img_pub
Rubriques

Al-Qods: Donald Trump l'a fait!

C'est un défi au monde arabo-musulman, à la majorité des pays de la planète et aux valeurs de liberté, d'humanité et de respect du droit international. Donald Trump a reconnu Al-Qods comme capitale d'Israël et a ordonné à son administration d'entamer immédiatement le déménagement de Tel Aviv vers Jérusalem. 

Al-Qods: Donald Trump l'a fait!
Par
Le 6 décembre 2017 à 18h15 | Modifié 6 décembre 2017 à 18h15

Ce déménagement prendra quelque temps, car il s'agira de trouver un terrain et de construire une ambassade.

Le Chef de l'Etat américain s'exprimait dans un discours prononcé à 18H, heure marocaine. 

Dans un argumentaire faible et contradictoire, M. Trump a annoncé qu'il tenait une promesse "qu'aucun président américain avant lui n'a eu le courage de tenir". Il a ajouté que cette décision "contribuera à la paix" et que les USA vont défendre la solution de deux Etats "si les deux parties tombent d'accord dessus".

En d'autres termes, la paix est enterrée. Comment les Palestiniens pourraient-ils construire un Etat avec le développement continu et permanent des colonies de peuplement? Et maintenant avec ce signal de mépris et de déshumanisation qui a été lancé par Donald Trump?

Cette décision du "leader du monde libre", du "grand défenseur de la démocratie", va avoir des conséquences incalculables. 

Guterres répond immédiatement

Immédiatement après le discours de Trump, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, a prononcé une allocution au siège de l'organisation internationale à New York. Il a indiqué que "le statut de Jérusalem ne peut être résolu que par une négociation directe entre Israéliens et Palestiniens,  en rappelant avoir toujours été «contre toute mesure unilatérale».

«Il n’y a pas d’alternative à la solution de deux Etats» avec «Jérusalem comme capitale d’Israël et de la Palestine», a ajouté le secrétaire général des Nations unies.

Le récit de l'AFP

Donald Trump a reconnu mercredi Jérusalem comme capitale d'Israël, marquant une rupture spectaculaire avec ses prédécesseurs et ignorant les vives mises en garde des dirigeants de la région, et au-delà, qui redoutent une flambée de violence au Proche-Orient.

Avec cette décision historique qui marquera son mandat, le 45e président des Etats-Unis tient l'une de ses promesses emblématiques de campagne. Mais il s'isole encore un peu plus sur la scène internationale et prend le risque d'anéantir les timides espoirs de reprise des discussions de paix entre Israéliens et Palestiniens.

"Il est temps d'officiellement reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël", a-t-il lancé lors d'une brève allocution depuis la Maison Blanche au cours de laquelle il a insisté sur sa volonté de simplement reconnaître "une réalité".

"Les Etats-Unis restent déterminés à aider à faciliter un accord de paix acceptable pour les deux parties", a-t-il ajouté. "J'ai l'intention de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour aider à sceller un tel accord", a-t-il encore dit au pupitre, debout devant un portrait de George Washington.

Défendant une décision qui aurait du être prise "depuis longtemps", M. Trump a aussi égratigné ses prédécesseurs qui "n'ont pas fait ce qu'ils avaient dit", peut-être selon lui par manque de "courage".

Pour les Palestiniens, un casus belli

Toute reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël est un casus belli pour les dirigeants palestiniens, qui revendiquent Jérusalem-Est, occupée puis annexée par Israël, comme la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

Avant même son discours, des dirigeants du monde entier avaient appelé le locataire de la Maison Blanche à peser ses mots et mesurer les conséquences de ses actes, tant Jérusalem est un chaudron diplomatique.

 'Profonde inquiétude' du pape 

"Je ne peux taire ma profonde inquiétude", a déclaré le pape François qui ne peut qu'accorder un intérêt tout particulier à la ville qui abrite les lieux les plus saints de trois grandes religions monothéistes, y compris le Saint-Sépulcre.

"J'adresse un appel vibrant pour que tous s'engagent à respecter le statu quo de la ville, en conformité avec les résolutions pertinentes de l'ONU", ajouté le souverain pontife.

L'Iran, bête noire de M. Trump, ne s'est pas privé de pincer la corde religieuse, en déclarant qu'il ne tolérerait pas "une violation des lieux saints musulmans".

Les groupes palestiniens ont appelé à trois "jours de rage". Dans la bande de Gaza, des centaines de Palestiniens en colère ont brûlé des drapeaux américains et israéliens et des portraits de Donald Trump. Un rassemblement est prévu jeudi à Ramallah en Cisjordanie, territoire occupé par l'armée israélienne depuis 50 ans.

L'Autorité palestinienne, interlocutrice des Etats-Unis, d'Israël et de la communauté internationale, avait prévenu par avance que si une telle décision était annoncée, Washington se discréditerait comme intermédiaire impartial de toute entreprise de paix. Et que les efforts en ce sens du gendre et conseilleur de Donald Trump, Jared Kushner, seraient considérés comme terminés.

La communauté internationale n'a jamais reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël et considère Jérusalem-Est comme un territoire occupé. Israël proclame tout Jérusalem, Ouest et Est, comme sa capitale "éternelle et indivisible".

Dans un apparent souci d'apaiser les Palestiniens, la Maison Blanche s'est dite prête à soutenir "une solution à deux Etats", a souligné la Maison Blanche.

A la grande frustration des Palestiniens, le président des Etats-Unis s'est jusqu'ici gardé d'adhérer à l'idée d'un Etat palestinien indépendant, solution référence de la communauté internationale.

 'Incendie' régional 

"L'avenir de Jérusalem est quelque chose qui doit être négocié avec Israël et les Palestiniens assis côte à côte", a dit l'envoyé spécial de l'ONU au Proche-Orient, Nickolay Mladenov depuis Jérusalem, alors que les négociations de paix sont suspendues depuis 2014.

Alors que chacun guettait sa réaction, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est au contraire resté silencieux sur le sujet lors de son discours durant la même conférence.

M. Netanyahu, à la tête du gouvernement considéré comme le plus à droite de l'histoire d'Israël, a aussi, selon les médias, ordonné la discrétion à ses ministres pour ne pas attiser les tensions.

Plusieurs d'entre eux ont cependant salué l'augure, tel le ministre de l'Education Naftali Bennett qui a appelé d'autres pays à emboîter le pas aux Etats-Unis. Pour lui, la décision à venir de M. Trump "constitue un pas spectaculaire vers la paix".

Le ministre américain des Affaires étrangères Rex Tillerson a de son côté assuré que M. Trump restait "très engagé en faveur du processus de paix". "Nous continuons de croire qu'il y a une très bonne opportunité de faire la paix".

Le roi Salmane d'Arabie saoudite, grand allié de Washington, a prévenu qu'une telle décision risquait de provoquer "la colère des musulmans" et la Turquie a brandi le spectre d'un "incendie" régional en jugeant qu'une reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël "ferait le jeu des groupes terroristes".

Le président turc Recep Tayyip Erdogan veut réunir un sommet des dirigeants des principaux pays musulmans le 13 décembre à Istanbul. Une réunion d'urgence de la Ligue arabe pourrait avoir lieu samedi.

La Chine, le Royaume-Uni et le Pakistan ont joint leur voix au concert de réprobation.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 6 décembre 2017 à 18h15

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité