"Sexualité et célibat au Maroc, pratiques et verbalisation", un nouvel ouvrage de Sanaa El Aji, sociologue, écrivaine et journaliste, qui brise le tabou de la sexualité préconjugale au Maroc. Une pratique existante mais qui fait face à une tripe illégitimité: religieuse, légale et sociale. Le livre est paru aux éditions La Croisée des chemins, en septembre 2017.

Dans les 411 pages, résultat d’une étude menée dans le cadre de sa thèse de doctorat, Sanaa El Aji tente de décoder les modes de pensée, de vie et de verbalisation de la sexualité préconjugale dans le pays.

Son objectif principal est de mettre la lumière sur des réalités sociales que les discours et les représentations normatives tentent de minorer. Il ne s'agit pas pour elle de légitimer des pratiques sexuelles socialement rejetées, mais plutôt de les comprendre.

Education sexuelle, impact des nouvelles tendances liées aux transformations technologiques sur la sexualité, prostitution... autant de thèmes abordés dans cet ouvrage très fouillé.

L'auteure analyse le sujet dans ses différents aspects: les représentations, le discours social et médiatique, la verbalisation, le cadre normatif, l'impact de la dynamique démographique et socioéconomique sur la sexualité, et les rapports de genre en matière de parcours sexuels et affectifs.

Basée sur des entretiens d’exploration, suivis d’entretiens semi-directifs, l’étude s’intéresse à la représentation de la sexualité préconjugale au Maroc à travers notamment la représentation des corps féminin et masculin, les interdits religieux et juridique, la socialisation stéréotypée ainsi que le rôle des mères dans la socialisation sexuelle.

Il s’agit pour l’auteure de produire un corpus de description de pratiques réelles recueillies et observées sur le terrain et analyser la différence entre le discours normatif et les pratiques réelles.

Principales conclusions

Selon Sanaa El Aji, l'identité sexuée et la socialisation différenciée entre les hommes et les femmes influencent fortement les représentations, les discours et les pratiques sexuelles préconjugales des Marocains, bien que le cadre normatif de base (loi et religion) soit identique.

D'autre part, "les marges de liberté sexuelle s’élargissent malgré quelques principes et normes qui cherchent à les encadrer et à les limiter" explique l'auteure dans son ouvrage. "Les discours et la pensée dominante encadrant la sexualité préconjugale dénotent une tendance à la victimisation ou à la diabolisation des acteurs sociaux et, spécialement, les femmes qui ont une activité sexuelle préconjugale.

Toutefois, malgré cette propension à la victimisation et / ou à la diabolisation, et en dépit des restrictions normatives imposées à la sexualité préconjugale, les Marocains, en matière de sexualité, sont dans une attitude de transgression qui n’est pas toujours revendiquée, ni avouée.

Selon les codes normatifs, la sexualité préconjugale est stigmatisée, alors que dans les faits, elle est pratiquée. Mais, rares sont les voix qui s’élèvent pour revendiquer un droit libre à une sexualité préconjugale sans restrictions normatives.

Au niveau des discours et de la verbalisation, bien que l’on puisse considérer la sexualité comme un sujet "sensible" ou "tabou", les médias marocains, ainsi que les réseaux sociaux, l’abordent régulièrement, de manière quasi quotidienne.

"Le sexe n’est, en pratique, pas inexistant. Il est vécu (relativement) en cachette et le discours militant tient à le libérer de son caractère caché et prohibé, non à lui permettre d’exister".

Par ailleurs, le discours moralisateur tient à convaincre de la nécessité d’en pérenniser l’inexistence et de revenir à la norme de l’abstinence préconjugale.

Enfin, il ressort de l'étude de terrain menée que "dire la sexualité au Maroc est, en soi, une représentation de la domination masculine et une violence sexuelle verbale légitimée".

Evolution de l'âge du premier mariage

Sanaa El Aji signale enfin qu'au Maroc, l'âge du premier mariage est passé de 17,5 ans pour les femmes et 24 ans pour les hommes en 1960 à 26,6 ans pour les femmes et 31,4 ans pour les hommes en 2004.

Ainsi, la norme interdisant la sexualité avant le mariage pouvait avoir un sens dans les années 1960: les individus, notamment les femmes, se mariaient souvent avant que leur corps n’éprouve de désir sexuel".

"Aujourd’hui, nous constatons que les données démographiques ont évolué et ont été accompagnées de nombreuses transformations sociales et économiques touchant, entre autres, la sexualité et les rapports entre les sexes".

