Depuis le conseil de gouvernement du jeudi 27 juillet, une idée se répand selon laquelle 24 milliards de DH en devises se sont évaporés au sein du système bancaire. Médias24 vous dit ce qu’il en est réellement.

A la base, il y a les couvertures contre les risques de change. Un importateur dont la transaction va se dénouer dans trois ou six mois, peut craindre des taux de change qui lui seraient défavorables. Par exemple, s’il achète en euros et que l’euro suit un trend haussier, il a intérêt à se prémunir, car le prix de sa marchandise, dans trois ou six mois, deviendra plus élevé.

Les couvertures à l’import sont en quelque sorte monnaie courante, surtout lorsque des changements de prix (matières premières) ou de taux (de change) sont à craindre.

Dès la mi-avril, à l’approche de la date supposée de l’entrée en vigueur du processus de flexibilisation des changes, les demandes de couvertures ont connu une forte hausse de la part d’opérateurs chez les banques marocaines.

Chaque contrat de couverture consomme immédiatement des devises. Que vous fassiez la couverture pour un délai de trois ou de trente mois, Bank Al-Maghrib sert immédiatement votre banque. Les devises “sortent“. Votre banque les place à l’international, avec les contreparties de Bank Al Maghrib.

Le rythme habituel de consommation de couvertures est de 7 milliards de DH (en devises) par… semestre. En juin, on en était à 7 milliards de DH par… semaine.

Sur la totalité du premier semestre, les couvertures ont donc consommé 45 milliards de DH en devises, soit 38 milliards de plus que d’habitude.

Fin mai, la position extérieure des banques était créditrice de 13 milliards de DH en devises après avoir été débitrice de 7 milliards de DH peu auparavant.

Les 24 milliards sont une estimation de la consommation en couvertures à fin mai. A fin juin, on sait qu’il s’agit de 38 milliards supplémentaires et de 45 milliards réellement consommés.

La partie “non légitime“ ou encore “illégale“ de cette couverture n’est pas encore déterminée avec exactitude. Ce qui est illégal, c’est de conclure des couvertures sans les adosser à de vraies opérations commerciales. 20 ou 25 milliards de DH est une estimation à la louche, car les contrôles sont encore en cours, par l’Office des changes notamment.

Ce pic de consommation de devises, à but réel de couverture ou à but de spéculation contre la monnaie nationale (dans l’hypothèse d’une dévaluation imminente), a impacté les réserves de change qui ont fortement baissé (près de 20% en deux mois, uniquement par le fait des couvertures).

Mais quel que soit l’objectif des couvertures, légal ou pas, ces montants ne sont pas “évaporés“. Ce sont des avances sur des achats à venir. Ces montants réintègreront donc les réserves, d’une manière mécanique, par l’effet de “décaissements en moins“. C’est comme si une partie des importations en devises était payée à l’avance.

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Les couvertures à l’import sont en quelque sorte monnaie courante, surtout lorsque des changements de prix (matières premières) ou de taux (de change) sont à craindre.

Dès la mi-avril, à l’approche de la date supposée de l’entrée en vigueur du processus de flexibilisation des changes, les demandes de couvertures ont connu une forte hausse de la part d’opérateurs chez les banques marocaines.

Chaque contrat de couverture consomme immédiatement des devises. Que vous fassiez la couverture pour un délai de trois ou de trente mois, Bank Al-Maghrib sert immédiatement votre banque. Les devises “sortent“. Votre banque les place à l’international, avec les contreparties de Bank Al Maghrib.

Le rythme habituel de consommation de couvertures est de 7 milliards de DH (en devises) par… semestre. En juin, on en était à 7 milliards de DH par… semaine.

Sur la totalité du premier semestre, les couvertures ont donc consommé 45 milliards de DH en devises, soit 38 milliards de plus que d’habitude.

Fin mai, la position extérieure des banques était créditrice de 13 milliards de DH en devises après avoir été débitrice de 7 milliards de DH peu auparavant.

Les 24 milliards sont une estimation de la consommation en couvertures à fin mai. A fin juin, on sait qu’il s’agit de 38 milliards supplémentaires et de 45 milliards réellement consommés.

La partie “non légitime“ ou encore “illégale“ de cette couverture n’est pas encore déterminée avec exactitude. Ce qui est illégal, c’est de conclure des couvertures sans les adosser à de vraies opérations commerciales. 20 ou 25 milliards de DH est une estimation à la louche, car les contrôles sont encore en cours, par l’Office des changes notamment.

Ce pic de consommation de devises, à but réel de couverture ou à but de spéculation contre la monnaie nationale (dans l’hypothèse d’une dévaluation imminente), a impacté les réserves de change qui ont fortement baissé (près de 20% en deux mois, uniquement par le fait des couvertures).

Mais quel que soit l’objectif des couvertures, légal ou pas, ces montants ne sont pas “évaporés“. Ce sont des avances sur des achats à venir. Ces montants réintègreront donc les réserves, d’une manière mécanique, par l’effet de “décaissements en moins“. C’est comme si une partie des importations en devises était payée à l’avance.

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