Edouard Philippe, premier ministre français, l'homme qui a annoncé la hausse des frais d'inscription le undi 19 novembre 2018

Il n'y a pas encore de réponse convaincante à cette question, mais des hypothèses. L'une d'entre elles veut qu'il s'agisse d'une montée en gamme de l'enseignement supérieur français et d'une volonté de filtrer la clientèle désargentée, sauf exceptions. Voici une tentative d'échange journalistique avec une responsable des services culturels français au Maroc.

Ce mercredi 21 novembre 2018, Mme Clélia Chevrier-Kolacko, directrice générale de l’Institut français du Maroc et Conseillère de Coopération et d’Action culturelle de l’Ambassade de France au Maroc, rencontrait un groupe de journalistes au tour de la "Stratégie d’attractivité pour les étudiants internationaux".

En d'autres termes, il s'agissait d'expliquer:

1-que le France a désormais une stratégie pour attirer les étudiants internationaux;

2-et qu'elle a décidé d'augmenter fortement les droits d'inscription dans les universités françaises pour les étudiants extra-communautaires.

Un exercice difficile car la relation entre le premier et le second points n'est pas évidente. Les deux points peuvent paraître contradictoires. Mme Chevrier-Kolacko n'a pas semblé toujours à l'aise avec sa propre démonstration.

Bref, et pour faire très court, les droits d'inscription vont augmenter sensiblement dès la prochaine rentrée. C'est une hausse légitime, personne ne peut le contester. La France est le pays développé où les études universitaires sont les moins chères comparativement à d'autres pays (USA, Canada, Grande-Bretagne, Australie, Chine...). La hausse annoncée fera passer les droits d'inscription en licence de 170 euros par an à 2.770 euros; pour le master de 243 euros à 3.770 euros et pour le doctorat de 380 euros à 3.770 euros également.

Même avec cette hasse stratosphérique, l'Etat français continuera à "subventionner les deux tiers du coût réel de la formation", affirme Mme Chevrier-Kolacko.

De plus, les étudiants continueront à percevoir l'APL (aide au logement), les formalités de visa seront facilitées et... le nombre de bourses va augmenter sensiblement, promet notre interlocutrice.

-Augmenter de combien?

-Elles passeront de 7.000 actuellement à 15.000 par an.

Il s'agit évidemment des bourses accordées dans le monde.

La France accueille actuellement entre 324.000 et 340.000 étudiants étrangers sur son sol (selon les sources, les chiffres divergent). Sur ce total, il y a 40.000 étudiants marocains. Les arrivées de nouveaux étudiants marocains augmentaient au rythme de 9.000 par an il y a trois années et maintenant, au rythme de 13.000, selon notre interlocutrice.

Les étudiants marocains sont le premier contingent extra-communautaire en France, suivis des Chinois, puis des Algériens et enfin des Tunisiens.

La nouvelle stratégie dite "d'attractivité" ambitionne de porter le nombre d'étudiants étrangers à 500.000 en 2027 contre 340.000 environ actuellement. La France a été récemment reléguée du 3e au 4e rang dans le classement des pays d'accueil d'étudiants dits internationaux.

"L'attractivité des universités françaises n'est pas liée à la modicité des coûts d'inscription, mais à la qualité de l'enseignement", affirme Mme Chevrier-Kolacko. Peut-être aussi est-elle liée à la langue d'enseignement. Sur les 4 premières nationalités représentées, 3 sont des pays du Maghreb.

La hausse des droits d'inscription devrait rapporter environ 1 milliard d'euros par an à l'Etat français lorsqu'elle produira son plein effet. Mais les déclarations officielles en France, comme de nombreux articles de presse, laissent entendre que ce pays lance une vraie stratégie d'attractivité avec une montée en gamme du produit français d'enseignement supérieur. Est-ce que cela signifie que l'on monte en gamme et augmente les prix pour mieux filtrer la clientèle? Surtout la clientèle d'origine modeste? C'est une hypothèse.

En tous les cas, une étude de Campus-France réalisée en 2014 dit le contraire de ce qui est affirmé dans les démonstrations de coûts ci-dessus: Campus-France conclut que "le bilan économique est "globalement favorable à la France" et que "la majorité des étudiants étrangers (65 % à 85%) deviennent à l’issue de leur séjour d’études des consommateurs et prescripteurs".

La même étude écrit que le coût de ces étudiants étrangers pour le budget de l’État peut être évalué à 3 milliards d’euros environ, "l’apport des étudiants à notre économie se monte à 4,65 milliards d’euros dont 3.250 millions € en consommation quotidienne de biens et services ; 563 millions € en frais d’inscription et de scolarité ; 364 millions € en dépenses de transport aérien auprès d’opérateurs français ; 466 millions € de dépenses des proches qui rendent visite aux étudiants".

A noter que la hausse des frais d'inscription s'applique à la prochaine rentrée. Elle concernera les nouveaux arrivants. Les anciens inscrits continueront à payer l'ancien tarif, sauf s'ils changent de cycle (de licence à master par exemple, ou de master à doctorat).