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"Sexualité et célibat au Maroc, pratiques et verbalisation", un nouvel ouvrage de Sanaa El Aji, sociologue, écrivaine et journaliste, qui brise le tabou de la sexualité préconjugale au Maroc. Une pratique existante mais qui fait face à une tripe illégitimité: religieuse, légale et sociale. Le livre est paru aux éditions La Croisée des chemins, en septembre 2017.

Dans les 411 pages, résultat d’une étude menée dans le cadre de sa thèse de doctorat, Sanaa El Aji tente de décoder les modes de pensée, de vie et de verbalisation de la sexualité préconjugale dans le pays.

Son objectif principal est de mettre la lumière sur des réalités sociales que les discours et les représentations normatives tentent de minorer. Il ne s'agit pas pour elle de légitimer des pratiques sexuelles socialement rejetées, mais plutôt de les comprendre.

Education sexuelle, impact des nouvelles tendances liées aux transformations technologiques sur la sexualité, prostitution... autant de thèmes abordés dans cet ouvrage très fouillé.

L'auteure analyse le sujet dans ses différents aspects: les représentations, le discours social et médiatique, la verbalisation, le cadre normatif, l'impact de la dynamique démographique et socioéconomique sur la sexualité, et les rapports de genre en matière de parcours sexuels et affectifs.

Basée sur des entretiens d’exploration, suivis d’entretiens semi-directifs, l’étude s’intéresse à la représentation de la sexualité préconjugale au Maroc à travers notamment la représentation des corps féminin et masculin, les interdits religieux et juridique, la socialisation stéréotypée ainsi que le rôle des mères dans la socialisation sexuelle.

Il s’agit pour l’auteure de produire un corpus de description de pratiques réelles recueillies et observées sur le terrain et analyser la différence entre le discours normatif et les pratiques réelles.

Principales conclusions

Selon Sanaa El Aji, l'identité sexuée et la socialisation différenciée entre les hommes et les femmes influencent fortement les représentations, les discours et les pratiques sexuelles préconjugales des Marocains, bien que le cadre normatif de base (loi et religion) soit identique.

D'autre part, "les marges de liberté sexuelle s’élargissent malgré quelques principes et normes qui cherchent à les encadrer et à les limiter" explique l'auteure dans son ouvrage. "Les discours et la pensée dominante encadrant la sexualité préconjugale dénotent une tendance à la victimisation ou à la diabolisation des acteurs sociaux et, spécialement, les femmes qui ont une activité sexuelle préconjugale.

Toutefois, malgré cette propension à la victimisation et / ou à la diabolisation, et en dépit des restrictions normatives imposées à la sexualité préconjugale, les Marocains, en matière de sexualité, sont dans une attitude de transgression qui n’est pas toujours revendiquée, ni avouée.

Selon les codes normatifs, la sexualité préconjugale est stigmatisée, alors que dans les faits, elle est pratiquée. Mais, rares sont les voix qui s’élèvent pour revendiquer un droit libre à une sexualité préconjugale sans restrictions normatives.

Au niveau des discours et de la verbalisation, bien que l’on puisse considérer la sexualité comme un sujet "sensible" ou "tabou", les médias marocains, ainsi que les réseaux sociaux, l’abordent régulièrement, de manière quasi quotidienne.

"Le sexe n’est, en pratique, pas inexistant. Il est vécu (relativement) en cachette et le discours militant tient à le libérer de son caractère caché et prohibé, non à lui permettre d’exister".

Par ailleurs, le discours moralisateur tient à convaincre de la nécessité d’en pérenniser l’inexistence et de revenir à la norme de l’abstinence préconjugale.

Enfin, il ressort de l'étude de terrain menée que "dire la sexualité au Maroc est, en soi, une représentation de la domination masculine et une violence sexuelle verbale légitimée".

Evolution de l'âge du premier mariage

Sanaa El Aji signale enfin qu'au Maroc, l'âge du premier mariage est passé de 17,5 ans pour les femmes et 24 ans pour les hommes en 1960 à 26,6 ans pour les femmes et 31,4 ans pour les hommes en 2004.

Ainsi, la norme interdisant la sexualité avant le mariage pouvait avoir un sens dans les années 1960: les individus, notamment les femmes, se mariaient souvent avant que leur corps n’éprouve de désir sexuel".

"Aujourd’hui, nous constatons que les données démographiques ont évolué et ont été accompagnées de nombreuses transformations sociales et économiques touchant, entre autres, la sexualité et les rapports entre les sexes".

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