Dans un message au Roi Mohammed VI, Trump veut rassurer sur le statut d'Al Qods et les droits palestiniens
Le Maroc a rendu publique la lettre de réponse du président Donald Trump au Roi Mohammed VI, président du Comité Al Qods, qui l'avait mis en garde le 5 décembre, contre les conséquences négatives sur les perspectives de paix, après le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem. La lettre du Président américain apporte des éléments concrets méritant l'attention, même s'il est impossible d'en mesurer la portée réelle.
C'est un peu comme si le Président américain avait voulu rassurer les pays arabes. Ou alors gagner du temps. On ne sait pas trop. Il réaffirme des positions acceptables au sujet du statut d'Al Qods, mais n'engage pas les Etats Unis et se garde une marge de recul.
Le Maroc a rendue publique la réponse de Trump samedi 20 janvier. La lettre du Roi Mohammed VI était datée du 5 décembre dernier. On ne sait pas si Trump a tardé à répondre ou si la partie marocaine a tardé à communiquer la contenu de la lettre.
Le Président américain affirme trois positions:
1. Jérusalem est une ville qui doit rester ouverte aux Juifs, Chrétiens et Musulmans pour des raisons de foi.
2. Le statut final de la ville dépendra des négociations.
3. Il se dit déterminé à parvenir à un accord de paix durable entre Isarël et les Palestiniens et soutient la solution à deux Etat si les parties y adhèrent.
Voici le texte du message de Trump tel que rapporté officiellement par le Maroc:
"Dans sa lettre au Souverain, le Président américain a exprimé "sa reconnaissance envers le leadership de Sa Majesté le Roi au sein de la Ligue des Etats Arabes et de l’Organisation de la Coopération Islamique", et a affirmé qu’il partage également "l’importance que revêt la ville d’Al-Qods pour les fidèles du Judaïsme, du Christianisme et de l’Islam".
"Jérusalem est, et doit, demeurer, un lieu où les Juifs prient au Mur Occidental, où les Chrétiens marchent sur les Stations du chemin de la Croix, et où les Musulmans prient à la Mosquée Al Aqsa", ajoute la lettre du Président.
"S’agissant du processus de paix, le Président américain a souligné qu’il est "déterminé à parvenir à un accord de paix durable entre Israël et les Palestiniens". Il a réitéré son soutien "à une solution à deux Etats si les parties y adhèrent". "Les limitations spécifiques de la souveraineté israélienne sur Jérusalem font partie des négociations sur le statut final. Les Etats-Unis ne prennent pas de position sur les limitations ou les frontières", conclut le Président américain dans sa lettre.
"Il convient de rappeler que Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, Président du Comité Al Qods, issu de l’Organisation de la Coopération Islamique, avait exprimé, dans son message au Président américain, "sa profonde préoccupation personnelle ainsi que la grande inquiétude ressentie par les Etats et les peuples arabes et musulmans" par rapport à la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale et d’y transférer son Ambassade.
sSa Majesté le Roi avait également souligné l’extrême importance que revêt la ville d’Al-Qods non seulement pour les parties au conflit, mais également pour les fidèles des trois religions célestes.
"Conformément aux résolutions internationales y afférent, y compris particulièrement les résolutions du Conseil de sécurité, Al-Qods se trouve au cœur des questions du statut définitif, ce qui exige de préserver son statut juridique et d’éviter tout ce qui est de nature à porter atteinte à son statut politique actuel", avait affirmé Sa Majesté le Roi dans son message.