Pour en savoir plus, feuilleter ou télécharger le dossier transmis à la presse:

La stratégie française d'attractivité des étudiants internationaux

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Edouard Philippe, premier ministre français, l'homme qui a annoncé la hausse des frais d'inscription le undi 19 novembre 2018

Il n'y a pas encore de réponse convaincante à cette question, mais des hypothèses. L'une d'entre elles veut qu'il s'agisse d'une montée en gamme de l'enseignement supérieur français et d'une volonté de filtrer la clientèle désargentée, sauf exceptions. Voici une tentative d'échange journalistique avec une responsable des services culturels français au Maroc.

Ce mercredi 21 novembre 2018, Mme Clélia Chevrier-Kolacko, directrice générale de l’Institut français du Maroc et Conseillère de Coopération et d’Action culturelle de l’Ambassade de France au Maroc, rencontrait un groupe de journalistes au tour de la "Stratégie d’attractivité pour les étudiants internationaux".

En d'autres termes, il s'agissait d'expliquer:

1-que le France a désormais une stratégie pour attirer les étudiants internationaux;

2-et qu'elle a décidé d'augmenter fortement les droits d'inscription dans les universités françaises pour les étudiants extra-communautaires.

Un exercice difficile car la relation entre le premier et le second points n'est pas évidente. Les deux points peuvent paraître contradictoires. Mme Chevrier-Kolacko n'a pas semblé toujours à l'aise avec sa propre démonstration.

Bref, et pour faire très court, les droits d'inscription vont augmenter sensiblement dès la prochaine rentrée. C'est une hausse légitime, personne ne peut le contester. La France est le pays développé où les études universitaires sont les moins chères comparativement à d'autres pays (USA, Canada, Grande-Bretagne, Australie, Chine...). La hausse annoncée fera passer les droits d'inscription en licence de 170 euros par an à 2.770 euros; pour le master de 243 euros à 3.770 euros et pour le doctorat de 380 euros à 3.770 euros également.

Même avec cette hasse stratosphérique, l'Etat français continuera à "subventionner les deux tiers du coût réel de la formation", affirme Mme Chevrier-Kolacko.

De plus, les étudiants continueront à percevoir l'APL (aide au logement), les formalités de visa seront facilitées et... le nombre de bourses va augmenter sensiblement, promet notre interlocutrice.

-Augmenter de combien?

-Elles passeront de 7.000 actuellement à 15.000 par an.

Il s'agit évidemment des bourses accordées dans le monde.

La France accueille actuellement entre 324.000 et 340.000 étudiants étrangers sur son sol (selon les sources, les chiffres divergent). Sur ce total, il y a 40.000 étudiants marocains. Les arrivées de nouveaux étudiants marocains augmentaient au rythme de 9.000 par an il y a trois années et maintenant, au rythme de 13.000, selon notre interlocutrice.

Les étudiants marocains sont le premier contingent extra-communautaire en France, suivis des Chinois, puis des Algériens et enfin des Tunisiens.

La nouvelle stratégie dite "d'attractivité" ambitionne de porter le nombre d'étudiants étrangers à 500.000 en 2027 contre 340.000 environ actuellement. La France a été récemment reléguée du 3e au 4e rang dans le classement des pays d'accueil d'étudiants dits internationaux.

"L'attractivité des universités françaises n'est pas liée à la modicité des coûts d'inscription, mais à la qualité de l'enseignement", affirme Mme Chevrier-Kolacko. Peut-être aussi est-elle liée à la langue d'enseignement. Sur les 4 premières nationalités représentées, 3 sont des pays du Maghreb.

La hausse des droits d'inscription devrait rapporter environ 1 milliard d'euros par an à l'Etat français lorsqu'elle produira son plein effet. Mais les déclarations officielles en France, comme de nombreux articles de presse, laissent entendre que ce pays lance une vraie stratégie d'attractivité avec une montée en gamme du produit français d'enseignement supérieur. Est-ce que cela signifie que l'on monte en gamme et augmente les prix pour mieux filtrer la clientèle? Surtout la clientèle d'origine modeste? C'est une hypothèse.

En tous les cas, une étude de Campus-France réalisée en 2014 dit le contraire de ce qui est affirmé dans les démonstrations de coûts ci-dessus: Campus-France conclut que "le bilan économique est "globalement favorable à la France" et que "la majorité des étudiants étrangers (65 % à 85%) deviennent à l’issue de leur séjour d’études des consommateurs et prescripteurs".

La même étude écrit que le coût de ces étudiants étrangers pour le budget de l’État peut être évalué à 3 milliards d’euros environ, "l’apport des étudiants à notre économie se monte à 4,65 milliards d’euros dont 3.250 millions € en consommation quotidienne de biens et services ; 563 millions € en frais d’inscription et de scolarité ; 364 millions € en dépenses de transport aérien auprès d’opérateurs français ; 466 millions € de dépenses des proches qui rendent visite aux étudiants".

A noter que la hausse des frais d'inscription s'applique à la prochaine rentrée. Elle concernera les nouveaux arrivants. Les anciens inscrits continueront à payer l'ancien tarif, sauf s'ils changent de cycle (de licence à master par exemple, ou de master à doctorat).

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