
Cartographie de précision, alertes multicanales et résilience des infrastructures critiques... face à la multiplication des épisodes extrêmes, le dispositif national bascule de la seule réponse d’urgence vers l’anticipation et l’action précoce. Détails.
Article : Route “Donald Trump” : l’axe à 9 MMDH qui transforme le Sud
Avec plus de 1.000 kilomètres aménagés entre Tiznit et Dakhla, la nouvelle voie express transforme les conditions de transport vers les provinces du Sud. Gain de temps, amélioration de la sécurité, fluidification du fret et bénéfices socioéconomiques figurent parmi les principales retombées de cette infrastructure stratégique.
Article : Attaque au couteau à Paris : trois femmes blessées, le suspect interpellé
Une attaque au couteau survenue ce lundi vers 11h30 dans le XVIIᵉ arrondissement de Paris a fait trois blessées, dont deux en urgence absolue. Le suspect a été rapidement interpellé grâce à l'intervention d'un policier hors service.
Article : Barrages : l’ANEF renforce son offensive contre l’érosion et l’envasement
L’Agence nationale des eaux et forêts déploie une stratégie ambitieuse pour protéger les ressources en eau du Royaume. Présentée lors d’une visite de terrain, elle combine reboisement, restauration des bassins versants, lutte contre l’érosion et reconstitution des écosystèmes forestiers.
Article : Le BMDAV lance un portail électronique pour les droits de la presse papier
Cette initiative s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre opérationnelle du système de gestion des droits de reprographie.